Archive | octobre 2017

Là où l’histoire se termine, Alessandro Piperno

C’est le premier roman d’Alessandro Piperno que je lis et il est vrai que j’en attendais beaucoup, de par les critiques que j’avais lues au sujet de cet auteur. L’impression est pourtant mitigée : intéressant, le roman l’est par de nombreux côtés, notamment par la peinture qu’il offre d’une classe supérieure décadente, incapable de donner un nouveau souffle à sa vie. Mais pendant les trois quarts du roman, on se demande où l’auteur nous emmène et cela m’a paru un peu long. D’autant qu’il est difficile d’éprouver de la sympathie pour les personnages.

En effet, qu’il s’agisse de Matteo que l’on ne peut que détester, de ses enfants que l’on comprend pourtant dans leur refus de faire la paix avec leur père, mais dont le comportement superficiel est plus que discutable, de l’amitié trouble de Martina avec sa belle-sœur et amie, de son mariage (comment une fille de ce milieu a-t-elle pu se marier si jeune, sans conviction ?), des beaux-parents ou même de Lorenzo, il est difficile de s’attacher aux personnages. Il n’y a guère que pour Federica, l’épouse officielle de Matteo, que j’aie éprouvé quelque chose, mais il s’agissait plutôt de pitié…

La famille élargie dans laquelle nous entrons n’a en commun que Matteo, père bigame, voire polygame, qui a quitté l’Italie quinze ans auparavant pour échapper à de nombreuses dettes, abandonnant au passage femme et enfants.  De retour au pays, il espère renouer avec sa famille, mais à part Federica, prête à passer l’éponge (pour de mauvaises raisons), personne ne s’intéresse à Matteo dont le roman parle finalement très peu. Quant aux autres personnages, ils sont tourmentés, et l’on aimerait que l’auteur nous en dise davantage sur leur histoire, leur ressenti, les raisons profondes.

En s’intéressant à tous, Alessandro Piperno ne s’attache à personne en particulier et c’est un peu frustrant. Des souvenirs sont évoqués, certes, mais il m’a semblé que le portrait psychologique de chacun manquait de profondeur. C’est le cas dans de nombreux romans qui fonctionnent très bien, mais le sujet aurait mérité que l’on approfondisse, d’autant qu’il ne se passe rien jusqu’à quelques pages de la fin du roman.

C’est en effet « là où l’histoire se termine » que le roman prend son sens, devant l’ampleur de la catastrophe à laquelle le lecteur ne pouvait s’attendre. Il peut alors interpréter de différentes façons la vie des personnages, ou alors ne pas chercher d’explications et s’en tenir à la question de savoir si la vie n’est qu’une farce dans laquelle chacun se débat… Chacun choisira ! Le cynisme qui se dégage de ce roman n’est pas forcément négatif, il dérange certes, mais interpelle aussi.

Là où l’histoire se termine, Alessandro Piperno, Editions Liana-Levi, Paris, août 2017, 297 p.

 

Challenge 1% de la rentrée littéraire 2017, semaine italienne chez Martine, challenge Il viaggio.

 

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Minuit sur le canal San Boldo, Donna Leon

Très au fait des problèmes de logement à Venise, la Comtesse Lando-Continui, grande amie de la belle-mère du commissaire Brunetti, recherche des fonds afin de financer la rénovation d’appartements qui seront ensuite loués à des prix modiques à de jeunes couples vénitiens. Au cours d’une des soirées de gala consacrées à cette œuvre, elle demande à Brunetti de passer la voir prochainement pour lui faire part d’une question qui la taraude depuis des années.

Suite à cette rencontre, le commissaire accepte d’enquêter sur l’accident qui est arrivé quinze ans auparavant à Manuela, la petite-fille de la comtesse. Tombée dans un canal, Manuela a été sauvée in extremis, mais a gardé des séquelles irréversibles : la jeune femme d’une trentaine d’années a l’âge mental d’une fillette de sept ans. La grand-mère de Manuela est persuadée qu’il s’agit d’un crime et non d’un simple accident et elle veut connaître la vérité avant de mourir.

