Archive | août 2015

Marie-Antoinette, de Stefan Zweig

Marie Antoinette Stephan ZweigLa biographie est une des facettes les plus brillantes du talent de Stefan Zweig. Si ses nouvelles et romans nous enchantent, voilà un domaine où il excelle tout particulièrement, et la biographie qu’il consacra en 1932 à Marie-Antoinette est un vrai régal, que je placerai parmi mes coups de cœur de l’année 2015.

Nous connaissons Marie-Antoinette pour en avoir entendu parler en cours d’histoire, et parce qu’elle fait partie de notre mémoire collective. Mais qu’en avons-nous retenu, si ne n’est beaucoup de lieux communs méprisants qui s’attachent encore aujourd’hui à la figure historique de « l’Autrichienne » ?

Dans « Marie-Antoinette », Stefan Zweig dresse un portrait équilibré et très humain de la Reine de France. Certes, il insiste tout d’abord sur le caractère léger et étourdi de celle qui n’était qu’une enfant quand elle arriva à Versailles. Marie-Antoinette ne pensait alors qu’à s’amuser, ne s’intéressant à rien d’autre qu’aux robes et aux bals, mais elle avait des circonstances atténuantes, en tout premier lieu le caractère et l’attitude de son mari, le futur Louis XVI, comme le montre justement l’auteur en insistant sur cette première période qui est essentielle pour comprendre le comportement de Marie-Antoinette et, partant, l’attitude des Français à son égard :

« (…) par-delà le destin, la maladresse, le malheur privé, les suites d’une misère conjugale pénètrent dans le domaine de l’Histoire universelle : la destruction de l’autorité royale, en vérité, n’a pas commencé avec la Prise de la Bastille, mais à Versailles ».

Pour autant, Stefan Zweig met en lumière la force de caractère de la Reine, fondé sur une droiture et une honnêteté à toute épreuve, ainsi qu’un grand courage qu’elle développe principalement lorsque les évènements se déchaînent. Marie-Antoinette se révèle alors la digne fille de l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse. Mais c’est le Roi qui dirige, ce qui consiste pour lui à ne rien faire, ne prendre surtout aucune décision, et à de nombreuses reprises, Marie-Antoinette, si elle avait pu suivre son instinct, aurait trouvé des solutions à la situation dangereuse dans laquelle elle et sa famille se trouvaient, d’abord aux Tuileries, puis au Temple.

Malheureusement, elle ne peut échapper à un destin terrible : cette fille d’impératrice, pourtant née dans une cour, mal mariée à un homme apathique qui ne pense qu’à manger et chasser, a souffert de l’étiquette impitoyable de Versailles. Elle a été la victime d’une escroquerie d’une incroyable audace, l’affaire du collier, et a vu sa réputation peu à peu mise à mal, puis détruite par les multiples libelles et fascicules -presse à sensation de l’époque-, qui circulaient alors.

Lorsque la Révolution se déclenche, la Cour abandonne la famille royale. La plupart des aristocrates émigrent en Angleterre, en Belgique ou en Allemagne. Les monarques européens ne viennent pas non plus au secours de la royauté française, excepté le roi de Suède qui meurt rapidement. Le neveu de Marie-Antoinette lui-même, monté sur le trône autrichien, ne prête aucune attention à sa tante en difficulté –encore moins quand elle sera destituée-, ni même l’ambassadeur d’Autriche en France réfugié à Bruxelles, le Comte de Mercy, qui avait pourtant promis à l’impératrice Marie-Thérèse de veiller sur sa fille.

Après des années de réclusion et d’angoisses, c’est une femme prématurément vieillie, à qui l’on a retiré son fils, le Dauphin, et que l’on a accusé des crimes les plus odieux envers cet enfant, qui montera sur l’échafaud, avec une dignité et un courage admirables. Elle avait pour tort d’être une représentante de l’Ancien Régime, convaincue au plus profond d’elle-même de la légitimité de la monarchie de droit divin. En tant que telle, elle vivait en dehors de la réalité du plus grand nombre et n’avait jamais prêté la moindre attention aux bourgeois, ni a fortiori au peuple, préférant gaspiller l’argent du Royaume pour son petit Trianon. Là était son erreur, mais elle ne fut pas la débauchée et la traîtresse que l’on a longtemps dénoncée.

