L’été du commissaire Ricciardi, Maurizio De Giovanni.

 

Le roman de Maurizio De Giovanni a plus que rempli sa mission : me transporter à Naples, loin de notre quotidien un peu angoissant. Pourtant, la situation n’est pas non plus des meilleures en ce début des années trente dans la grande ville parthénopéenne : la chaleur est étouffante, le peuple vaque difficilement à ses occupations pour pouvoir manger, le fascisme s’installe peu à peu.

Le commissaire Ricciardi voit toujours des « choses » : son don malheureux lui impose en effet de voir les morts assassinés ou décédés d’une mort violente, au moment de leur passage de vie à trépas. Et c’est le cas de la Duchesse de Camprino que l’on vient de retrouver dans son palais napolitain, la tête percée d’une balle silencieuse mais fatale. Personne n’a rien entendu, d’une part parce qu’un coussin maintenu contre le visage de la victime a atténué le bruit de la détonation, mais aussi parce qu’une grande fête populaire battait son plein dans le quartier.

L’enquête s’oriente aussitôt vers Capece, un journaliste connu qui était l’amant de la Duchesse : celle-ci vivait en effet de façon indépendante, sans se préoccuper de son époux, le vieux Duc de Camprino, malade et alité depuis longtemps. Ricciardi se met aussitôt au travail, aidé du brigadier Maione qui, fâché contre sa femme, entame un régime, se privant ainsi des plats délicieux de celle-ci.

Ricciardi a quant à lui la surprise de rencontrer la très belle Livia Lucani qui lui annonce qu’elle vient passer de longues vacances à Naples, dans le seul but de faire plus ample connaissance avec lui. Mais le commissaire reste attiré par la douce Enrica Colombo qu’il continue à contempler chaque soir par la fenêtre. Jusqu’à ce qu’il se rende compte que la famille Colombo reçoit un jeune homme qui se comporte comme un prétendant…

Tome après tome -il s’agit ici du troisième-, la série des enquêtes du commissaire Ricciardi est la certitude d’une lecture agréable et prenante et d’un voyage dépaysant à Naples dans une période historique troublée. Outre l’enquête en elle-même, les interrogations du commissaire Ricciardi sur sa vie sentimentale prennent ici de l’importance : il ira jusqu’à remettre en question la décision qu’il avait prise de ne pas imposer à une femme la malédiction dont il est l’objet. Il y a enfin l’aspect historique avec la montée du fascisme que l’on sent plus présent que dans les tomes précédents. La recette de Maurizio de Giovanni fait donc appel à de multiples ingrédients, une intrigue policière, des éléments historiques et sociaux, un peu de fantastique, de l’humour, des sentiments, le tout servi par un style fluide et une construction dynamique. Mes prochains achats, sans aucun doute, seront « L’automne du commissaire Ricciardi » et « L’hiver du commissaire Ricciardi ». C’est donc par une excellente lecture que je début le mois italien !

 

L’été du commissaire Ricciardi, Maurizio De Giovanni, traduit de l’italien par Odile Rousseau, Rivages/Noir, 2014, 405 p.   

 

Lu dans le cadre du Mois italien chez Martine, du challenge Polars et thrillers chez Sharon, du challenge Objectif Pal chez Antigone.

 

 

 

13 réflexions sur “L’été du commissaire Ricciardi, Maurizio De Giovanni.

    • Tu fais sans doute allusion à la série de Pizzofalcone, que j’aime beaucoup aussi. Je te conseille vraiment le commissaire Ricciardi, car il y a des éléments historiques et un peu fantastiques ou métaphysiques en plus, avec Naples, toujours…

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  1. Je me souviens avoir beaucoup aimé l’automne, et le fait que le contexte historique se développe. Une belle série, addictive, je ne manque aucun, et comme je viens de terminer le dernier traduit, je suis en manque 😉

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    • Je te comprends, je continue aussi. La série est en effet addictive mais je vais devoir attendre car ce n’est pas facile d’aller en librairie en ce moment…Je vais aller jeter un oeil sur tes chroniques, histoire de patienter un peu !

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  2. Sais-tu, Florence, que c’est l’acteur Lino Guanciale qui prête ses traits à Ricciardi. J’ai vraiment hâte de découvrir la série que la RAI va lui consacrer. Mais ce ne sera pas pour tout de suite, les tournages ayant été interrompus. Très bonne journée à toi et bonne santé!

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    • Merci Martine. Oui, oui, je l’attends aussi avec impatience, tout comme la suite de L’amica geniale dont les tournages ont aussi été retardés. Le choix de Lino Guanciale me paraît parfait, il fera en tout cas un très beau commissaire ! Et as-tu des nouvelles de la suite de la série des bastardi di Pizzofalcone ? Je l’attends aussi…
      Excellente journée et bonne santé à toi aussi !

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      • Les Bastardi di Pizzofalcone sont aussi à l’arrêt. Il nous faudra attendre encore avant de savoir qui a survécu à l’explosion. 🙂 Je viens de commander Una lettera per Sara, le troisième épisode de la nouvelle série de De Giovanni. Très addictive également. Bonne fin de journée, Florence

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