Pour Isabel, d’Antonio Tabucchi

pour Isabel un mandala

En plein mois anglais, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit détour par la littérature italienne pour découvrir ce court roman d’Antonio Tabucchi.

Paru à titre posthume, selon la volonté exprimée par l’auteur, « Pour Isabel, un mandala » est un roman étrange, mais très beau, dans lequel nous suivons le narrateur dans sa recherche d’une jeune femme qui a mystérieusement disparu. Isabel était étudiante à Lisbonne sous la dictature de Salazar. Tadeus, le narrateur, a perdu sa trace. On ne sait que peu de choses d’Isabel. L’auteur ne nous en dit d’ailleurs pas davantage sur Tadeus, sinon qu’il a connu Isabel au lycée, à Lisbonne.

Dans sa recherche, Tadeus procède par cercles concentriques, interrogeant tous ceux qui ont connu Isabel et se rapprochant ainsi peu à peu du cercle central censé apporter une réponse à ses questions.

 

« Mais vous êtes qui ?, demanda-t-il en me fixant. Celui qui est indiqué sur le billet, répondis-je, je suis Tadeus. Je ne vous connais pas, répliqua-t-il. Mais vous connaissiez Isabel, dis-je, c’est pour cela que vous me recevez dans votre appartement, le nom d’Isabel a évoqué votre curiosité. Isabel appartient au passé, répondit-il. C’est possible, dis-je, mais je suis ici pour reconstruire ce passé, je suis en train de faire un mandala ».

 

Et ce passé est difficile à reconstruire. Pour certains, Isabel est morte. Pour d’autres, sa mort mise en scène n’était qu’un moyen d’entrer dans la clandestinité afin d’organiser la résistance face à la dictature salazariste. Tadeus n’abandonne pas sa quête, emmenant le lecteur du Portugal à Macao, puis en Suisse et sur la Riviera napolitaine. L’enquête policière devient quête existentielle et retrouver Isabel n’est peut-être pas si important…

« Pour Isabel, un mandala » est un voyage dans le temps, à la recherche de cette jeune femme déjà évoquée par Antonio Tabucchi dans « Requiem« . Un roman envoûtant et poétique où tout se déroule dans une atmosphère onirique qui m’a fait penser à l’ambiance que l’on retrouve chez Modiano.

 

Pour Isabel, un mandala, Antonio Tabucchi, traduit de l’italien par Bernard Comment, Gallimard, Paris, septembre 2014, 153 p.

 

Lu dans le cadre du challenge Il viaggio chez Eimelle, et Italie 2015 chez Virginy.

challenge italie

 

drapeau-italie-challenge-2015

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 réflexions sur “Pour Isabel, d’Antonio Tabucchi

    • Oui, mais attention, c’est vertigineux ! Une littérature d’une grande richesse, alors quand on tombe dedans… Pour ma part, c’est ma préférée (après la littérature française quand même !), alors je ne suis pas très objective…

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      • je te dirai ce que j’en pense. parce qu’il s’agit du Portugal sous Salazar (mon mari a quitté le Portugal à cause du régime et depuis quelques temps j’ai envie de mieux connaître les auteurs de son pays d’origine. (Manu a coupé les ponts avec son pays, il se considère comme Français avant tout et je trouve cela un peu dommage. alors je fais ma liste Portugal…
        et en parallèle Italie et Allemagne où j’ai des lacunes +++

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      • Je ne connais rien de la littérature portugaise, je n’ai jamais lu Pessoa ! Le peu dont j’ai entendu parler, c’est à travers Antonio Tabucchi qui était passionné par la littérature portugaise qu’il a enseignée en Italie et qui a dirigé l’Institut culturel italien à Lisbonne. Je suivrai donc ta liste Portugal et tes lectures avec intérêt !

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