J’ai beaucoup aimé le regard que l’auteur porte sur la politique de cette époque, qui m’a rappelé un professeur qui nous enseignait l’histoire diplomatique en partant des faits privés qui se déroulaient au sein des cours européennes de l’Ancien Régime. Mettant l’accent sur les faiblesses du Roi Louis XVI, sur les ennemis de Marie-Antoinette, que deviendront par exemple les frères du Roi, Zweig ne s’y est pas trompé :

« C’est presque toujours un destin secret qui règle le sort des choses visibles et publiques ; presque tous les évènements mondiaux sont le reflet de conflits intimes. Un des grands secrets de l’Histoire est de donner à des faits infimes des conséquences incalculables ; « (p40)

La description que Zweig fait de la Cour de Versailles, à travers le portrait de Louis XVI, n’est pas sans rappeler d’autres périodes historiques, parfois beaucoup plus récentes :

« C’est encore un Louis qui est roi, certes, mais il n’a rien d’un souverain, ce n’est qu’un piteux esclave des femmes, dépourvu d’intérêt ; lui aussi réunit à la Cour évêques, ministres, maréchaux, architectes, poètes, musiciens, mais pas plus qu’il n’est un Louis XIV, ce ne sont des Bossuet, des Turenne, des Richelieu, des Mansart, Des Colbert, des Racine et des Corneille ; c’est une bande d’intrigants, de gens soupes et avides de places, qui ne veulent que jouir au lieu de créer, que profiter en parasites de ce qui existe au lieu d’insuffler aux choses la vie et l’énergie (…) ce ne sont plus les hauts faits qui l’emportent, mais la cabale, ce n’est plus le mérite qui compte, mais la protection ; (…) la parole prime l’action, l’apparence la réalité. Ces hommes, enfermés dans un cadre étroit, ne jouent plus qu’entre eux et pour eux-mêmes, avec beaucoup de grâce et sans aucun but, leurs rôles de roi, de prêtre, de maréchal ; tous ont oublié la France, la réalité, ils ne pensent qu’à eux-mêmes, à leur carrière, à leurs plaisirs ». (p44 et 45).

Bien plus qu’une simple biographie de Marie-Antoinette, Stephan Zweig nous offre une véritable leçon d’histoire, en dénonçant le fait d’apprécier  les paroles, les faits et les actes d’alors, à l’aune de la mentalité contemporaine. Ainsi, si Marie-Antoinette espère à un certain moment la défaite de la France dans une guerre contre les puissances étrangères, c’est parce qu’en 1791, l’idée de nation, de patrie, n’en n’est qu’à ses balbutiements (elles ne prendront corps qu’au XIXème siècle). Marie-Antoinette réagit donc logiquement en pur produit de l’Ancien Régime, du XVIIIème siècle, et en tant que membre de la Royauté de droit divin.

Stefan Zweig développe de fines analyses historiques et politiques, mais pas seulement. Ce qui frappe dans cette biographie est la richesse des observations psychologiques, concernant ce couple royal si mal assorti. Et la belle écriture classique de Stefan Zweig, à la fois fluide et riche, qui est la marque des grands auteurs ! Autant d’éléments qui font de cette biographie, jamais ennuyeuse, et au contraire par moments prenante comme un thriller historique, bien que l’on en connaisse le dénouement, un grand moment de lecture !

 

Coup de cœur !

Quelques citations :

Sur Marie-Antoinette à la Cour de Versailles :

« Sa faute, sa faute indéniable, est d’avoir abordé avec une frivolité sans pareille la tâche la plus lourde de l’Histoire, avec un cœur léger le conflit le plus dur du siècle. Faute incontestable, disons-nous et cependant pardonnable, car la tentation était telle que même un être mieux trempé lui aurait à peine résisté » (p106).

(…) « ce nouveau style qui porte le nom de Louis XVI aussi injustement que l’Amérique celui d’Americ Vespuce. Il devrait avoir pour marraine cette femme délicate, élégante, remuante, s’appeler style Marie-Antoinette, car rien dans sa grâce fragile ne rappelle Louis XVI, cet homme lourd, aux goûts communs ; » (p120).

« Chacun sait que comme intelligence, force d’âme et honnêteté, la reine est cent fois supérieure à ces créatures mesquines qui forment sa société quotidienne. Mais ce qui décide des rapports entre les êtres, c’est l’habileté et non la force, la supériorité de la volonté et non celle de l’esprit ». (p138).

Sur l’affaire du collier :

« On ne saurait trop le dire, Marie-Antoinette, dans toutes les tractations fantastiques de l’affaire du Collier, a été tout à fait innocente ; mais qu’une pareille escroquerie ait pu être osée sous son nom, et qu’on y ait cru, c’est là du point de vue de l’Histoire sa grande faute » (p205).

Sur le procès et le jugement :

« la question était délicate : qu’on reconnaisse que le cardinal a, pour le moins, manqué de respect à la souveraine, et Marie-Antoinette sera dédommagée de l’abus qu’on a fait de son nom, mais si on l’acquitte purement et simplement, ce jugement entraînera la condamnation morale de la reine » (p211).

« ce n’est pas une question privée qu’on vide ici, c’est une question politique ; il s’agit de savoir si le Parlement français considère encore la reine comme « sacrée » et intangible ou si elle est soumise aux lois, comme n’importe quel citoyen français ». (p211)

« Marie-Antoinette, dont l‘intuition est toujours plus forte que la réflexion, a vu immédiatement ce que cette défaite avait d’irréparable ; pour la première fois, depuis qu’elle porte la couronne, elle s’est heurtée à une puissance plus forte que sa volonté » p213).

