Ce qu’est l’homme, David Szalay

 

C’est un portrait de l’européen contemporain qui se dégage de ce roman qui se veut comme tel mais qui est plutôt la juxtaposition de neuf nouvelles, comme autant de tranches de vie d’hommes de notre époque. Chacun d’entre eux, de tous âges -dix-sept à soixante-treize ans-, vit une aventure, loin de chez lui. Les scènes se passent dans des hôtels, des appartements de location, des résidences secondaires… Les héros sont toujours des européens qui voyagent dans d’autres pays d’Europe.

Il y a Simon qui parcourt l’Europe en train avec son ami Ferdinand. Le voyage est un révélateur et les deux étudiants apprécient très différemment les découvertes et rencontres qu’ils font à Berlin et à Prague.

Bernard, quant à lui, est parti seul à Chypre dans un hôtel décevant ; heureusement il sympathise (et plus si affinités) avec une mère et sa fille. Mais la rencontre n’a pas grand intérêt pour lui.

Gabor emmène sa petite amie Emma à Londres pour la livrer à la prostitution. Il est accompagné par Balazs, entraîneur sportif, qui joue le rôle de garde du corps. Les deux Hongrois communiquent peu et ne dévoilent pas leurs sentiments.  Balazs passe finalement une journée avec Emma et l’apprécie sans la juger.

Un chercheur doctorant quitte l’Angleterre où il est venu pour la publication de sa thèse. Il ne s’habitue pas à l’idée que le monde puisse changer tout le temps. Le voyage est pour lui l’occasion de convoquer des souvenirs d’une enfance qui n’est pas si loin.

Karel est belge. Il se rend en Pologne avec sa petite amie polonaise qui lui annonce qu’elle est enceinte. Il veut qu’elle avorte mais elle ne s’y résoud pas. L’incommunicabilité entre les deux amoureux est totale.

Kristian, journaliste danois, n’hésite pas un instant quand il s’agit de révéler un scoop concernant la vie privée d’un ministre et d’une femme mariée. Son travail représente toute sa vie.

Murray a quitté l’Angleterre pour vivre une semi-retraite en Croatie où il n’a qu’un ami, un Hollandais timide. Murray se fait arnaquer : désabusé, sans illusion, il n’attend plus rien de la vie.

Sur son yacht, Aleksander non plus n’a plus goût à la vie : il a perdu son immense fortune et sa femme l’a quitté. Il recherche alors le moyen le plus efficace de se suicider.

Enfin, un anglais de soixante-treize ans se repose dans sa résidence secondaire en Italie. Parce qu’il est victime d’un accident, sa femme vient l’aider par devoir. Sa fille viendra ensuite, par amour. Il essaie de comprendre la perception que les hommes ont du temps qui passe.

Ces hommes ont tous en commun une fragilité, un doute, des difficultés à communiquer ou à exprimer leurs émotions. Certains sont agaçants, on aurait envie de les secouer. D’autres arrogants, gâtés par l’argent, certains sont au contraire touchants. Où qu’ils aillent, leur tristesse ou leur ennui ne les quitte pas. C’est un portrait bien sombre que nous livre l’auteur britannique David Szalay : les mâles européens se portent-ils tous aussi mal ? D’où vient leur vague-à-l’âme ? Le « roman » n’est pas dénué d’intérêt, il a d’ailleurs été finaliste du prestigieux Man Booker Prize. A éviter toutefois par une longue journée de pluie !

 

Ce qu’est l’homme, David Szalay, traduit de l’anglais par Etienne Gomez, Albin Michel, mars 2018, 547 p.

 

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel de m’avoir fait découvrir ce roman.

 

 

 

 

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