De là, on voit la mer, Philippe Besson.

De là on voit la merLouise est écrivain et se retranche dans une villa en Toscane pour « écrire le livre ». Mariée depuis dix ans à François, elle part régulièrement, se coupe du monde et de son mari pour écrire. Habitué, il accepte et l’attend à Paris.

Mais cette fois, Louise rencontre un jeune homme, le fils de la gouvernante qui chaque jour vient nettoyer la villa, apporter quelques courses, préparer les repas. Entre Louise et Luca, les choses se font naturellement, presque fortuitement même, sans questionnement ni réflexion.

Jusque là, l’écriture de Philippe Besson m’est apparue à la fois nette et distanciée : des phrases courtes, des précisions qui s’ajoutent petit à petit, parfois des répétitions pour insister et évoquer finalement une atmosphère où la chaleur et l’attente se conjuguent;  autant d’éléments qui m’ont rappelé « Les petits chevaux de Tarquinia » de Marguerite Duras. « Elle écrit le livre » … « elle est toute entière dans cette occupation, dans l’invention quotidienne des phrases, dans la progression de l’histoire »… « Donc elle écrit dans la chaleur épouvantable d’un été toscan qui ne veut pas mourir »…

Mais bien vite, le rythme change. L’acte II -sommes-nous au théâtre ?-  vient bouleverser la langueur du récit. C’est l’accident du mari, le retour à Paris, le coma, puis rapidement l’aveu. Les chapitres que j’ai préférés et relus d’ailleurs, développent le dialogue entre les époux, et leur analyse paragraphe après paragraphe; parce que se cachent tant de choses derrière un « oui », un adjectif…

Philippe Besson fait d’une histoire banale, avec le mari, la femme et l’amant, un récit original et envoûtant, où la femme ne s’encombre pas de sentiments, à première vue du moins, et où elle assume son égoïsme jusqu’au bout, jusqu’à trouver enfin sa place dans le monde.

 

De là, on voit la mer, Philippe Besson, 10/18 , Paris, 2014, 192 p.

 

 

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13 réflexions sur “De là, on voit la mer, Philippe Besson.

  1. Je suis un peu hésitante. J’ai peur que l’histoire soit un peu trop banale, même si ce que tu dis donne tout de même un peu envie de le lire. J’irai voir d’autres chroniques sur ce livre. Je n’ai pas encore lu cet auteur. J’en ai un dans ma PAL. Je lirai d’abord celui que j’ai pour voir si l’écriture de Besson me plaît.

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  2. j’ai beaucoup aimé ce livre. je suis « fan » de Patrick Besson, dont j’apprécie beaucoup la sensibilité, (très proche de la mienne sûrement) l’écriture et ce côté envoûtant. il y a des livres que j’apprécie davantage comme chez tout auteur mais il sait toujours me toucher…

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    • J’aime aussi beaucoup l’écriture de Besson, qui est très efficace et masculine, d’après ce que j’en ressens du moins, mais elle peut avoir un côté très froid, comme dans « La maison atlantique » je trouve. C’est un auteur que j’apprécie également.

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      • en fait, je trouve sa sensibilité plutôt féminine, c’est drôle… peut-être parce que je me sens proche de ce qu’il écrit.
        récemment j’ai bien aimé « Les passants de Lisbonne » mais, j’ai mis un petit bémol par rapport aux autres romans.
        j’aimerais bien avoir ton avis sur son dernier livre…

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      • Je vais essayer de le lire, mais pour le moment je suis un peu dépassée, et après les derniers événements à Bxl, j’ai du mal à me concentrer… En plus mon programme est très chargé, mais je le note !

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  3. C’est un auteur que j’ai juste approché avec Vivre vite, mais j’ai adoré ce roman! Et puis, il me semble tellement sympathique… Je vais lire ses autres romans, c’est certain! Je ne connaissais pas ce titre donc ton bille tombe à pic 😉

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    • C’est celui sur James Dean, il me semble ? Le thème ne m’intéressait pas trop, mais c’est peut-être une erreur. J’ai lu aussi « La maison atlantique » que je vais chroniquer bientôt, mais il est beaucoup plus froid, même s’il est redoutablement efficace. Le thème est différent, il est vrai.

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      • Il retrace la vie de James Dean en effet, sous un roman choral. Il est d’une grande sensibilité, beaucoup d’admiration pour ce personnage, et des moments émouvants. j’ai succombé à son écriture et à sa sensibilité! J’attends ton avis sur « La maison atlantique », que j’avais en ligne de mire.

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