Belgravia, de Julian Fellowes

belgravia-julian-fellowesLe roman s’ouvre à Bruxelles en 1815 sur le grand bal donné par la duchesse de Richmonds. Il s’agit pour elle de réunir la haute société anglaise, et notamment les nombreux réservistes basés à Bruxelles pour protéger la ville face à une possible invasion de Napoléon Bonaparte. La famille de Richmonds s’était elle-même établie à Bruxelles pour montrer sa solidarité avec le duc de Wellington qui y avait installé son QG, mais aussi pour faire des économies, loin des tentations londoniennes. Les temps étaient en effet difficiles, mais pas assez cependant pour renoncer à ce genre de festivités !

Au début du bal, la duchesse est interloquée de voir qu’elle a invité, par l’entremise de son neveu, M. James Trenchard, principal fournisseur de Wellington, qui n’est pour elle qu’un simple « épicier ». Lord Edmund Bellasis, le neveu de la duchesse de Richmonds, n’avait en réalité d’yeux que pour la fille de Trenchard, la belle Sophia, à qui il avait fourni trois invitations, pour elle et ses parents.

Le bal se déroule sans autre déconvenue pour la duchesse, jusqu’au moment où l’on apprend que Napoléon approche dangereusement de Bruxelles. Wellington se prépare à partir pour arrêter les Français du côté de Waterloo, tout comme les nombreux officiers présents au bal, qui commencent à faire leurs adieux à leurs proches. M. et Mme Trenchard retrouvent leur fille Sophia pleurant à chaudes larmes dans les bras du jeune Edmund qui doit lui aussi participer à la bataille désormais inévitable.

Dès le deuxième chapitre, l’auteur nous emmène en 1941, à Londres. La famille Trenchard est devenue très riche et participe à certains « thés d’après-midi » de l’aristocratie. Elle est en effet reçue dans de « grandes maisons » mais n’est pas considérée comme leur égale. Au cours d’une de ces réceptions, Anne Trenchard  rencontre  la vieille duchesse Richmonds, organisatrice du bal de Bruxelles devenu légendaire, et lui apprend que sa fille Sophia est décédée peu de temps après le neveu de la duchesse Lord Edmund Bellasis, tué dans la bataille. La duchesse laisse échapper que sa famille était inquiète d’une possible relation entre Edmund et Sophia, alors impossible à envisager en raison des origines sociales différentes des amoureux. La mère de Lord Edmund, Lady Brockenhurst est présente également, et Anne Trenchard fait sa connaissance. Les deux mères auront bientôt beaucoup à se dire, notamment à propos de Charles Pope, le brillant fils d’un révérend de la campagne, monté à Londres pour faire fortune à la City.

Le bandeau de couverture de « Belgravia » nous rappelle que Julian Fellowes est l’auteur de « Downton Abbey » : de quoi attirer les fans de la série dont je fais partie. Mais en commençant « Belgravia », je pensais surtout retrouver les ingrédients du précédent roman de Julian Fellowes,  « Passé imparfait », appliqués à une autre période de l’histoire.

« Belgravia » tient sans doute davantage de « Downton Abbey » que de « Passé imparfait ». En effet, comme dans la série, l’auteur s’intéresse ici principalement à la vie privée des personnages et à l’exploration de leurs sentiments, même si dans « Belgravia », il est beaucoup moins question de la vie des domestiques que dans « Downton Abbey». Au contraire, dans « Belgravia », ce sont les relations difficiles entre une famille aristocrate et une famille de nouveaux riches qui a réussi dans le commerce, et les amours contrariées qui en découlent, qui sont au centre de l’intrigue.

Ce qui m’a manqué ici, c’est un peu de la profondeur qui existait dans  le roman « Passé imparfait » : on se souvient que Julian Fellowes s’interrogeait sur les souvenirs, leur subjectivité, sur le temps qui passe et la nostalgie qui l’accompagne. « Belgravia » est donc un roman agréable à lire, mais pas indispensable. L’auteur se cantonne-t-il à appliquer une recette qui marche à une autre période ? On a en tout cas l’impression qu’il a moins à dire sur le sujet et s’en tient à une simple histoire très romanesque. Je ne regrette donc pas d’avoir emprunté ce roman en bibliothèque et d’avoir préféré, pour mes achats, d’autres romans de la rentrée littéraire. Je vous conseille de faire de même, ou d’attendre sa sortie en poche…

Belgravia, Julian Fellowes, Traduit de l’anglais par Valérie Rosier et Carole Delporte, JC Lattès,  juin 2016, 476 p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge 1% de la Rentrée littéraire 2016

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11 réflexions sur “Belgravia, de Julian Fellowes

    • Alors, je pense qu’il ne faut pas trop en attendre. « Belgravia » m’a juste semblé être romanesque et divertissant. « Passé imparfait » au contraire est plus fouillé, il y a plus de réflexion, de profondeur. Mais ce sont deux périodes historiques différentes, après, c’est une question de goût…

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    • Alors, si tu n’as rien lu de lui, je pense que « Passé imparfait » est bien meilleur. J’ai été un peu déçue par « Belgravia », ou alors, il faut le prendre comme un roman facile et divertissant et ne pas en attendre trop. Je te conseille aussi de lire d’autres avis…
      PS : je viens de voir le tout dernier épisode de « Downton Abbey », dommage que cela soit déjà fini !

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  1. Aïe ! C’est une lecture en demi-teinte ! Il est dans ma liseuse alors je le lirai quand même mais je vais y aller sans en attendre une grande lecture.

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    • Oui, mon avis est mitigé, même si j’y ai pris du plaisir. Je l’ai trouvé un peu trop romanesque, manquant de profondeur. Je m’attendais à mieux. Je crois donc que le lire sans en attendre beaucoup est la meilleure chose à faire pour ne pas être déçue. Je lirai ton avis avec intérêt.

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