« Indécis comme toujours, il choisit le moyen terme, qui en politique, est toujours le pire. Le roi a perdu sans retour l’occasion de prendre une décision qui pouvait être considérable. Une nouvelle époque a commencé avec le jugement du Parlement contre la reine. » (p213).

« en réalité, en favorisant l’évasion de la criminelle (Mme de la Motte), c’était le tour le plus perfide, le plus sournois, que le clan des conjurés pouvait jouer à Marie-Antoinette. Car non seulement cette fuite donne libre cours aux insinuations sur une entente entre la reine et la voleuse, mais d’autre part la condamnée peut, de Londres, s’ériger en accusatrice, faire imprimer impunément les mensonges et les calomnies les plus effrontés (…) ». (p215).

Sur la responsabilité de Marie-Antoinette :

« Du premier jour jusqu’au dernier, Marie-Antoinette n’a vu dans la Révolution qu’une vague de boue immonde, soulevée par les instincts les plus bas et les plus vulgaires de l’humanité ; elle n’a rien compris au droit historique, à la volonté constructive de ce mouvement parce qu’elle était décidée à ne comprendre et à ne défendre que son propre droit royal ». (p239).

« (…) cet entêtement à ne pas vouloir comprendre, c’est là la faute historique de Marie-Antoinette. »(p239)

 

Marie-Antoinette, Stefan Zweig, traduit de l’allemand par Alzir Hella, Le livre de poche n°14669, édition 19, septembre 2013, Paris,  258 p.

 

livre lu dans le cadre du challenge Histoire chez Lynnae , du challenge Destination PAL chez Liligalipette et du challenge Un classique par mois chez Stephie

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Hiver noir, de Cecilia Ekbäck

Hiver noir Cecilia EkbäckOriginaire d’Ostrobotnie, une région suédophone de l’ouest de la Finlande, Maija arrive avec sa famille en Laponie suédoise en 1717 pour s’installer dans la ferme d’un oncle. En Finlande, son mari, Paavo, était pêcheur, un métier qu’il avait dû abandonner en raison de l’apparition d’une phobie de la mer. L’oncle Teppo leur avait alors proposé d’échanger le bateau de Paavo contre une terre fertile qu’il possédait dans les montagnes de Laponie suédoise.

Dès leur arrivée, Maija et ses deux filles, Fédérica et Dorotea, se rendent compte que la montagne Bläckåsen n’est pas la terre riche que leur oncle leur avait vantée. Bien au contraire, l’endroit est isolé, sombre, la maison et le terrain sont négligés. Après quelques jours, Maija envoie ses filles conduire les chèvres dans une clairière proche du sommet de la montagne, mais en chemin, les deux jeunes sœurs font une macabre découverte : le cadavre d’un homme éventré, en état de putréfaction.

Dès qu’elle est avertie, Maija se rend chez ses voisins, et apprend qu’il s’agit sans doute d’Eriksson, un habitant de la montagne. On évoque naturellement l’œuvre d’une bête sauvage, ours ou loup. Maija, qui a peur pour ses filles, veut en savoir plus, afin de chasser l’animal qui rôderait dans la montagne. Mais les révélations étranges s’accumulent : la victime était absente depuis trois jours, et sa femme n’avait pourtant pas signalé sa disparition. Quant au frère d’Eriksson, il éclate de rire lorsqu’il apprend le décès. Enfin, il semble que des enfants aient disparu au cours des dernières années, mais qu’aucune recherche n’ait été menée…

Pour son premier roman, Cecilia Ekbäck, auteur suédoise aujourd’hui installée au Canada, retourne sur les terres de son enfance pour nous livrer un thriller très réussi qui a l’originalité d’être situé au début du XVIIIème siècle. On suit Maija, femme courageuse, qui refuse les superstitions de l’époque, y compris celles de l’église, mais qui va pourtant s’allier avec le prêtre du village dont dépend la montagne Bläckåsen, pour résoudre cette énigme. Elle traversera de nombreuses épreuves, seule avec ses filles, devant affronter la nature hostile pendant un hiver particulièrement rigoureux, mais aussi des familles peu compréhensives devant sa détermination.

J’ai beaucoup aimé ce polar qui emmène le lecteur dans un monde méconnu, celui de la Suède du XVIIIème siècle, épuisée par plusieurs décennies de guerres menées contre ses voisins. On y découvre les différentes composantes d’une population hétéroclite : Lapons aux traditions ancestrales, colons venus d’autres régions nordiques, membres du clergé et de l’aristocratie dont on se demande pourquoi ils ont été envoyés dans cette zone reculée. Parmi ceux-ci, Maija est une vraie héroïne : dotée d’un mari peureux et absent, elle se débrouille seule et relève toujours la tête face à l’adversité.

