Sur le toit de l’enfer, Ilaria Tuti, finaliste du Prix Nouvelles Voix du polar 2020.

Voici ma deuxième chronique dans le cadre du prix Nouvelles Voix du polar des éditions Pocket. Il s’agit cette fois du premier des deux romans finalistes que j’ai lus dans la catégorie « Polar étranger ». Encore une fois, le niveau est élevé !

 

Dans une vallée sauvage et sombre des montagnes du nord de l’Italie, aux confins de l’Autriche, là où les hommes ont gardé l’habitude de l’isolement et le goût du secret, un crime odieux vient d’être commis dans les bois. Un cadavre sans yeux, nu, est découvert par un randonneur. Il est aussitôt identifié, puisqu’il s’agit d’un habitant du village qui avait disparu depuis deux jours.

C’est la commissaire Battaglia qui fait les premières constatations et démarre l’enquête. A ses côtés, Massimo Marini, jeune inspecteur qui arrive de la ville, soucieux de bien faire mais attentif à ne pas se laisser marcher sur les pieds. C’est par son regard que nous faisons connaissance avec sa chef, Teresa Battaglia, profiler d’une soixantaine d’années qui, c’est le moins que l’on puisse dire, ne l’accueille pas aimablement…

En effet, Teresa ne s’embarrasse pas de conventions. Ce qui compte est l’efficacité et elle utilise son expérience et sa mémoire des anciennes affaires pour se faire une idée du profil psychologique de l’assassin ; ou plutôt de celui que l’on recherche et qu’elle considère comme une victime également car, pour elle, il faut avoir subi beaucoup pour en arriver à de telles extrémités. En tout cas, ce dont Teresa Battaglia est sûre, c’est que celui qui a commis le crime recommencera. Il faut donc le retrouver au plus vite afin d’éviter de nouvelles victimes.

L’enquête s’annonce difficile, par le caractère des gens de la montagne qui aident peu les enquêteurs et par le fait que le meurtrier n’a pas recours au même mode opératoire lors de ses différents crimes. Mais Teresa Battaglia ne s’en laisse pas compter. Elle se bat farouchement d’autant qu’elle a affaire à un nouvel ennemi, puisqu’elle est victime de plus en plus souvent de pertes de mémoires et de courts moments pendant lesquels elle se sent désorientée. Autant d’éléments qui lui font penser à une maladie qui s’installe, ce qui serait un drame pour elle qui ne vit que pour son métier.

Avec ce premier polar, Ilaria Tuti a déjà inscrit son nom parmi les maîtres du polar italien. Le succès est bien mérité. L’atmosphère de ce village de bout de vallée est très bien rendue -il ressemble à celui dont l’auteure est originaire-. Et j’ai beaucoup aimé le personnage de Battaglia qui, sous ses airs bourrus, est en fait une femme sensible et humaine qui cherche à comprendre l’assassin et progresse ainsi rapidement dans son enquête. Avec en toile de fond, la problématique du syndrome de privation affective sur les nouveaux-nés. Une question d’actualité, qui m’a fait frémir quand j’ai pensé à un article lu en mai dernier, relatif à des nouveaux-nés issus de la GPA qui attendaient leurs futurs parents dans des berceaux bien alignés d’un hôtel ukrainien, soignés mais sans aucun amour, et bloqués là par les effets du confinement…

Bref, j’aime quand un polar fait référence à une question d’actualité ou à un fait historique, quand l’horreur du crime s’explique d’une façon ou d’un autre et nous ouvre les yeux sur une problématique. Très bonne lecture donc. Je lirai avec plaisir le second volet des enquêtes de Teresa Battaglia qui est déjà sorti.

 

Sur le toit de l’enfer, Ilaria Tuti, traduit de l’italien par Johan-Frédérik Hel Guedj, Editions Pocket n°17644, janvier 2020, 430 p.

 

 

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