L’enfant du lac, de Kate Morton

L'enfant du lacComme chaque année, la famille Edevane fête le solstice d’été et reçoit pour l’occasion de nombreux invités autour du lac, dans le magnifique parc de son manoir des Cornouailles, le beau Loeanneth. A la fête succède la stupeur : le petit dernier, Théo, âgée de onze mois seulement, a disparu de la nurserie. Les recherches que la police entreprend aussitôt restent vaines, et rapidement, la famille Edevane quitte cet endroit somptueux mais désormais maudit, pour s’installer à Londres.

Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice de police, est contrainte de se mettre en congé car elle a commis une grave erreur en parlant à la presse, au cours d’une enquête dans laquelle elle n’était pas d’accord avec ses supérieurs. Sadie se rend chez son grand-père Bertie, qui s’est installé dans les Cornouailles après le décès de son épouse. C’est là que Sadie entend parler de l’affaire Edevane, restée sans solution, et qu’elle décide d’en savoir un peu plus. Déformation professionnelle sans doute, mais pas seulement, car l’histoire du petit Théo éveille en Sadie des échos douloureux, comme toutes les enquêtes qu’elle a menées au sujet d’enfants disparus ou abandonnés.

Au même moment, à Londres, Alice, auteur à succès de romans policiers, s’interroge sur son dernier roman qu’elle peine à terminer. A presque quatre-vingt-dix ans, Alice est toujours en grande forme, mais elle se sent inquiète depuis quelques temps. Elle est heureusement secondée par Peter, son assistant, qui est en train de créer un site internet à la demande de l’éditeur d’Alice. Un travail difficile pour lui, car il doit rechercher de nombreux détails biographiques dans la presse, puisque Alice refuse obstinément de lui parler d’elle-même et de ses sentiments.

On aura compris que ces personnages vont se croiser : Alice est en effet l’une des trois sœurs aînées du petit Théo disparu en 1933. Dès le prologue, Kate Morton nous propose une scène où la jeune Alice enterre quelque chose à l’aube, au fond d’un bois, au sein du domaine de Loeanneth : quel rôle Alice a-t-elle joué dans la disparition de Théo ? Ses œuvres contiennent-elles des indices de ce qui s’est passé il y a soixante-dix ans ?

La jeune inspectrice, Sadie Sparrow, se lance passionnément sur la trace de la famille Edevane dont on découvre peu à peu l’histoire. La grand-mère Constance, si méchante ; sa fille Eleanor, jeune maman adorable, très amoureuse de son mari Anthony, et qui devient, après le retour d’Anthony de la Grande Guerre, celle que ses filles nommeront désormais la Mère, une femme distante, méconnaissable ; Alice, l’écrivain à l’inspiration inépuisable, d’abord réticente à ce que Sadie remue le passé. Autant de personnages attachants, qui cachent pudiquement des secrets douloureux, tout comme Sadie Sparrow d’ailleurs.

Kate Morton avance à petits pas, distillant des éléments qui prennent peu à peu leur place dans l’histoire de la famille Edevane. La construction du roman, constitué d’allers et retours entre 1933 et 2003, nous maintien en haleine jusqu’au bout. L’auteur réussit avec brio davantage qu’un roman policier, une véritable saga familiale à suspense s’étalant sur tout le vingtième siècle. Un très bon divertissement qui sera parfait pour les vacances !

Je ne connaissais pas Kate Morton, jeune auteure australienne qui en est déjà à son cinquième roman, et c’est avec plaisir que je l’ai découverte grâce à Babelio et aux éditions Presses de la cité que je remercie pour leur envoi.

 

L’enfant du lac, Kate Morton, traduit de l’anglais (Australie) par Anne-Sylvie Homassel, Presses de la cité, Paris, avril 2016, 638 p.

 

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27 réflexions sur “L’enfant du lac, de Kate Morton

    • C’est une découverte : j’ai eu un peu peur qu’il s’agisse d’un roman à l’eau de rose, mais j’ai été agréablement surprise. Certes, ce n’est pas de la grande littérature. Mais c’est un roman très prenant, bien écrit, sans prétention, parfait pour la détente !

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      • c’est exactement ce qui me fait peur quand il y a un tel engouement pour un livre sur les réseaux sociaux.
        par exemple grosse déception avec « l’île des oubliés » donc je redoute toujours une bluette…

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      • C’est vrai, en fait il ne faut pas trop en attendre. C’est comme pour les films dont on a beaucoup entendu parler. C’est pourquoi je réfléchis à une nouvelle classification, pour certains livres qui sont très bons, mais dans leur genre. Ainsi, on peut apprécier un livre « feel-good » parce qu’il correspondait à un besoin du moment, ou parce qu’il est particulièrement bon dans sa catégorie. Je préfère évidemment la vraie littérature, mais je ne dédaigne pas le reste, pourvu qu’un minimum de critères soient respectés. Ici, en ce qui concerne Kate Morton, ce n’est pas de la littérature, mais c’est prenant et divertissant. J’ai passé un bon moment…

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      • je pense que tu as raison, il y a
        ce que j’appelle les « livres doudous » ils font du bien à une période particulière de notre vie, notamment les moments de grande fatigue où l’on a besoin de mettre les neurones au repos.
        finalement la notation correspond au plaisir au temps T donc parfois difficile à évaluer..

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  1. je suis heureuse pour toi que tu aies découvert Kate Morton, une de mes auteurs préférées en fait. Tous ses livres (jje les ai tous présentés sur mon blog) suivent le même genre de structure, sans se ressembler pourtant. Le meilleur à mon avis est The Forgotten Garden (Le Jardin des secrets), extraordinaire

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    • En effet, il fait passer un bon moment. Mais ce n’est pas tout à fait un polar, même s’il y a deux enquêtes et du suspens. Les aspects familial, historique, sentimental (au sens des relations entre les individus) prennent le dessus à mon avis.

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  2. L’intrigue a l’air passionnante ! Pile le genre d’histoire qui me plaît. Un peu comme les romans de Robert Goddard, qui déterrent des secrets de famille enfouis le long des événements du XXe siècle. Et récemment j’ai lu un roman qui raconte aussi une histoire de disparu, un enquêteur qui enquête sur des événements du passé (les années 1940)… C’est « étranges rivages » d’Arnaldur Indridasson, tu connais l’auteur ? En tout cas je note Kate Morton.

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    • Je ne connais pas Robert Goddard, ni beaucoup d’auteurs anglophones, non par goût mais par manque de temps. Que me conseillerais-tu de lui ?
      En ce qui concerne Indridason, j’aime beaucoup. J’ai lu plusieurs de ses polars, notamment « L’homme du lac » que j’ai beaucoup aimé, dont je n’ai jamais publié la chronique qui était pourtant prête. Merci de m’y faire penser, je vais la publier bientôt.
      J’ai également lu « Le livre du roi » de cet auteur : un sujet passionnant, mais au final un roman d’aventures qui paraît un peu baclé. Malgré ces bémols, c’est un bon divertissement pour qui s’intéresse à l’Islande et son histoire. Tu peux trouver mon avis ici.

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  3. De Robert Goddard je te conseillerais « Par un matin d’automne » mais j’ai beaucoup aimé « Le secet d’Edwin Strafford » également. Je file lire ta chronique !

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