Les différents ingrédients d’ « Hiver noir », suspens, rivalités entre habitants, histoire, nature, saupoudrés d’un peu de fantastique, forment un roman très prenant, servi par une belle écriture que je ne peux que vous recommander.

 

Hiver noir, Cecilia Ekbäck, traduit de l’anglais par Carole Delporte, Terra Nova, Mars 2015, 382 p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge Polars et thrillers chez Sharon et du challenge nordique chez Marjorie.

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Compartiment n°6, de Rosa Liksom

Compartiment n°6 LiksomDans une Union soviétique qui vit ses dernières années, une jeune étudiante finlandaise installée à Moscou prend le Transmongolien pour Oulan-Bator. Elle accomplit ainsi son rêve de traverser la Sibérie pour se rendre en Mongolie afin de découvrir des pétroglyphes (dessins symboliques gravés sur de la pierre) situés au sud de la capitale mongolienne. Mais elle laisse derrière elle Mitka et sa mère, Irina, ainsi que le grand-père de Mitka, Zakhar. Pourquoi être partie seule, alors que c’est avec Mitka qu’elle devait faire ce voyage ?

Débute alors le long périple qui l’emmènera jusqu’en Mongolie, dans ce Compartiment n° 6 qu’elle est forcée de partager avec un homme. Pas de chance pour cette jeune femme que l’on sent d’emblée malmenée par la vie, cet homme est une brute épaisse, un ivrogne de toujours, grossier et salace de surcroît !

La jeune femme subit la conversation de l’homme qui déverse des histoires impudiques, souvent sordides, mais parfois émouvantes, comme lorsqu’il dévoile certains épisodes de son enfance. Il travaille maintenant dans un chantier en Mongolie et se rend de temps en temps à Moscou pour voir sa femme et son fils, sa femme Katinka qu’il n’hésite pas à battre quand elle remet son autorité de mâle russe en cause.

La jeune femme ne répond pas, ne prend pas part à ce qui devient un monologue. Elle se concentre pour essayer de ne pas entendre les paroles de l’homme. Elle se réfugie dans la contemplation du paysage, dans ses pensées, et dans l’évocation de quelques moments partagés avec Mitka. On en apprend très peu à son sujet. L’auteur nous distille au compte-gouttes les souvenirs de la jeune femme, au même rythme lent que celui du train.

L’homme, quant à lui, avait besoin de cette oreille, pourtant peu attentive. La jeune femme attend en effet les arrêts du train, qui dans certaines villes peuvent durer jusqu’à un jour ou deux, pour s’échapper de l’atmosphère lourde et viciée du compartiment. Elle n’est cependant pas totalement indifférente au destin de cet homme. Elle l’accompagne parfois lors des étapes ou plutôt, se laisse accompagner par lui, et lui donne, de temps en temps, d’imperceptibles signes d’empathie.

Compartiment n° 6 dresse un portrait très dur de la Russie  soviétique, à l’époque de la guerre avec l’Afghanistan. La société se délite, le pays est sale et pollué, les hommes ont pour tout viatique l’alcool et parfois la drogue, et personne n’évoque jamais l’avenir. Deux êtres que tout oppose vont pourtant partager quelques moments, et même s’il ne se passe rien pendant tout le roman, leur rencontre a permis a chacun de faire le point sur sa vie.

L’écriture de Rosa Liksom évoque précisément le périple ferroviaire lent mais rythmé du Transmongolien. Elle réussit à nous plonger dans l’ambiance du train, à nous faire entendre le rythme saccadé des traverses qui défilent. Au départ de chaque ville, on ressent l’éloignement des éléments du décor ferroviaire ou industriel des villes traversées et l’on finit toujours par retrouver l’immensité monotone mais rassurante de la nature. Celle-ci est d’ailleurs omniprésente dans le roman de Linksom. La nature, froide, glaciale, qui hésite à plonger vers le printemps, y est toujours en plein contraste avec la saleté grise des villes. L’auteur excelle d’ailleurs dans les descriptions originales et toujours différentes qu’elle propose d’un paysage qui varie pourtant très peu tout au long du voyage. Compartiment n° 6 est donc à conseiller tout particulièrement aux lecteurs qui aiment ces instants contemplatifs.

L’auteur : Rosa Liksom est née en Laponie finlandaise en 1958. Après des études d’anthropologie effectuées à Helsinki, Copenhague et Moscou, elle se consacre à l’écriture et à la création artistique. Célèbre en Finlande, Rosa Liksom était jusqu’ici méconnue en France. Compartiment n°6 est son premier roman traduit en français. Il a fait partie des ouvrages sélectionnés pour l’attribution du Prix Médicis étranger 2013.

 

Compartiment n°6, Rosa Liksom, traduit par Anne Colin du Terrail, Editions Folio, Paris, juin 2015, 256 p.