Brunetti n’est pas seulement ému par cette demande. Son instinct le pousse à demander la réouverture de l’enquête et c’est rapidement chose faite, grâce à l’aide d’Ellettra (vraie magicienne quand il s’agit d’accéder à des informations essentielles pour l’enquête, sans attendre les autorisations administratives nécessaires) et de Claudia Griffoni, la collègue de Brunetti, également très efficace.

Je ne vous en dirai pas davantage sur l’enquête elle-même sinon que l’on y retrouve les ingrédients qui font la saveur des romans de Donna Leon : l’humanité du commissaire Brunetti, la détermination d’Ellettra, la vanité de Patta, le supérieur hiérarchique de Brunetti, la malhonnêteté de Scarpa et la bonhommie de Viannello, bien que moins présent dans cette enquête, sans oublier l’intelligence discrète de Paola.

Et puis, bien sûr, le personnage sans doute le plus important des romans policiers de Donna Leon, Venise, ville sur laquelle Brunetti s’émerveille toujours autant : le commissaire partage son amour pour certains lieux de Venise, comme la magnifique Chiesa dei Miracoli ou le Campo San Giacomo dell’Orio dans le quartier Santa Croce. Pour autant, le commissaire ne manque pas de s’interroger sur l’avenir de Venise : « est-ce que les gens, ailleurs, passaient leur temps à parler de leur ville ? ». Les préoccupations évoquées sont brûlantes d’actualité : la présence des migrants, la montée de la Ligue du Nord, la fuite vers le continent de jeunes vénitiens en raison de l’embourgeoisement de quartiers autrefois populaires, dans une ville qui est toute entière dédiée au tourisme…

Pour sa vingt-cinquième enquête, Brunetti est à la hauteur et comme ses fidèles lecteurs, j’espère le retrouver encore de nombreuses fois…

Minuit sur le canal San Boldo, Donna Leon, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy, septembre 2017, 339 p.

 

Retrouvez les avis des autres participantes à cette lecture commune:

-Eimelle.

Martine

 

Lecture commune dans le cadre de la semaine italienne chez Martine. 8ème participation au challenge de la rentrée littéraire 2017. Participation au challenge vénitien et au challenge Polars et thrillers chez Sharon.

La ferme (vue de nuit), Anne-Frédérique Rochat

Par une chaude après-midi d’été, Annie retourne à la ferme, cet endroit difficile d’accès, loin de la ville, que l’on ne gagne qu’après avoir peiné à monter le « grand escalier » sous un soleil harassant. Annie ne sait pas pourquoi elle a entrepris ce chemin qui la ramène quinze ans en arrière, vers son grand amour d’alors. Il a suffi d’une carte blanche, sans aucun mot, glissée dans une enveloppe par Etienne, et Annie a accouru. Sans doute parce que la plaie n’était pas refermée.

La ferme n’en est pas une ; c’est au contraire une grande maison moderne, aux larges baies vitrées ouvertes sur la forêt. Elle est un peu décrépie maintenant, après quinze ans. D’ailleurs, Annie ne s’y était jamais sentie bien : trop peu d’intimité, l’impression d’être épiée en permanence, le besoin insatisfait d’un cocon le soir venant. Etienne non plus n’était pas parfait : maniaque, peu tolérant, exclusif. Le portrait en creux qui se dessine au fur et à mesure des petites révélations d’Annie est peu flatteur. Mais elle l’aimait et lui était fou d’elle mais pas cependant au point de faire des sacrifices. Ni d’accepter de fonder une famille.

Alors, un jour, Annie est partie. Fatiguée de devoir renoncer à être elle-même et pourtant si malheureuse de quitter les bras rassurants d’Etienne. Aujourd’hui de retour, elle se demande si elle va pouvoir donner une seconde chance à cet amour, comme si c’était de sa faute, ou si lui a changé. Elle a envie d’y croire, d’être naïve peut-être, mais d’espérer.

