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Retour au meilleur des mondes

Retour au meilleur des mondes huxleyAldous Huxley (1894-1963) a écrit « Le meilleur des mondes«  en 1931 et cette contre-utopie futuriste est rapidement devenue un succès international. Trente ans plus tard, en 1958 exactement, Aldous Huxley revient sur ce succès en publiant « Retour au meilleur des mondes » dans lequel il constate que ce qui était pure imagination de sa part s’est en partie réalisé. Il décrit celles de ses prédictions qui ont pris forme sous ses yeux au cours des trois décennies qui se sont écoulées depuis qu’il a publié « Le meilleur des mondes ». Alors qu’ en 1931, il pensait que ce qu’il avait imaginé n’adviendrait pas de son vivant ni même du vivant de ses petits-enfants, force est pour lui de reconnaître qu’il était davantage dans la prémonition que dans la contre-utopie.

Dans « Retour au meilleur des mondes », l’auteur pointe du doigt les évolutions négatives de nos sociétés occidentales qui, selon lui, nous conduisent vers la dictature. Il dénonce tout d’abord la surpopulation, « ennemi biologique aveugle de la liberté », mais aussi la puissance née du progrès technique qui conduit à une centralisation des pouvoirs politiques et économiques ainsi qu’au développement d’une société toujours plus organisée et toujours plus contrôlée. Une société qui, selon Huxley, ne procure plus le bonheur mais au contraire, des maladies mentales nées d’une frénésie de travail entrecoupée de prétendus plaisirs. L’auteur dénonce également l’excès d’organisation qui brise la créativité, et fait naître la passivité. La population est alors déshumanisée ; vient ensuite le temps de la propagande qui met à mal la société démocratique. La propagande peut être rationnelle et viser à servir les intérêts de tous mais elle est aussi très souvent dictée par la passion :

« Si les politiciens et leurs électeurs n’étaient mus que par le dessein de servir leur intérêt à long terme et celui de leur pays, ce monde serait un paradis terrestre. En réalité, ils agissent souvent contre leur propre avantage, simplement pour assouvir leurs passions les moins honorables ; c’est pourquoi nous visvons dans un lieu de souffrances ».

Huxley analyse ensuite les différents modes de propagande qui conduisent à la dictature. Il décrit les procédés qui permettent de manipuler les foules comme les individus isolés. Il précise que nous sommes encore loin du conditionnement infantile tel qu’il le développe dans « Le meilleur des mondes », mais que les dirigeants vont bientôt commencer par pratiquer le lavage de cerveau.

L’auteur poursuit en critiquant l’absence de prise en compte des facteurs génétiques dans l’analyse de l’évolution des êtres humains modernes, et la trop grande importance accordée au milieu social et à l’éducation qui en découle. Heureusement, écrit-il, la standardisation génétique est encore impossible, -nous sommes toujours en 1958- notamment telle qu’elle existe dans « Le meilleur des mondes » .

En effet, « n’ayant pas la possibilité d’imposer l’uniformité génétique aux embryons, les dirigeants du monde trop peuplé et trop organisé de demain essaieront d’imposer une uniformité sociale et intellectuelle aux adultes et à leurs enfants ». Pour éviter cela, Aldous Huxley rappelle que seule l’éducation nous permettra d’être libres et aptes à nous gouverner nous- mêmes. Mais éduquer à l’examen critique peut conduire à la subversion et est donc risqué pour les pouvoirs en place, car il peut conduire au désordre social en permettant la contestation de la propagande officielle. Nous pensons ici au totalitarisme soviétique, mais pas seulement…

Huxley prédit que, faute de remédier à la surpopulation et à l’excès d’organisation, nos démocraties occidentales changeront de nature pour aller vers « une nouvelle forme de totalitarisme non violent ». Quant aux solutions à appliquer, Huxley pense que nous savons ce qu’il faudrait faire mais nous n’avons encore jamais été capables de le mettre en œuvre. Il conclut en appelant les humains à lutter pour leur liberté, car « c’est notre devoir« , dit-il, lorsque celle-ci est remise en cause.

« Retour au meilleur des mondes  » est un ouvrage édifiant, qui donne froid dans le dos à plus d’un titre. A lire après avoir lu, ou relu, « Le meilleur des mondes » et aussi « 1984″ de George Orwell auquel Aldous Huxley fait également référence.

 

Retour au meilleur des mondes, Aldous Huxley, traduit de l’anglais par Denise Meunier et révisé par Hélène Cohen, Plon, collection Feux croisés, 2013, 125 p.

Existe en Pocket, n° 1645, 2006.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Lou, Titine et Cryssilda.

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Théorie de la dictature, Michel Onfray

Même sur la plage, l’été n’empêche pas de penser et pour changer, j’ai eu envie de lire des essais. En haut de ma liste, le dernier livre de Michel Onfray, « Théorie de la dictature ». C’est aussi le premier livre que je lis de cet auteur, et s’il a attiré mon attention, c’est parce que Michel Onfray part de l’oeuvre de George Orwell, et notamment de ses deux romans, « 1984 », et « La ferme des animaux », pour bâtir une théorie applicable à ce qu’il considère comme « un nouveau type de totalitarisme ».