 

 

Quelques « intrigues » d’Adrien Goetz

Après avoir commencé à lire les enquêtes de Pénélope et Wandrille par le quatrième tome (« Intrigue à Giverny », dont le thème me plaisait particulièrement), j’ai repris plus raisonnablement la lecture de la série à son origine et dans l’ordre.

 

intrigue à l'anglaiseDans « Intrigue à l’anglaise », premier roman de la série, Pénélope accepte avec une pointe de regrets son premier poste au Musée de Bayeux. Elle est en effet nommée conservatrice adjointe du musée de la tapisserie, sous les ordres de Solange Fulgence, qu’elle déteste déjà. Pourtant, lorsque cette dernière est victime d’une tentative d’assassinat qui la plonge dans le coma, Pénélope relève le défi avec courage et se lance dans l’enquête. Elle est d’ailleurs rapidement chargée par le Directeur du Louvre d’enquêter discrètement sur la tapisserie de Bayeux et les trois mètres de toile manquantes !

Adrien Goetz met en place les ingrédients de ses comédies policières artistiques, qui m’avaient tant plus dans « Intrigue à Giverny » : un mélange d’histoire et d’histoire de l’art, à la fois ancienne et contemporaine. Ici, les amateurs apprécieront l’histoire de Guillaume le Conquérant et de la tapisserie de Bayeux. L’auteur entremêle habilement à l’intrigue l’affaire de l’exposition de la tapisserie à Paris sous le 1er Empire, et le rôle joué alors par Dominique Vivant-Denon, « Ministre des Arts » de Napoléon, ainsi que l’épisode du convoi organisé par les SS pour faire transporter la tapisserie de Paris à Berlin… Sans oublier la monarchie anglaise et les Windsor : d’ailleurs, l’intrigue se déroule fin août 1997, au moment de la mort à Paris de Lady Diana, mais ce n’est pas un hasard, bien sûr…

 

 

Intrigue à Versailles« Intrigue à Versailles » : Après avoir commencé sa carrière à Bayeux, Pénélope est nommée conservatrice du patrimoine au château de Versailles. Dès sa première journée de travail, un cadavre est découvert par une joggeuse américaine dans un des bassins du parc. Au même moment, Médard, chargé de la ronde du matin, trouve une « table à écrire » qui n’a jamais été là auparavant, dans la bibliothèque de la Reine. Il est encore plus stupéfait lorsqu’il se rend compte que du sang goutte de cette table : un doigt fraîchement coupé repose dans un des tiroirs…

Cette première matinée de travail est bien chargée pour Pénélope ! En plus, alors qu’elle n’a pas encore eu le temps de faire connaissance avec l’ensemble du personnel du château, elle doit recevoir un étrange Chinois, ancien rouge devenu richissime, qui désire reconstruire dans les environs de Shanghai une forteresse semblable au premier château de Versailles, tel qu’il était sous Louis XIII. C’est trop pour la jeune conservatrice, mais pour le lecteur aussi, car tout se croise et s’entrechoque, pour constituer finalement une intrigue plutôt hachée et peu vraisemblable.

J’ai donc été relativement déçue par cet épisode. L’auteur semble avoir trop à dire et on a l’impression qu’il  a crée l’intrigue et ses développements au service des connaissances foisonnantes qu’il voulait mettre en avant. La période est passionnante, Port-Royal et le jansénisme sont des thèmes peu évoqués dans ce genre de romans, et Adrien Goetz a beaucoup à nous apporter, mais son roman aurait gagné à être élagué. De plus, au niveau du style, les enchaînements sont parfois abrupts et entravent la fluidité du récit.

Voilà un jugement assez sévère, et je me suis étonnée d’avoir tant apprécié le quatrième tome, qui est celui que j‘ai lu en premier et que j’ai beaucoup aimé : était-ce le fait de la nouveauté, du cocktail polar-histoire de l’art qui m’a particulièrement plu, ou de la période impressionniste que j’aime beaucoup ? Ou Adrien Goetz avait-il tenu compte de certaines critiques lors de l’écriture d’ « Intrigue à Giverny » ?

En tout cas, cette déception ne m’empêchera pas de lire la suite des aventures de Pénélope et Wandrille, principalement, vous l’aurez compris, pour les détails passionnants de l’histoire de l’art que l’auteur nous livre.

 

 

Intrigue à Venise« Intrigue à Venise » : Pénélope est toujours en poste au Château de Versailles. Elle ne désespère plus d’être un jour nommée au Musée du Louvre, en particulier dans le domaine des tissus coptes, sa spécialité : Pénélope a simplement compris qu’il lui faudrait de la patience, mais qu’elle parviendrait un jour à ses fins.

Pour l’heure, Pénélope est envoyée à Venise, pour participer à un colloque consacré aux gondoles en tant qu’instruments de la conquête vénitienne. Elle  espère bien, une fois sa communication présentée, pouvoir arpenter la ville et découvrir les nombreux trésors artistiques qu’elle ne connaît… que par les livres. En effet, bien qu’étant historienne de l’art et conservatrice du patrimoine, Pénélope n’a jamais mis les pieds à Venise, ce qu’elle s’évertue d’ailleurs à cacher avec talent.

