Un hiver à Paris, de Jean-Philippe Blondel

un hiver à Paris, pocheEn septembre 1984, Victor, jeune provincial, entame sa deuxième année de classes préparatoires littéraires à Paris. Le première année fut difficile, il n’était pas parmi les meilleurs, mais il réussit à être de ceux qui furent autorisés à passer en khâgne dans le même établissement prestigieux, le lycée D. Assez solitaire, Victor ne s’était pas fait d’ami en hypokhâgne, où il se sentait décalé par rapport à la majorité des autres étudiants, parisiens et issus de milieux sociaux beaucoup plus favorisés que le sien, culturellement notamment.

Un mois et demi après la rentrée en khâgne, Victor décide, pour fêter son anniversaire, d’inviter Matthieu à dîner. Elève en première année, originaire de province également, Matthieu se retrouve dans la même situation que le narrateur un an plus tôt. C’est sans doute ce qui les rapproche, mais leur amitié naissante ne consiste qu’à échanger quelques mots à l’intercours.

Peu après, le drame se produit : incapable de résister à la pression, Mattieu se suicide.  Victor devient populaire au sein de son lycée, à cause de la mort de Matthieu précisément. La vie de Victor change alors totalement.

Pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui n’ont pas encore découvert « Un hiver à Paris« ,  je n’en révèlerai pas davantage, sinon que ce roman m’a beaucoup touchée, principalement parce que je suivais les mêmes études que le narrateur au même moment, non pas à Paris, mais en province. J’ai donc retrouvé beaucoup d’éléments de l’époque, parfaitement restituée par l’auteur.

Néanmoins, si l’ambiance de compétition existait bel et bien dans mon lycée, elle était loin d’être aussi terrible qu’au sein du Lycée D. décrit par Jean-Philippe Blondel. Peut-être existait-il une grande différence entre Paris et la province ? Ou n’ai-je pas ressenti les classes préparatoires comme un lieu d’humiliation ? Je n’y ai en tout cas rencontré aucun professeur aussi odieux que Clauzet peut l’être dans « Un hiver à Paris », bien au contraire. Et si les élèves les plus « faibles » étaient « éliminés », c’est simplement parce que le rythme de travail ne leur convenait pas et qu’ils abandonnaient d’eux-mêmes les cours pour choisir une autre voie.

Le reste du roman, qui se déroule sur la côte atlantique, m’a un peu moins captivée, notamment en ce qui concerne le développement d’une amitié entre Victor et le père de Mathieu. Pour autant, j’ai dévoré « Un hiver à Paris » en une –longue- soirée. Ce roman d’initiation pose avec sensibilité la question des choix que l’on fait, de la difficile adaptation à un milieu social qui n’est pas le nôtre. Je ne connaissais pas Jean-Philippe Blondel, mais c’est un auteur que j’espère retrouver rapidement !

 

Un hiver à Paris, Jean-Philippe Blondel, Pocket n°16441, Paris, janvier 2016.

 

 

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24 réflexions sur “Un hiver à Paris, de Jean-Philippe Blondel

      • je me suis acheté dans la foulée 06h41 mais je ne l’ai pas encore lu mais ça va venir.
        je me suis prise de passion pour Philippe Claudel en lisant « Le rapport de Brodeck » et depuis je dévore ce qu’il écrit… je mets une option sur « …l’arbre Toraja »
        avec Claudel même topo j’en ai acheté 3 après avoir lu les critiques des Babeliotes et j’ai mis 3 ans pour commencer!!!!! c’est mon défaut de boulimique de livres (et d’achats de livres au moment des soldes…

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      • Et oui, je suis comme toi : on a souvent les yeux plus gros que le ventre … ou que le cerveau, dans ce domaine! J’ai beaucoup aimé aussi « Le rapport de Brodeck », « les âmes grises » et « La petite fille de monsieur Linh ». Mais je ne connais pas 6h41, je vais me renseigner.

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  1. ah, je dois essayer ça! Moi aussi j’ai fait hypokhâgne et khâgne, à Dijon. Les profs n’étaient pas tendres et nous rappelaient souvent que nous étions tous des nuls. Presque tous les élèves sont passés par une crise de nerfs la 1ère année.
    Je me souviens du choc initial à la première version d’anglais où tant ont reçu une note négative!! Avant hypokhâgne, personne n’avait même imaginé qu’il pouvait y avoir pire que 0!! Avec mon 9/20, j’étais une des meilleures, mdr!!

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    • Oui, c’est vrai, nous avons tous eu des notes négatives en version latine, mais après ce premier choc, je garde de bons souvenirs. On apprend à se dépasser et quand on atteint la moyenne, puis des 11, 12, 13 en fin d’année, on est tellement heureux…! J’ai le souvenir de profs très exigeants, mais justes. J’ai dû avoir de la chance, car nous étions un petit groupe d’amis assez soudés et cela a dû beaucoup m’aider. Ou alors, ma mémoire est sélective… En tout cas, je te conseille ce roman.

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  2. Contente de te retrouver !
    Ah les classes prépas, ça fournit toujours du matériau pour les romans 😉 Je n’en ai pas suivi pour ma part, mais j’ai toujours entendu l’un ou l’autre son de cloche à leur propos : c’est un univers impitoyable qui fait tomber en dépression tout le monde, ou bien, c’est dur mais on se serre les coudes et on se fait des amis pour la vie.
    En tout cas je note ce titre car je n’ai jamais rien lu de cet auteur et celui-ci m’intrigue.

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    • Bonjour Ellettres ! C’est vrai que, concernant les prépas, il y a souvent deux types de « ressenti », et pour moi, ce fut plutôt le second, et j’en garde de très bons souvenirs. Quant à Blondel, j’ai lu beaucoup d’avis positifs. Je vais donc poursuivre ma découverte de cet auteur.

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