Pietra viva, en poche

pietra viva en pocheSi vous n’avez pas encore lu Pietra viva, voilà l’occasion, puisque le roman de Leonor de Récondo vient de sortir en format de poche.

Au printemps de l’année 1505, Michelangelo quitte Rome pour se rendre dans les carrières de Carrare afin de choisir des marbres de la plus belle veine. Il doit en effet réaliser le tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Michelangelo s’installe pour six mois dans la région de Carrare. Pour seul bagage, il emporte un livre de Pétrarque que lui a remis Laurent de Médicis, ainsi qu’une bible offerte par Andrea, un jeune moine dont la beauté l’a stupéfié, et dont la mort inexpliquée le tourmente encore.

Michelangelo ne se montre pas sous son meilleur jour dans le village. Il éconduit le pauvre Michele, un enfant de six ans qui vient de perdre sa maman et aimerait tant parler d’elle à l’artiste qu’il admire. Mais Michelangelo reste distant, voire arrogant, enfermé dans sa propre douleur, celle de la mort d’Andrea, mais aussi celle que lui a causé il y a bien longtemps la perte de sa mère ou plutôt la perte du souvenir de sa mère. Enfant, il avait en effet enfermé le souvenir de sa mère dans une boîte qu’il avait ensuite enterrée. Depuis lors, il éprouve la douleur d’avoir oublié son visage.

Il faudra du temps à l’artiste pour comprendre que ses émotions sont elles aussi enfermées, comme ses souvenirs dans la boite. C’est le petit Michele, mais aussi le fou Cavallino, cet homme qui se prend pour un cheval et est amoureux de la belle jument blanche du pré, qui l’aideront sur ce chemin difficile. C’est également grâce à l’attention discrète de Maria, à la force qu’il admire en Chiara, et finalement en toutes les femmes, que Michelangelo finira par retrouver l’image de la mère aimée et trop tôt disparue. Son art en sortira grandi, renforcé, et plus talentueux encore. Et l’artiste plus vivant, comme le marbre qu’il taille au ciseau.

Pietra Viva est un très beau roman, celui de la naissance au grand jour d’une émotion, que je vous recommande tout particulièrement. Léonor de Récondo développe toute sa sensibilité en un texte court, à l’écriture fine et concise.

Pietra viva, Léonor de Récondo, éditions Points, collection Grands romans, 192 p.

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7 réflexions sur “Pietra viva, en poche

  1. Après un voyage à Rome l’an dernier, voilà de quoi le prolonger ! Je n’aurais je pense pas eu l’idée de moi-même d’aller vers ce genre de roman, je le note ! Un ouvrage assez court en plus pour le mastodonte de l’art !

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