Le prix Saga Café remis à la bruxelloise Karine Lambert

Le Prix Saga café, crée en hommage au prestigieux Prix de Flore du célèbre café parisien, est décerné chaque année, depuis cinq ans, à un premier roman belge. Il  a été remis le 16 octobre à Liège à la Bruxelloise Karine Lambert, pour son roman « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes ». Voici l’occasion de publier à nouveau la chronique dans laquelle j’ai évoqué ce roman en mai dernier (dans mon défunt blog aujourd’hui inaccessible).

Impression

 

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, de Karine Lambert

Karine Lambert est une photographe bruxelloise qui vient de publier son premier roman. Je remercie  l’auteur de m’avoir envoyé une épreuve de son livre, dont le titre et la couverture ont attiré mon attention et que j’aurais certainement acheté, si je l’avais découvert en librairie. La lecture de « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » a d’ailleurs confirmé ma première impression…

La villa Celestina se niche dans une impasse à l’allure champêtre du XXème arrondissement de Paris . Elle appartient à la Reine, une ancienne danseuse étoile qui revit chaque soir en pensée les applaudissements qui ont représenté sa raison de vivre pendant des années. Aujourd’hui, fatigué des exercices interminables, le corps de Reine ne répond plus. Et la nostalgie a pris le dessus, même si l’étoile ne se laisse pas aller.

La Reine a aimé, beaucoup, mais jamais assez pour abandonner la danse et pour choisir quelqu’un, jamais assez pour surmonter sa peur de la routine. Alors que sa carrière se terminait, un admirateur lui a fait cadeau de cet immeuble. Reine s’est alors enfermée dans l’appartement du dernier étage, sous le ciel et les étoiles, et a choisi de ne plus rencontrer d’hommes. C’est pourquoi elle a exigé de toutes les candidates locataires de ne jamais amener d’homme dans l’immeuble.

C’est ainsi que se sont retrouvées autour de la Reine quelques femmes seules, Simone, Giuseppina la sicilienne, Rosalie et Juliette, une nouvelle venue trentenaire qui vient, au début du roman, occuper l’appartement de Carla, partie pour quelques temps vivre ses rêves en Inde. Si toutes ces femmes ont renoncé aux hommes, elles n’ont pas pour autant renoncé à l’amitié. La Casa Celestina est un refuge pour chacune d’entre elles, elles laissent parfois les portes de leur appartement ouvertes, elles se retrouvent pour bavarder, passer des dimanches après-midi d’hiver ensemble, et dîner chez la Reine qui les invite chaque semaine.

La Reine veille à ce que le règlement de la Casa Celestina soit appliqué à la lettre : aucun homme ne doit avoir accès à l’immeuble ! Pas facile lorsque l’on a besoin d’un électricien, ou pour Simone qui aimerait tant recevoir son fils, mais qui se refuse à enfreindre cette loi à laquelle elle a adhéré.   La Reine est dure, comme la reine des abeille qui veille avant tout à la bonne marche de la ruche. Pourtant, elle conseille Juliette, elle comprend toutes ses locataires, et elle finira par leur confier ce qu’elle a de plus cher.

Certes, les hommes sont absents de la Casa Celestina, et cependant, il est question d’eux sans arrêt. En effet, le roman n’a rien d’un manifeste féministe et c’est tant mieux. Les hommes -et donc l’amour- sont omniprésents, dans le passé des locataires et dans celui de Reine, dans leurs conversations, et jusque dans leurs silences…

« L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » nous parle d’amitié, d’entraide, qui apportent la sérénité. Il m’a rappelé deux romans belges que j’ai lus depuis que j’ai crée ce blog, et qui évoquent également une petite communauté d’amitié qui a permis de rendre la vie plus douce à ceux qui en faisaient partie : « La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis » de Francis Dannemark et, plus récemment, « Alice et l’homme-perle » de Valérie Cohen. Peut-être est-ce dans l’air du temps ? Les incertitudes de notre monde globalisé seraient-elles à l’origine de ce besoin de se retrouver, de souligner l’importance de l’amitié dans les relations humaines ?

Quoi qu’il en soit, le roman de Karine Lambert m’a fait l’effet d’une praline que l’on laisse fondre dans la bouche, apportant douceur et réconfort. Car s’il est parfois triste, « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » est aussi résolument optimiste.

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, Karine Lambert, Editions Michel Lafon, mai 2014.

 

 

 

 

 

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