A nouveau, ses projets vont être contrariés, lorsque le très sélect club des « écrivains français de Venise » prend peur. L’un des leurs vient de mourir tragiquement à Rome, alors qu’il se cachait à la Villa Médicis, se sachant menacé depuis quelques temps. Et il ne sera pas le dernier ! Pénélope découvre en effet un message de menace, accompagnant une tête de chat coupée, placé au pied du Colleone, la statue équestre de Bartolomeo Colleoni, devant l’église San Zanipolo à Venise.

Au même moment, Wandrille, son fiancé, réalise un reportage à Paris, sur les lieux parisiens qui évoquent Venise. Il se trouve avec Jacquelin de Craonne, l’un des membres du club des écrivains français de Venise, au pied de la copie du Colleone, dans la chapelle de l’Ecole des Beaux-Arts. Et  tous deux découvrent le même message de menace, avec une tête de chat sanguinolente !

Pénélope et Wandrille se lancent dans cette enquête et se retrouveront bien vite sur la trace d’un tableau inconnu de Rembrandt, enjeu de cette course à travers Venise et les îles de la lagune, avec un petit détour par Rome et l’île de Stromboli.

J’ai préféré nettement cette troisième aventure à la seconde qui se déroulait à Versailles. Elle m’a paru moins dispersée, même si cela reste  l’une des faiblesses des romans policiers d’Adrien Goetz. On a parfois un peu de mal à suivre le fil conducteur, et certains éléments sont un peu « tirés par les cheveux ». Néanmoins, l’intérêt reste complet pour l’aspect historique et artistique de ces romans, même s’il faut démêler ce qui est réel et ce qui est inventé. Au total, je dirai qu’il s’agit d’un bon divertissement qui a le mérite de donner envie d’en apprendre davantage sur la période historique et sur les œuvres d’art évoquées !

 

Intrigue à l’anglaise, Adrien Goetz, Le Livre de poche, Paris, n°31061, septembre 2008, 318 p.

Intrigue à Versailles, Adrien Goetz, Le Livre de poche, Paris, n°31709, septembre 2012, 415 p.

Intrigue à Venise, Adrien Goetz, Le Livre de poche, Paris, n°32881, septembre 2014, 307 p.

 

Challenge Destination PAL, chez Lili Galipette.

Destination PAL

 

 

 

 

 

Voltaire en son château de Ferney

 

C’est à Ferney dans l’Ain, juste à côté de Genève, que Voltaire passa les vingt dernières années de sa vie. Longtemps sous tutelle de la Savoie, le château de Ferney, dont l’existence est attestée pour la première fois en 1312, fut détenu par des familles genevoises avant d’être acheté par Voltaire en février 1759.

 

Pourquoi à Ferney ?

 

En 1745, Voltaire est nommé historiographe du roi Louis XV, mais ce dernier ne l’aime pas. Voltaire n’hésite donc pas à se libérer en 1750, pour devenir chambellan du roi de Prusse, Frédéric II. Quelques années après, Voltaire se brouille avec le roi de Prusse et essaie de rentrer à Paris. Mais Louis XV ne veut pas de lui et Voltaire est à la recherche d’une demeure où il pourra s’installer, dans une grande ville où il trouvera de bons éditeurs.

C’est finalement sur l’invitation d’un des meilleurs libraires européens, Cramer, que le philosophe choisit Genève. Il séjourne d‘abord à Prangins et à Lausanne, puis acquiert près de Genève une très belle maison qu’il nomme « Les Délices », -et qui est aujourd’hui le siège de l’Institut et musée Voltaire. Mais des pasteurs et professeurs de théologie très influents à Genève interdisent plusieurs de ses ouvrages.

Voltaire achète alors le domaine de Ferney qui n’est pas rattaché à la république de Genève et qui se trouve assez éloigné de Versailles pour qu’il puisse enfin se sentir maître absolu chez lui. Il s’y installe en 1760 et entame aussitôt des travaux de reconstruction, puis cinq ans plus tard, il ajoute deux ailes au château. Le château conserve aujourd’hui l’apparence extérieure qu’il avait après les travaux d’agrandissements en 1766.

 

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 Le Panthéon au lieu de la pyramide

 

Voltaire a déjà soixante-quatre ans quand il achète le château de Ferney. Auteur de pièces de théâtre, il redoutait de subir le sort des comédiens, être enterré dans la fosse commune. Comme il espérait mourir à Ferney, il avait fait construire un tombeau en forme de pyramide, qui se trouve aujourd’hui accolé à l’église du domaine.