Anne-Frédérique Rochat nous offre une histoire très sensible, très belle. Etienne est-il un homme entier ou est-il simplement égoïste ? Que recherchent-ils tous les deux dans l’amour ? Ont-ils projeté leur vision du couple sur l’autre ? Quelle est la perception que chacun a de l’amour et celle-ci est-elle bien proche de la réalité ?  Autant de questions sur le couple, sur l’amour, et sur différents thèmes qui lui sont liés, comme la solitude, la maternité, le temps qui passe, que l’auteur traite avec poésie en créant un univers très particulier.

L’atmosphère, née de l’écriture et de l’étrangeté des lieux décrits, -une maison ouverte sur la nature, dans laquelle on vit en huis clos, la présence d’un lama au comportement presque humain, -confère un véritable charme à ce roman. L’angoisse n’est jamais loin, et parfois elle pourrait céder la place à la colère face à la résistance d’Etienne et pourtant on ne ressent qu’une légère tristesse, une douceur, l’impression de quelque chose d’inéluctable. Une incompréhension qui ne s’explique pas, comme dans tant d’histoires amoureuses.

« La ferme (vue de nuit) » est une belle découverte et je remercie Babelio (Masse critique) et les Editions Luce Wilquin de m’avoir envoyé ce roman.

 

La ferme (vue de nuit), Anne-Frédérique Rochat, Editions Luce Wilquin, Août 2017, 197 p.

 

7ème participation au Challenge 1% de la rentrée littéraire 2017

 

 

 

 

Une journée d’Ivan Denissovitch, Alexandre Soljenitsyne

 

Pendant la guerre froide, Alexandre Soljenitsyne fut l’un des dissidents russes les plus connus dans le monde occidental. Deux de ses livres y furent d’ailleurs publiés, puis il obtint en 1970 le Prix Nobel de littérature. En 1973, parut en France L’archipel du goulag, dans lequel Soljenitsyne dénonçait la répression soviétique. L’auteur fut alors déchu de sa nationalité russe et expulsé. Installé en Suisse, puis aux Etats-Unis, il ne rentrera dans son pays qu’après la chute de l’URSS, et y mourra en 2008.

Mais avant d’être connu en occident, Alexandre Soljenitsyne avait publié en 1962, en URSS même, un petit roman accepté par la censure de Khrouchtchev, lequel avait vu dans la dénonciation des abus de Staline, concernant en l’occurrence les camps de travaux forcés, la possibilité de montrer qu’il prenait quant à lui un virage modéré.

Dans Une journée d’Ivan Denissovitch, Soljenitsyne nous plonge en effet dans le quotidien de Choukhov, un « zek », nom donné aux prisonniers des camps de travaux forcés dans les années cinquante. On y découvre toute l’horreur des camps de concentration de l’époque stalinienne, au cours d’un récit qui accompagne Choukhov et les autres zeks de sa brigade, de leur lever, à 5 heures du matin, jusqu’à leur coucher vers 22 heures, au terme d’une longue et éprouvante journée de travaux de construction, dehors, par moins 29°!

Dans ce récit, Soljenitsyne a choisi pour héros un homme simple et bon mais néanmoins débrouillard; Choukhov s’en sort malgré tout. En silence, il résiste. Toute son attention est tendue vers un seul objectif : se nourrir. Il tire ainsi quelques instants de bonheur de ce qui n’est plus rien pour nous, quelques dizaines de grammes de pain supplémentaires. Son quotidien si difficile est fait de petites victoires, comme obtenir un bol de soupe claire en plus. Il se réchauffe en travaillant et arrive même à y prendre un peu de plaisir. Un quotidien où l’acte de vivre, seulement vivre, est héroïque !

Choukhov a été inspiré à Soljenitsyne par un soldat qu’il avait côtoyé pendant la guerre. Les autres personnages sont quant à eux bien réels et sont des prisonniers avec lesquels l’auteur a vécu, lors de sa détention au sein d’un camp spécial où il a travaillé comme maçon. Car Soljenitsyne a lui-même purgé huit ans de détention et trois ans de relégation, pour avoir « prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami » (note de l’éditeur).

