La fin du monde a du retard, en poche

la fin du monde a du retard

Et oui, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient : même La fin du monde a du retard, c’est vous dire…

Tout commence au sein de la clinique Saint-Charles, temple high-tech de la psychiatrie dirigé par le docteur Mendez qui a saisi l’opportunité que les malades psychiatriques lui offraient pour se faire bâtir à moindre coût un magnifique domaine. Alors que les fêtes du centenaire de la clinique se préparent, l’un de ses pensionnaires, Julius, passe ses journées devant son ordinateur à alimenter le site internet qu’il a crée afin de révéler au monde entier l’existence d’un gigantesque complot contre l’humanité, un « complot séculaire destiné à brider les capacités de l’homme, à limiter ses sens, à réduire ses ambitions ».

C’est de ses nombreuses lectures sur Internet, interprétées à l’aune de sa grande culture, qu’est née chez Julius cette idée de complot séculaire, unique et global : notre héros pense ainsi qu’une organisation secrète, Tirésias, est à l’origine de toutes les rumeurs de complots qui circulent sur Internet : attentats du 11 septembre, mort de Lady Diana et j’en passe… En diffusant ces rumeurs, Tirésias avait pour seul objectif de discréditer la notion même de complot, afin de cacher l’existence (véritable cette fois, puisque fomenté par Tirésias elle-même) d’un « grand complot ».

Julius est donc le seul à avoir deviné la vérité, et c’est pour cela que les agents de Tirésias sont à ses trousses. Ils ont d’ailleurs réussi à effacer la mémoire de Julius, avant que celui-ci ne leur échappe. Suite à quoi Julius a trouvé refuge dans la clinique psychiatrique Saint-Charles. Mais Julius est là provisoirement, et compte bientôt passer à l’action en s’évadant. En effet, même s’il est arrivé à Saint-Charles de son plein gré, Julius doit absolument s’évader afin de passer inaperçu des sbires de Tirésias qui surveillent l’entrée de la clinique ! Il s’agit pour Julius de retrouver la preuve de l’existence du complot, mentionné dans un codex, puis de la porter à la connaissance de tous.

Mais voilà que Julius est tombé amoureux ! La belle n’est autre que la pensionnaire de la chambre d’en face, arrivée depuis peu dans la clinique, en raison d’une amnésie consécutive à une traumatisme crânien. Alice a survécu en effet à un accident terrible survenu le jour de son mariage. Terrible est un mot bien trop faible d’ailleurs pour qualifier l’explosion et les 262 morts qu’elle a provoqués, tous invités au mariage d’Alice, famille, amis… jusqu’au marié ! Alice est donc seule au monde, mais cela ne lui fait ni chaud ni froid, puisqu’elle ne ressent plus aucune émotion depuis le drame ! Et Julius parvient à la convaincre de le suivre dans son évasion et sa quête du codex.

La course-poursuite démarre, le couple sera pris en chasse d’abord par les paparazzis, puis par la police et le duo policier infernal Gaboriau-Matozzi . Je ne vous en dirai pas davantage pour laisser un peu de suspense. La suite de l’histoire est truffée de rebondissements, et ressemble étrangement à l’aventure effrénée qu’ont vécue les deux héros du Da Vinci Code. En effet, l’auteur se lance dans une parodie savoureuse du livre de Dan Brown, pleine d’humour!

Dans La fin du monde a du retard, les références culturelles sont aussi nombreuses que variées, d’Astérix à Platon, de Madonna ou Mickael Jackson à Jean de la Fontaine, en passant par Léon Zitrone, les mythes grecs, Le seigneur des anneaux, et le cinéma américain dans son ensemble, qualifié par le héros d’« arme de manipulation massive », avec ses Mad men, Star Wars et autres fictions pourvoyeuses de superhéros.

En bref, le livre de J.M. Erre est tout à fait jubilatoire. L’humour y est omniprésent et chacun en prend pour son grade. En outre, j’ai beaucoup aimé le procédé par lequel l’auteur annonce ses choix narratifs et les justifie devant le lecteur. J’ai également adoré certains passages parsemés de « bons mots », et des personnages qui n’apparaîssent que rapidement comme ce libraire qui à la fin du roman, extermine de bon matin quelques cartons d’e-books !

La fin du monde a du retard, mais elle finit par arriver, comme vous le comprendrez à la fin de ce roman qui est un vrai divertissement, un moment d’évasion, et qui plus est, non dénué de sens, puisqu’il nous amène à réfléchir, entre autres, sur les messages transmis par les médias, et les certitudes que nous avons parfois mais qui ne reposent sur rien. Un vrai coup de cœur que je vous conseillerai de lire de toute urgence !

 

La fin du monde a du retard, J.M. Erre, Pocket, Paris, février 2015.

 

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