Archive | octobre 2018

Vos idées pour le Blogoclub

 

Bonjour chers membres, chers lecteurs,

La dernière session du Blogoclub, consacrée à l’humour nord-américain (Etats-Unis et Canada), a eu peu de succès, peut-être parce que le thème était très large, trop vague ou n’a pas beaucoup plu.

Pour la suite, j’aimerais savoir quels thèmes et auteurs vous plairaient. C’est pourquoi je vous demande d’envoyer toutes vos propositions à l’adresse habituelle, et à partir de là, nous pourrons dresser une liste des idées qui reviennent le plus souvent, puis voter. Et si vos idées sont nombreuses, ce que j’espère, nous pourrons également établir une liste pour les prochains rendez-vous.

Je suis bien consciente qu’il reste peu de temps avant la prochaine session qui aura lieu le 1er décembre, mais nous essaierons les prochaines fois de décider du livre que nous lisons aux alentours du 15 du mois, juste après le rendez-vous du Blogoclub (comme c’était le cas auparavant).

J’ai également quelques idées pour redynamiser un peu ce club de lectures, que j’aime beaucoup parce qu’il m’a faire faire de belles découvertes et m’aide ponctuellement à sortir de mes habitudes de lecture. Enfin, soyons honnête, j’ai deux idées (c’est déjà ça !), mais cela sera pour plus tard. Vous pourrez d’ailleurs m’envoyer vos suggestions.

Pour le moment, j’attends vos propositions de lecture, en vrac, peu importe … du moment qu’elles reflètent vos goûts et passions !

L’adresse :  lecturecommune@yahoo.fr

 

Pour ceux d’entre vous qui découvrent le Blogoclub et aimeraient participer, vous pouvez trouver quelques informations supplémentaires sur cette page.

 

A très bientôt,

Florence.

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Nuit sur la neige, Laurence Cossé

 

Robin vient d’entrer en prépa à Verbiest, la « boîte jésuite » alors prestigieuse située à côté de Versailles. Il espère devenir ingénieur, s’il arrive à intégrer une « de ces grandes écoles dont les familles de la bourgeoisie rêvaient pour leurs fils ». Nous sommes en 1935, et Robin ne connaît pas son père, qui ne l’a pas connu non plus puisqu’il est mort pendant la grande guerre, alors que l’enfant venait d’être conçu.

Dès la rentrée, Robin remarque Conrad, un élève qui semble ne connaître personne. Il vient de Genève, où habite son père. Ses parents sont divorcés, fait rare à l’époque. Robin et Conrad se retrouvent le dimanche pour jouer au tennis. Conrad est un peu plus âgé que les autres, sa scolarité n’a pas toujours été facile.

La vie politique en 1935 est agitée, tant en France que sur le plan international. Mais si certains élèves sont politisés, Robin ne se demande même pas s’il participera à la grande manifestation de soutien à Léon Blum. Il est centré sur lui-même, sur la découverte de l’amitié, lui qui jusque-là avait « des cousins, pas d’amis ». On suit avec lui les événements, de loin.

« La grande affaire pour moi, cette année, n’était pas les élections du printemps, ce n’était pas la montée des fascismes en France et aux frontières. La grande affaire, c’était la faim d’amour, et le désir de ce visage enfin tourné vers moi qui transfigurerait ma personne et ma vie ».

Robin découvre que l’on peut choisir ses amis, en fonction de goûts partagés. Mais qu’a-t-il en commun avec l’énigmatique Conrad ? Ce dernier l’invite en Suisse où Robin apprend à skier. A son tour, Robin l’invitera à Val d’Isère où le premier téléski vient d’être inauguré. Là-bas, toute la naïveté et l’inexpérience de Robin lui sauteront aux yeux, d’une façon particulièrement violente.

« Nuit sur la neige » est un roman d’apprentissage dans lequel un jeune étudiant des beaux quartiers, orphelin de père, est confronté durement à l’entrée dans l’âge adulte. De Versailles à Val d’Isère, on vit avec les deux jeunes héros les prémices de la nouvelle société qui s’annonce, mais qui naîtra dans la douleur. Roman très court, assez direct, ce que certains regretteront, « Nuit sur la neige » est servi par une écriture fluide et élégante que j’ai beaucoup appréciée.

 

Nuit sur la neige, Laurence Cossé, Gallimard, Paris, juin 2018, 142 p.

 

Troisième participation au Challenge 1% de la rentrée littéraire.

Le chien rouge, Philippe Ségur

 

Pieter Seurg est un professeur d’université qui se dédie à la recherche et à l’écriture de romans. Le narrateur, un peintre installé dans la montagne pyrénéenne pour ses magnifiques paysages, fut son voisin pendant deux ans et l’a croisé régulièrement, en compagnie d’une jeune femme avec laquelle il se disputait souvent. Il nous présente Pieter Seurg comme un intellectuel fasciné par l’écrivain Herman Hesse et versé, comme ce dernier, à la fois dans l’introspection et dans l’action, celle « d’une conscience sociale en révolte ».