 

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En 1778, Voltaire se rend à Paris  pour assister à la représentation de sa dernière tragédie « Irène ». Il est accueilli triomphalement, mais l’agitation ajoute l’épuisement à la maladie. Voltaire succombe à Paris le 30 mai 1778. Il sera enterré à l’abbaye de Scellières, près de Troyes, puis transféré par l’Assemblée révolutionnaire au Panthéon en 1791 où il est depuis ce temps, le plus ancien hôte. Il sera rejoint en 1794 par Rousseau, son ennemi, qui y repose, juste en face de lui !

 

Un château qui a accueilli toute l’Europe des Lumières

 

Du château, on ne visite que quelques pièces : l’antichambre, la salle à manger et bibliothèque, qui ont été réunies en une seule pièce par Griolet, l’un des propriétaires du château au XIXème siècle, où se trouve encore le bureau du philosophe.

 

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 Le bureau de Voltaire, dans la salle à manger-bibliothèque

 

On peut également voir le salon dans lequel Voltaire recevait ses nombreux visiteurs, le cabinet des tableaux (ancienne chambre de Voltaire), et la chambre de Voltaire reconstituée dans ce qui était à l’origine le cabinet des tableaux. Les appartements de Mme Denis, sa nièce et maîtresse sont quant à eux vides. L’étage, et les communs au sous-sol, en mauvais état, ne se visitent pas.

 

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Le salon où se pressa toute l’Europe des Lumières !

 

On peut également admirer le tableau que le philosophe avait commandé au peintre Duplessis : « Le triomphe de Voltaire ». Ce tableau ne possède pas une grande valeur artistique mais il retrace les évènements marquants de la vie du philosophe et comporte différents éléments assez visionnaires.

Le château est entouré par un très beau parc, qui offre une magnifique vue sur le genevois et les Alpes, avec en toile de fond, le Mont-Blanc. Sur ces photos, prises fin juillet, le parc a beaucoup souffert de la sécheresse.

 

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De Ferney à Ferney-Voltaire

 

Voltaire a également aidé la population de Ferney, en asséchant les marais. Il a aussi favorisé l’implantation de nouvelles industries, notamment l’horlogerie de luxe, ainsi que la soierie. Ferney a ainsi connu un développement fulgurant dans les années qui précédèrent la Révolution française, passant de 150 à environ 1200 habitants !

C’est en 1878, à l’occasion du centenaire de la mort de Voltaire, que la commune de Ferney adopte officiellement le nom de Ferney-Voltaire à la demande de la population locale et après avoir reçu l’autorisation du Président de la République de l’époque, Mac Mahon.

 

Quelques informations pratiques

 

La château de Voltaire a été acquis en 1999 par l’Etat français et est aujourd’hui administré par le Centre des monuments nationaux.

Le château peut encore être visité jusqu’au 8 novembre. Il sera ensuite fermé pour trois ans, afin de subir d’importants travaux de rénovation, qui lui permettront de retrouver la configuration intérieure originelle. Cela sera possible grâce aux nombreux plans que Voltaire avait envoyés à Catherine II de Russie qui désirait alors se faire construire un château semblable à celui de Voltaire, et qui sont conservés à la Bibliothèque Nationale de Russie et au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.

Si vous êtes dans les environs de Genève, n’hésitez pas, c’est une visite qui vaut largement la peine : il suffit d’appeler l’office du tourisme de Ferney-Voltaire et de s’inscrire à l’une des visites guidées, car le château ne se visite pas individuellement. La visite dure une heure, et la guide, charmante, offre des explications claires et précises, fondées sur le précieux guide vendu à la boutique du château « Voltaire en son château de Ferney ». Le château sera notamment ouvert pour la journée du patrimoine. Après, il faudra attendre trois ans !

 

Voltaire en son chateau de Ferney

Voltaire en son château de Ferney, Christophe Paillard, Editions du patrimoine, Collection Itinéraires, Centre des monuments nationaux, 64p. (http://editions.monuments-nationaux.fr/fr/le-catalogue/bdd/livre/727).

 

Site du château de Ferney-Voltaire :

http://voltaire.monuments-nationaux.fr/

Site de l’office du tourisme de Ferney-Voltaire :

http://www.paysdevoltaire.com/fr/decouvrir/le-chateau-de-voltaire.html

 

 

Participation au Défi Le siècle des Lumières, chez Parthénia

Défi Le siècle des Lumières

 

 

 

Un tour de passe-passe, Marco Malvaldi

un tour de passe-passe MalvaldiJe retrouve avec plaisir Massimo et sa bande de papys envahissants, dont j’ai fait la connaissance dans « La briscola à cinq » de Marco Malvaldi.  « Un tour de passe-passe » est en effet la deuxième enquête de la série policière de Marco Malvaldi, qui vient d’être traduite en français et publiée en format de poche dans la collection Grands Détectives des éditions 10/18. Pour rappel, le patron du Bar Lume, Massimo, célibataire de trente-sept ans, accueille dans son établissement -et pas toujours à bras ouverts- une bande de papys, parmi lesquels son grand-père Ampelio, qui passent une partie de la journée à jouer aux cartes en devisant sur tout et sur rien…

