Minuit sur le canal San Boldo, Donna Leon

Très au fait des problèmes de logement à Venise, la Comtesse Lando-Continui, grande amie de la belle-mère du commissaire Brunetti, recherche des fonds afin de financer la rénovation d’appartements qui seront ensuite loués à des prix modiques à de jeunes couples vénitiens. Au cours d’une des soirées de gala consacrées à cette œuvre, elle demande à Brunetti de passer la voir prochainement pour lui faire part d’une question qui la taraude depuis des années.

Suite à cette rencontre, le commissaire accepte d’enquêter sur l’accident qui est arrivé quinze ans auparavant à Manuela, la petite-fille de la comtesse. Tombée dans un canal, Manuela a été sauvée in extremis, mais a gardé des séquelles irréversibles : la jeune femme d’une trentaine d’années a l’âge mental d’une fillette de sept ans. La grand-mère de Manuela est persuadée qu’il s’agit d’un crime et non d’un simple accident et elle veut connaître la vérité avant de mourir.

Brunetti n’est pas seulement ému par cette demande. Son instinct le pousse à demander la réouverture de l’enquête et c’est rapidement chose faite, grâce à l’aide d’Ellettra (vraie magicienne quand il s’agit d’accéder à des informations essentielles pour l’enquête, sans attendre les autorisations administratives nécessaires) et de Claudia Griffoni, la collègue de Brunetti, également très efficace.

Je ne vous en dirai pas davantage sur l’enquête elle-même sinon que l’on y retrouve les ingrédients qui font la saveur des romans de Donna Leon : l’humanité du commissaire Brunetti, la détermination d’Ellettra, la vanité de Patta, le supérieur hiérarchique de Brunetti, la malhonnêteté de Scarpa et la bonhommie de Viannello, bien que moins présent dans cette enquête, sans oublier l’intelligence discrète de Paola.

Et puis, bien sûr, le personnage sans doute le plus important des romans policiers de Donna Leon, Venise, ville sur laquelle Brunetti s’émerveille toujours autant : le commissaire partage son amour pour certains lieux de Venise, comme la magnifique Chiesa dei Miracoli ou le Campo San Giacomo dell’Orio dans le quartier Santa Croce. Pour autant, le commissaire ne manque pas de s’interroger sur l’avenir de Venise : « est-ce que les gens, ailleurs, passaient leur temps à parler de leur ville ? ». Les préoccupations évoquées sont brûlantes d’actualité : la présence des migrants, la montée de la Ligue du Nord, la fuite vers le continent de jeunes vénitiens en raison de l’embourgeoisement de quartiers autrefois populaires, dans une ville qui est toute entière dédiée au tourisme…

Pour sa vingt-cinquième enquête, Brunetti est à la hauteur et comme ses fidèles lecteurs, j’espère le retrouver encore de nombreuses fois…

Minuit sur le canal San Boldo, Donna Leon, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gabriella Zimmermann, Calmann-Lévy, septembre 2017, 339 p.

 

Retrouvez les avis des autres participantes à cette lecture commune:

-Eimelle.

Martine

 

Lecture commune dans le cadre de la semaine italienne chez Martine. 8ème participation au challenge de la rentrée littéraire 2017. Participation au challenge vénitien et au challenge Polars et thrillers chez Sharon.

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6 réflexions sur “Minuit sur le canal San Boldo, Donna Leon

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