L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, au Livre de poche

Karine Lambert est bruxelloise, photographe et depuis quelques années, écrivain. Son premier roman a été publié en 2013 aux éditions Michel Lafon. En octobre 2014, Karine Lambert a remporté le prix « Saga café » qui récompense le meilleur premier roman belge. « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes », est en cours de traduction et de publication dans plusieurs pays. En France, il a paru récemment au Livre de poche. Voilà l’occasion de revenir sur ce roman, qui sera parfait à glisser dans une valise, avant de découvrir très prochainement l’interview de l’auteur !

 

L'immeuble des femmes poche

 

La villa Celestina se niche dans une impasse à l’allure champêtre du XXème arrondissement de Paris. Elle appartient à la « Reine », une ancienne danseuse étoile qui revit chaque soir en pensée les applaudissements qui ont représenté sa raison de vivre pendant des années. Aujourd’hui fatigué des exercices interminables, le corps de la Reine ne répond plus. Et la nostalgie a pris le dessus, même si l’Étoile ne se laisse pas aller.

La Reine a aimé, beaucoup, mais jamais assez pour abandonner la danse et pour choisir quelqu’un, jamais assez pour surmonter sa peur de la routine. Alors que sa carrière se terminait, un admirateur lui a fait cadeau d’un immeuble. La Reine s’est alors enfermée dans l’appartement du dernier étage, sous le ciel et les étoiles, et a choisi de ne plus rencontrer d’hommes. Tout comme elle a exigé de toutes les candidates locataires de ne jamais amener un seul homme dans l’immeuble.

C’est ainsi que se sont retrouvées autour de la Reine quelques femmes seules, Simone, Rosalie, Giuseppina la sicilienne, et Juliette, une nouvelle venue trentenaire qui vient, au début du roman, occuper l’appartement de Carla, partie pour quelques temps vivre ses rêves en Inde. Si toutes ces femmes ont renoncé aux hommes, elles n’ont pas pour autant dit non à l’amitié. La Casa Celestina est un refuge pour chacune d’entre elles. Elles laissent parfois les portes de leur appartement ouvertes, elles se retrouvent pour bavarder, passer des dimanches après-midi d’hiver ensemble, et dîner chez la Reine qui les invite chaque semaine.

La Reine veille à ce que le règlement soit appliqué à la lettre : aucun homme ne doit avoir accès à l’immeuble ! Pas facile lorsque l’on a besoin d’un électricien… et que dire de Simone qui aimerait tant recevoir son fils mais qui se refuse à enfreindre la loi à laquelle elle a adhéré. La Reine est dure, comme la reine des abeilles qui veille avant tout à la bonne marche de la ruche. Pourtant, elle conseille Juliette qui recherche l’amour, elle comprend toutes ses locataires, et finira d’ailleurs par leur confier ce qu’elle a de plus cher.

Certes, les hommes sont absents de la Casa Celestina, et cependant, il est question d’eux sans arrêt. En effet, le roman n’a rien d’un manifeste féministe et c’est tant mieux. Les hommes -et donc l’amour- sont omniprésents, dans le passé des locataires et dans celui de la Reine, dans leurs conversations, et jusque dans leurs silences…

« L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » nous parle de l’amitié et de l’entraide, qui apportent la sérénité. Il m’a rappelé deux romans belges que j’ai lus depuis que j’ai créé ce blog, et qui évoquent également une petite communauté d’amitié qui a permis de rendre la vie plus douce à ceux qui en faisaient partie : « La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis » de Francis Dannemark et, plus récemment, « Alice et l’homme-perle » de Valérie Cohen. Peut-être est-ce dans l’air du temps ? Les incertitudes de notre monde globalisé seraient-elles à l’origine de ce besoin de se retrouver, de souligner l’importance de l’amitié dans les relations humaines ?

Quoi qu’il en soit, le roman de Karine Lambert m’a fait l’effet d’une praline que l’on laisse fondre dans la bouche, apportant douceur et réconfort. Car s’il est parfois triste, « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes » est aussi résolument optimiste !

 

L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, Karine Lambert, Le Livre de poche, Paris, juin 2015.

 

Publicités

12 réflexions sur “L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, au Livre de poche

    • En effet ! J’ai eu l’occasion d’apprécier cette interview sur ton blog. J’ai quant à moi rencontré Karine Lambert en juin, et ce fut un moment très intéressant. Je publierai l’interview dans quelques jours. J’avais beaucoup aimé son roman l’année dernière et je l’ai relu à sa sortie en poche récemment et je l’ai vraiment apprécié.

      J'aime

  1. J’aime bien les histoires qui racontent la vie d’un immeuble avec ses différents habitants dont les destins se croisent (ça me rappelle un peu L’Élégance du hérisson), donc je garde ce titre en tête. Mais parfois les romans « chorals » me lassent un peu car leur risque est de tourner un peu en rond… Ceci dit, un immeuble exclusivement réservé aux femmes, c’est original 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Pingback: Une belle rencontre avec Karine Lambert, auteur de « L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes . | «Le livre d'après

  3. Pingback: Eh bien, dansons maintenant ! | Le livre d'après

  4. Pingback: Quelques parutions en poche | Le livre d'après

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s