Cent millions d’années et un jour, Jean-Baptiste Andrea

 

Stan est professeur d’université à Paris mais sa carrière n’a jamais décollé. A la cinquantaine, il ne fait pas rêver quand il évoque « nos salaires de misère, nos yeux usés par les lampes blafardes, les conférences que personne n’écoute ». Mais peu importe au fond, c’est parce qu’il aimait les histoires qu’il a choisi d’être paléontologue :

« Si l’on n’est pas capable de croire à une histoire juste parce qu’elle est belle, à quoi bon faire ce métier ? »

Et c’est ce qu’il décide de faire en repensant à ce qu’un vieux concierge italien racontait aux enfants de son immeuble parisien : l’homme disait avoir vu un dragon dont le squelette gisait dans une grotte située au pied d’un glacier et d’où l’on apercevait trois pics. Pas d’autre information, sinon que cela se passait dans les Alpes franco-italiennes. Convaincu de pouvoir faire la découverte qui fera de lui un grand paléontologue, Stan lance une expédition, qui sera aussi l’occasion de retrouver Umberto, un universitaire turinois qui fut son assistant au début de sa carrière.

Les deux hommes sont convenus de se retrouver sur place et Umberto, fidèle au rendez-vous, amène Gio, un guide de montagne originaire des Dolomites. Peter, jeune assistant d’Umberto, se joindra aussi à l’expédition. Les conditions sont bonnes, mais le temps est compté car l’été est court en haute montagne et l’accès difficile par une via ferrata qui gèle très vite leur imposera de redescendre dès les premiers signes de neige.

« Cent millions d’années et un jour » est l’histoire d’une quête, celle d’un homme qui, toute sa vie, a recherché quelque chose qu’il croyait trouver dans les restes fossiles des animaux du passé. Mais au fur et à mesure que le temps s’écoule et que l’urgence s’impose, Stan se penche sur son enfance et nous révèle ce qui lui a toujours manqué. Un très beau roman sur l’amour maternel, sur la violence et sur l’enfance aussi, qui parfois, n’en finit pas de torturer un homme. Sur l’amitié aussi. Sur l’importance de croire à ses rêves surtout.

« Cent millions d’années et un jour » est en outre servi par une belle écriture, poétique et très visuelle qui nous emporte dans cette aventure nostalgique dont le rythme va crescendo pour nous laisser face à une question douloureuse : avons-nous réalisé nos rêves d’enfants ?

« Cent millions d’années et un jour » fait partie des dix excellents romans choisis par 300 blogueurs littéraires pour le troisième Grand Prix des Blogueurs Littéraires qui sera décerné à la mi-décembre. Je lui souhaite bonne chance !

 

Cent millions d’années et un jour, Jean-Baptiste Andrea, Edition L’iconoclaste, août 2019, 309 p.

 

10 ème participation au challenge 1% de la rentrée littéraire chez Sophie.

 

 

 

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