Un texte à ne surtout pas manquer.

Coup de coeur !

 

Une journée d’Ivan Denissovitch, Alexandre Soljenitsyne, traduit du russe par Lucia et Jean Cathala, Robert Laffont, Pavillons poche, Paris, 2010, 228p.

 

Participation au challenge Objectif PAL 2017

Blogoclub, écrivains-voyageurs : le résultat des votes

Le livre retenu pour notre prochain rendez-vous du Blogoclub, consacré aux écrivains-voyageurs, est :

 

Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson.

 

Voici les références du livre en format de poche :

Dans les forêts de Sibérie, février – juillet 2010.
Collection Folio (n° 5586)
Parution : 26-04-2013
Ou encore, en version audio :
 Merci à tous ceux qui ont participé en proposant leurs suggestions et en votant !  Les nouveaux membres sont les bienvenus et vous pouvez toujours vous inscrire par mail à l’adresse suivante : lecturecommune@yahoo.fr.
On se retrouve le premier décembre, ici et chez Amandine.
Bonne lecture à tous !

L’homme qui s’envola, Antoine Bello

Walker a tout réussi : à quarante-trois ans, il dirige une entreprise florissante. Il s’entend à merveille avec son épouse Sarah. Ils ont trois enfants qui ne posent aucun problème majeur. Ils sont appréciés de leur entourage et sont heureux de vivre au Nouveau-Mexique, à Albuquerque ; dans une très belle maison, cela va de soi…

Walker ne regrette qu’une chose : ne jamais disposer de temps pour faire ce qu’il aime. Et pourtant Walker aime aller vite, il lui faut de l’action en permanence et il a développé toutes sortes de stratégies pour gagner du temps en toutes circonstances. Mais il a l’impression de ne plus rien contrôler, de se retrouver embrigadé dans un futur qui se déroule devant lui, dessiné jusque dans ses moindres détails.

Alors, bien qu’il aime sa femme, bien qu’il ne songe pas un instant à abandonner ses enfants, il joue à imaginer comment il pourrait fuir ce quotidien devenu trop pesant. Il va même jusqu’à faire des préparatifs pour organiser sa possible disparition. Cela le rassure, l’amuse et ne porte pas à conséquence. Jusqu’à ce que, poussé naturellement, de par son caractère, vers l’accomplissement de ce qu’il entreprend – il ne procrastine jamais, lui -, il en vienne à projeter son avion sur une montagne, après avoir pris soin de s’en éjecter auparavant. Tout était prêt, bien entendu, pour qu’il apparaisse évident à tous que Walker n’avait pas pu réchapper à cet horrible accident.

Walker avait bien pensé que l’assurance, contractée quelques années plus tôt afin de protéger son entreprise en cas de disparition prématurée de son patron, rechignerait à payer : les sommes en jeu sont en effet trop énormes pour qu’une enquête ne soit pas, au minimum, envisagée. Mais comble de malchance pour Walker, c’est à Nick Shepherd, un véritable génie dans son domaine, qu’il incombe de résoudre cette affaire particulièrement difficile.

Ouvrir un roman d’Antoine Bello signifie se lancer dans une aventure plus ou moins rocambolesque, toujours intelligente, au cours de laquelle on ne s’ennuie pas un instant : jusqu’à la fin, on se demande qui va gagner cette chasse à l’homme. Comme d’habitude, l’auteur nous propose un roman très bien ficelé, un thriller psychologique qui n’a pour raison d’être que l’envie d’illustrer le besoin de liberté de l’homme moderne.

Certes, « L’homme qui s’envola » pose quelques questions, mais n’a pas la prétention de vouloir y répondre. Il n’est jamais moralisateur et pousse les lecteurs, qui pourraient à juste titre se prendre à juger sévèrement Walker de son attitude irresponsable ou s’interroger sur le rôle joué par son épouse, à préférer se laisser gagner par le plaisir de l’aventure elle-même… un très bon divertissement !

