Long week-end, de Joyce Maynard

long week-end Joyce MaynardAprès « L’homme de la montagne » paru l’été dernier, voici le deuxième roman que je lis d’une auteure américaine qui me plaît décidemment beaucoup, Joyce Maynard. « Long week-end » a été publié en 2009 aux États-Unis et traduit en français l’année suivante. Comme dans « L’homme de la montagne », on y retrouve plusieurs des ingrédients qui traversent les romans de Joyce Maynard, notamment les questions nées de l’adolescence et l’ambiance des années soixante-dix aux Etats-Unis.

Le narrateur est ici un garçon de treize ans, qui vit seul avec sa mère divorcée. Il rencontre son père chaque samedi soir pour un dîner devenu traditionnel, dans un restaurant des environs, en compagnie de Marjorie, la seconde femme de son père, et de leurs deux enfants, Richard et Chloé.

Le jeune garçon semble heureux, même s’il rêve souvent d’une vraie famille. Il s’entend très bien avec sa mère, Adèle, pourtant fantasque, du moins par rapport à ce que la norme exige alors. Ancienne danseuse, la jeune femme fuit le monde extérieur et a adapté son mode de vie et celui de son fils en conséquence : elle vend des vitamines par téléphone, elle fait ses courses par correspondance et n’effectue qu’une sortie de temps en temps, pour remplir le congélateur et la réserve de boîtes de conserves. Adèle n’a qu’une amie, Evelyn, mère d’un jeune garçon handicapé, mais elle la voit finalement très peu.

Bien sûr, comme vous vous en doutez, un élément perturbateur va remettre en question cette routine : il s’agit de Franck, qu’Adèle et son fils « rencontrent » au supermarché, lors d’une de leurs rares sorties. En réalité, cet homme est blessé et la rencontre n’est pas fortuite : il s’impose à Adèle et à son fils et les oblige à l’emmener chez eux, avec un mélange curieux de fermeté et de politesse.

«Je ne vais pas vous mentir. Ma situation est difficile. Des tas de gens refuseraient d’avoir le moindre rapport avec moi. Mais mon instinct me dit que vous êtes quelqu’un de très compréhensif.

Survivre en ce monde n’est pas une partie de plaisir, a-t-il ajouté. Parfois on a besoin de s’arrêter, de simplement s’asseoir et réfléchir. Rassembler ses pensées. Ne plus bouger. » (…)

« J’ai compris, brusquement, que les choses allaient changer. Nous voguions dans l’espace, maintenant, dans le noir, le sol allait peut-être disparaître et nous ne serions plus capables de dire où cette nacelle nous emmenait. Peut-être qu’on reviendrait. Peut-être pas ». 

Peu après leur retour à la maison avec Franck, celui-ci annonce tout simplement à Adèle et son fils qu’il s’est échappé de l’hôpital de la prison où il venait d’être opéré de l’appendicite et qu’il s’est blessé en sautant par la fenêtre. Mais il ne leur fera aucun mal, et au contraire, il leur offre ses services pour réparer tout ce qui a besoin de l’être dans la maison.

Le huis clos commence, pendant le dernier week-end avant la rentrée des classes. Dehors, l’atmosphère caniculaire est étouffante, mais dans la maison, elle devient d’abord légère…

J’ai beaucoup aimé ce roman, et toute l’humanité qu’il contient. Les personnages sont des êtres malmenés par la vie, dont le point commun est de ne rechercher qu’une chose, l’amour au sein d’une vraie famille. Ils sont calmes et justes, même s’ils souffrent, et ne se rebellent pas, cherchant au contraire à contourner ce qui a fait leur malheur. Joyce Maynard excelle à décrire les relations familiales de ce trio improbable, et saupoudre le tout d’une pointe de suspense, avec toujours beaucoup d’espoir et d’optimisme malgré les circonstances.

Long week-end, Joyce Maynard, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain, Editions 10/18 n°4411, avril 2013, 252 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois américain chez Titine

america

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15 réflexions sur “Long week-end, de Joyce Maynard

  1. Oh je l’ai terminé la semaine passée, après avoir lu ‘ »L’homme de la montagne »! Un bon moment de lecture, livre lu d’une traite, impossible à lâcher. j’ai bien aimé la naïveté du garçon, sa façon de voir les choses, le changement dans sa vie et dans sa famille, la superbe relation qui le lie à sa maman, mais le côté « romance » m’a un tout petit peu moins emballée. Mon billet va bientôt suivre.

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  2. Pingback: Le mois américain – Récapitulatif | Plaisirs à cultiver

  3. J’avais beaucoup aimé ce roman que je trouve très fin dans l’analyse des trois personnages. J’avais eu la chance d’assister à la projection du film avec Joyce Maynard et elle est effectivement d’un grand optimisme.

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  4. Déjà lu des chroniques de ce roman, et entendu parler du film (qui me fait bien envie aussi #KateWinsletPower) : il FAUT que je me le procure 😉 Accessoirement, je découvrirais ainsi une nouvelle auteure…

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