Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias.

 

D’entrée de jeu, Pino Corrias nous présente les trois personnages de son roman : Oscar Martello, producteur de cinéma prêt à tout -vraiment tout-, Andrea Serrano, scénariste un peu naïf et timide qui déguise sa lâcheté en élégance, et Jacaranda Rizzi, actrice très jolie qui a beaucoup souffert pour, peut-être un jour, réaliser son rêve…

Le pitch ? Oscar Martello a produit un film auquel il ne croit pas. Pour éviter la faillite qui le menace, il invente un stratagème destiné à doper les entrées dès que le film sera à l’affiche. Car Oscar Martello ne peut renoncer à son rêve, acheter Cinecittà et en refaire le temple du cinéma d’antan, rien que cela ! Il organise donc la disparition de l’actrice principale du film et l’envoie en compagnie d’Andrea à Paris dans un appartement qu’il vient d’acquérir. L’opération lui permettra, par la même occasion, de transférer discrètement de l’argent à l’étranger.

Mais l’intrigue peine à démarrer, l’auteur préférant nous présenter le « Supermonde », celui du cinéma, de la Jet set, qui se résume à une succession de soirées où règnent en maîtres le luxe, l’alcool et les drogues : une vie frénétique sans but, si ce n’est l’avidité, où chacun est prêt à se vendre pour une photo dans un magazine, pour un rôle dans un film. C’est une « Dolceroma » bien amère qu’il nous présente, symbole de l’ère post-berlusconienne et capitale d’un pays à la dérive.

Si l’on pense très vite au superbe film de Paolo Sorrentino, « La grande bellezza », on évitera de comparer pour ne pas rester sur notre faim. « Nous dormirons quand nous serons vieux » est la chronique amère du lancement d’un film qui nous décrit le cinéma italien contemporain comme un monde décadent et agonisant.  Et c’est à peu près tout. Pendant tout le roman, on attend quelque chose qui n’arrivera jamais : tout est prévisible, rien d’original, pas de rebondissements, les personnages correspondent à l’idée que l’on se fait d’eux. Journaliste, producteur pour la télévision, scénariste, Pino Corrias connait bien le milieu qu’il décrit. Peut-être trop ? En tout cas, le roman apporte peu au lecteur, et sera loin de figurer parmi mes favoris de cette sélection !

 

Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias, traduit de l’italien par Jacques Barbéri, Points Seuil n°P4743, février 2018, 323 p.

 

Sélection pour le Prix du Meilleur roman Points

 

 

Une réflexion sur “Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias.

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