« Le chien rouge », comme Pieter Seurg aimait à s’appeler lui-même, disparaît subitement, laissant un manuscrit dans la boîte aux lettres de son voisin. C’est ce manuscrit que le peintre nous propose à la lecture dès le second chapitre. On y découvre la lente descente aux enfers que Pieter Seurg a subie : au départ simple mal être, puis rejet de la société qui l’entoure et à laquelle il ne comprend plus rien, le tout aggravé par l’inévitable fin de sa relation avec la belle Neith. Au fil des semaines, Pieter Seurg s’effondre et touche le fond, faisant l’expérience des médicaments, puis de la drogue et de moments psychédéliques dans un festival « Burning man » (mouvement des « Brûleurs » ou « Burners » que j’ai découvert à cette occasion).

Pieter Seurg place la fin de sa relation avec Neith au centre de son désespoir, mais cette relation, loin d’être parfaite, était fantasmée. En fait, l’homme est en révolte contre la société et recherche, avant tout, à donner un sens à sa vie. Son récit est introspectif mais non dénué d’action. Il se bat, il est en quête d’absolu, ce qui rend le personnage attachant. Un parallèle peut certainement être établi avec le roman culte de Herman Hesse, « Le loup des steppes », que je n’ai malheureusement pas lu (mais que « Le chien Rouge » m’a obligée à rajouter à ma Pal).

J’ai toutefois regretté que la critique sociale, ébauchée au début du récit, ne soit pas plus présente : elle est en fait juste évoquée, le propos de Philippe Ségur (Seurg ?) étant de traiter sa dépression, elle seule. Ceci dit, le roman sonne juste, -il est clairement autobiographique-, l’écriture est fluide tout en étant précise et poignante, ce qui en fait un des très bons crus de cette rentrée littéraire.

« Le chien rouge » est le premier roman que je lis de Philippe Ségur. Une très belle découverte qui m’a donné envie de lire d’autres livres de cet auteur. En avez-vous à me conseiller ?

 

Le chien rouge, Philippe Ségur, Buchet-Chastel, Paris, Août 2018, 232 p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge 1% de la rentrée littéraire 2018, 2 ème participation.

 

 

Les ombres de Montelupo, Valerio Varesi.

 

Voici la troisième enquête du commissaire Soneri que je lis et j’aime tout particulièrement la façon dont l’auteur installe les ambiances et décrit les atmosphères. Après les pluies incessantes et les brumes enveloppantes du Pô (Le fleuve des brumes), après le froid humide et perçant du centre historique de Parme (La pension de la via Saffi), c’est encore en automne, mais cette fois dans les montagnes des Apennins, que Valerio Varesi déroule son intrigue. Entre les brouillards qui tour à tour enrobent les sommets et envahissent les fonds de vallée, l’été de la Saint-Martin laisse subsister quelques moments d’un soleil automnal éblouissant dans un air d’une limpidité propre à l’altitude. Autant de lumière, de sensations, d’odeurs de terre mouillée dans lesquelles l’auteur nous plonge.

Le commissaire Soneri se trouve en vacances dans le village dont son père était originaire. Il recherche la tranquillité et la solitude de la montagne et s’élance chaque matin sur les sentiers pour ramasser des champignons. Mais la disparition de Rodolfi, producteur de charcuterie et employeur d’une grande partie des habitants du village, met un terme à des vacances qui n’avaient pas vraiment commencé.

Soneri apprend en effet que la plupart des habitants avaient prêté de l’argent aux Rodolfi : l’endroit n’est plus qu’un village peuplé de créanciers qui tremblent de tout perdre et qui se lancent à la recherche du fils de Rodolfi, espérant récupérer les économies d’une vie entière.

On retrouve, comme dans les deux précédents épisodes, la nostalgie que Soneri éprouve face au passé. Elle prend cette fois la forme d’une légère amertume lorsque Soneri s’aperçoit qu’il est devenu un étranger pour les habitants du village dont il n’a pas toute la confiance. Comme il est attachant ce commissaire au fort besoin d’introspection, avec sa lucidité, son humanité, mais aussi sa mélancolie ! Il recherche le silence et réfléchit, et à son image, le roman se déroule lentement, il nous envoûte sans nous lasser. Je ne crois pas que, comme le « Slow food », gage de qualité, le « Slow Giallo » existe en Italie, mais si tel était le cas, les romans policiers de Valerio Varesi en seraient les dignes représentants !

 

* Giallo : nom donné en Italie au roman policer, au genre policier. Signifie « jaune », de la couleur des couvertures d’une ancienne collection de policiers publiée par les éditions Mondadori.

 

Les ombres de Montelupo, Valerio Varesi, traduit de l’italien par Sarah Amrani, Agullo Editions, mars 2018, 309 p.

 

Lu dans le cadre du Challenge Il viaggio chez Martine, du challenge Objectif Pal chez Antigone et du challenge Polars et thrillers chez Sharon.