 

L’homme qui s’envola, Antoine Bello, Gallimard, Paris, avril 2017, 317 p.

 

 

La fin de la solitude, Benedict Wells

 

Benedict Wells est présenté comme le jeune prodige de la littérature allemande : à trente-trois ans, il compte déjà plusieurs livres à son actif. « La fin de la solitude » est son quatrième roman, paru en 2016 en Allemagne. Les éditions Slatkine et Cie ne s’y sont pas trompées, qui en publient aujourd’hui la traduction française. Ce roman fait partie des belles surprises de la rentrée littéraire 2017.

« La fin de la solitude » est le récit d’une enfance difficile, qui avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Jules est le fils cadet d’une famille allemande de trois enfants. Chaque année, les Moreau, qui vivent à Munich, se rendent en France dans un village situé près de Montpellier, d’où le père est originaire : des racines françaises, mais qui ont peu imprégné les enfants qui se sentent étrangers et observent de loin les petits Français. Jules conserve quelques bons souvenirs de ces vacances en compagnie de son frère Marty et de sa sœur Liz, mais on sent tout de suite qu’un événement funeste plane sur la famille. Les souvenirs de France seront à jamais marqués par le drame qui, cette année-là, emporte les parents de Jules, réduisant à néant le bonheur d’une famille unie.

De retour en Allemagne, les enfants sont placés en internat. Ils sont séparés en raison de leurs différences d’âge. Pour Jules, enfant sensible, commence une période très dure, « un mélange de stupeur obscure et d’un épais brouillard, parfois traversé de brèves réminiscences ». Jules se trouve notamment marqué par le cadeau que lui avait fait son père, -un appareil photo coûteux- et plus encore par un conseil que celui-ci lui avait donné, insistant sur l’importance d’avoir « un véritable ami, une âme sœur », plus encore que de trouver l’amour.

L’enfance et l’adolescence de Jules se transforment en  quête pour trouver ce véritable ami. C’est alors qu’il rencontre Alva, jeune pensionnaire de son âge qui devient sa « famille de substitution ». Jules pense que cette amitié met définitivement un terme à sa solitude, mais les années passent et Alva s’éloigne de lui.

C’est sur un lit d’hôpital, immobilisé par un accident de moto, que Jules, la quarantaine, père de famille, fait défiler ces images du passé, et bien d’autres encore, pour tenter de répondre à une question qui le taraude : « qu’est-ce qui détermine une vie ? ».  Une plongée dans son enfance, sa vie de jeune adulte qui lui permet de trouver la sérénité, en même temps que la réponse à sa question.

Le roman de Benedict Wells est indéniablement triste et sombre, mais il est servi par une écriture lumineuse qui adoucit les coups du destin, en laissant affleurer des sentiments positifs. Jules rencontre de nombreux obstacles, son frère et sa sœur ne lui sont d’abord d’aucune aide, puis ils se rapprochent. Jules le regrette mais ne leur en tient pas grief : il comprend qu’eux aussi sont marqués par la tragédie et ont du mal à trouver leur place dans le monde.

La sensibilité de Jules, son empathie avec les autres, l’aident à surmonter des moments d’abattement profond ; à trouver « son âme sœur », comme le lui conseillait son père, même si Jules se trompe sur la nature du sentiment qu’il éprouve ; et enfin, à se forger une philosophie qui l’aidera à surmonter ce poison que représente une enfance difficile. A la fin, Jules est prêt, et nous ne doutons pas que sa vie sera désormais aussi lumineuse que sa personnalité.

« La fin de la solitude » a reçu en 2016 le Prix de littérature de l’Union européenne qui récompense les meilleurs écrivains émergents en Europe.

La fin de la solitude, Benedict Wells, traduit de l’allemand par Juliette Aubert, éditions Slatkine et Cie, Genève, août 2017, 288 p.

 

6ème participation au challenge de la rentrée littéraire chez Sophie.