Dans le premier volume, un meurtre commis dans la petite station balnéaire de Pineta, où se trouve le Bar Lume, venait mettre un terme aux siestes prolongées de l’été et permettait à Massimo d’illustrer ses qualités de déduction. Nous sommes cette fois en mai et Massimo est chargé d’organiser le service traiteur pour un colloque de scientifiques qui se déroule à Pineta. L’un des participants, un illustre professeur japonais, est victime d’une chute et est conduit aux urgences où il décédera un peu plus tard d’un arrêt respiratoire. Etrange fin pour quelqu’un qui s’était simplement pris les pieds dans un tapis !

L’histoire fait le tour du village et les papys s’en donnent à cœur joie. À nouveau, Massimo propose ses services au commissaire pour résoudre cette enquête, dont la clé a un rapport avec l’ordinateur du scientifique. Mais là n’est pas l’essentiel. Si pour vous l’intrigue prime, il vaut mieux passer votre chemin, car tout ici se trouve dans l’atmosphère et dans l’humour qui unit les différents protagonistes des enquêtes de Marco Malvaldi, Massimo, le commissaire Fusco et les papys joueurs de carte, ainsi que dans la critique de la société italienne qui se dessine en toile de fond.

Et comme dans toutes les séries où l’on suit souvent davantage la vie des personnages que les intrigues, nous faisons ici plus ample connaissance avec le sympathique patron du petit bar, Massimo, dont on apprend qu’il est aussi un humble mathématicien ! Une série bien agréable que je continuerai à suivre…

Une petite biographie de l’auteur ici.

Un tour de passe-passe, Marco Malvaldi, traduit de l’italien par Nathalie Bauer, Editions 10/18, Collection Grands Détectives n°4939, Paris, Juin 2015, 189 p.

 

Lu dans le cadre du Challenge Destination PAL chez Lili Galipette,  du Challenge Il viaggio chez Eimelle et du Challenge Italie 2015 chez Virginy, et du Challenge polars et thrillers chez Sharon.

Destination PAL

challenge italie

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Sang dessus dessous, le premier polar de Claude Izner

 

sang dessus dessous claude iznerPublié pour la première fois en 1999, ce premier roman policier de Claude Izner (pseudonyme des sœurs Liliane Korb et Laurence Lefèvre) a été réédité en 2013 par les Editions 10/18. Ce polar, qui se déroule à Paris en 1998, ne fait pas partie de la série des enquêtes de Victor Legris, mais il en annonce la couleur avec talent.

Dans « Sang dessus dessous », Milo Jassy est bouquiniste sur le quai des Grands-Augustins à Paris. Tandis qu’il s’absente pour prendre un café, une inconnue coiffée d’un bonnet-chat -une cagoule- dépose à son attention un paquet à sa voisine de stand, qui vend des souvenirs pour touristes. De retour, Milo, stupéfait, découvre trois livres emballés dans du papier journal, trois feuilles identiques de la même édition récente comportant un article relatant la découverte d’un libraire, assassiné dans sa boutique du XIème arrondissement.

Il s’agit de Roland Fresnel, un ami que Milo n’a pas revu depuis deux ans. Roland était aussi le frère de Nelly, ancienne petite amie de Milo. Ce dernier prend aussitôt contact avec Nelly et se rend chez elle. Nelly, qui était brouillée avec son frère, n’en sait pas davantage. Seul indice près du corps, des livres tailladés de Jules Verne, de la collection Hetzel, que la victime collectionnait.

Un deuxième meurtre est commis. Milo comprend rapidement qu’il doit résoudre cette énigme s’il ne veut pas connaître le même sort. Peu à peu, l’étau se resserre, poussant Milo, qui ne se connaît pas d’ennemis, à se pencher sur ses souvenirs, ses amours et amitiés anciennes.

« Sang dessus dessous » est un excellent policier. J’ai beaucoup aimé le personnage de Milo, cet érudit autodidacte qui a tout appris dans les bouquins qu’il lit, plus qu’il ne les vend. Personnage pourtant loin d’être extraverti, manquant de confiance en lui, Milo a toujours un bon mot littéraire. Il  partage avec Victor Legris, héros des autres enquêtes de Claude Izner, son amour des livres bien sûr, mais aussi « de la tendresse, un certain humour, une désinvolture évidente », comme le précise l’auteur dans son avant-propos. Autant d’ingrédients qui en font un séducteur auquel on s’attache bien vite. Je n’ai qu’un regret : que ce personnage ne soit pas devenu récurrent dans les romans de Claude Izner !

 

Sang dessus dessous, Claude Izner, collection Grands détectives n°4637, 10/18, Département d’Univers Poche, Paris, 2013, 255 p.

 

Lu dans le cadre du Challenge polars et thrillers de Sharon

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