« 1984 » est le roman qu’il faut absolument lire, à mon avis, -avec « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley– pour comprendre notre époque et pour commencer une réflexion sur le rôle des avancées technologiques et du progrès. Orwell s’y livre à l’analyse d’une dictature imaginaire, qui reprend en fait les éléments de la dictature soviétique, et les transpose à un futur… qui est très semblable à l’époque que nous vivons. « La ferme des animaux » est également intéressant quant à la façon dont ce court roman décrit le déroulement d’une révolution menée par les animaux de la ferme, puis confisquée par les cochons au détriment des autres animaux.

 

Après une introduction dans laquelle Michel Onfray amène le sujet et évoque rapidement sa pensée politique et la situation actuelle de la France, « Théorie de la dictature » comporte deux parties qui sont en fait chacune une explication de texte des deux œuvres d’Orwell. Onfray y analyse en détail les éléments importants de « 1984 » et de « La ferme des animaux » et développe les principes qui sous-tendent les fictions politiques d’Orwell.

Je ne saurais dire s’il est préférable d’avoir lu les œuvres d’Orwell pour comprendre, tant l’ensemble est clair, complet et structuré (j’ai lu et étudié « 1984 » donc il m’est difficile de me prononcer). Au contraire, l’ensemble est assez long et un peu trop didactique pour ceux qui connaissent les romans d’Orwell. Pour les autres, il serait toutefois dommage de se contenter de l’analyse de Michel Onfray et de faire l’impasse sur « 1984 » qui, outre ses qualités sur le plan de la théorie politique, est avant tout une dystopie très réussie.

En fait, pour le lecteur averti, c’est-à-dire ici qui connait l’œuvre d’Orwell, l’intérêt du livre d’Onfray réside dans sa conclusion, dédiée au « progressisme nihiliste » dans laquelle il distingue progrès et progressisme à tout va :

« Ce qui nous est présenté comme un progrès est une marche vers le nihilisme, une avancée vers le néant, un mouvement vers la destruction. (…) le culte actuellement voué au progrès du simple fait qu’il est progrès par ceux-là mêmes qui, de ce fait, se disent progressistes, ressemble à une génuflexion devant l’abîme avant le moment suivant qui consiste à s’y précipiter – comme les moutons de panurge dans les flots… Le progrès est devenu un fétiche et le progressisme la religion d’une époque sans sacré, l’espérance d’un temps désespéré, la croyance d’une civilisation sans foi. »

Et l’auteur développe, thèses à l’appui : il explique et illustre comment notre liberté se voit « rétrécie », notre langue « attaquée », la « vérité abolie », l’histoire « instrumentalisée », la nature « effacée », la haine « encouragée » et comment un nouvel empire est en construction. Onfray fait bien souvent mouche. La lecture n’est pas difficile, fluide, à la portée de tous ceux qui s’intéressent un peu à l’histoire et à la politique : pas de concepts compliqués, pas de vocabulaire spécialisé. Et un lien indéniable avec l’actualité.

Les parties consacrées à l’attaque de la langue et à l’instrumentalisation de l’histoire m’ont évidemment particulièrement intéressée. La simplification de la langue que l’on constate régulièrement dans les reparutions ou nouvelles traductions, et plus grave, la généralisation d’un discours peu nuancé, amènent à des incompréhensions et malentendus fréquents et au final, à un appauvrissement de la pensée. Il n’y a qu’à penser à la nouvelle traduction de « 1984 » qui, entre autres, abolit le terme « novlangue » (et le remplace par « néoparler »), qui était pourtant passé dans le langage courant pour décrire un phénomène consistant à déformer une réalité par l’utilisation d’un nouveau mot ou d’une périphrase. Comment « 1984 » est lui-même victime de ce qu’il dénonce…

Au total, l’essai de Michel Onfray est une belle démonstration. Qu’on soit d’accord ou non avec l’auteur, il y a là matière à réflexion et discussion, du moins pour ceux qui acceptent encore cet exercice…

Théorie de la dictature, Michel Onfray, Robert Laffont, Paris, avril 2019, 230 p.

La ferme des animaux, George Orwell

 

Dans la ferme du Manoir, vit un vieux cochon prénommé Sage l’Ancien. Comme son nom l’indique, il a beaucoup réfléchi au cours de sa longue existence. Un rêve le décide à réunir ses congénères et les autres animaux de la ferme afin de leur faire part de ses conclusions : les animaux vivent une vie de labeur et de servitude jusqu’à leur mort, alors que l’Angleterre, pays riche et fertile pourrait leur fournir de meilleures conditions de vie si seulement… ils se libéraient du joug de l’Homme, « seul véritable ennemi » et « seule créature qui consomme sans produire ». L’Homme en effet « distribue les tâches entre (les animaux) mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie ».

Le germe du doute est semé dans les esprits des habitants de la ferme et, quelques mois plus tard, ils se soulèvent violemment contre Mr. Jones, le propriétaire de la ferme, et ses ouvriers agricoles. Les animaux chassent les hommes de la ferme, puis se réunissent sous la direction de Boule de Neige et de Napoléon, deux cochons qui révèlent aux autres qu’ils ont appris à lire au cours des dernières semaines. Il ne leur reste plus qu’à adopter, tous ensemble, les « Sept Commandements » qui constituent la loi de la ferme.

Les réunions vont bon train, la démocratie s’installe. Les animaux redoublent d’effort et triment avec joie depuis qu’ils n’ont plus de maître mais sont leur propre patron. Bien vite, les cochons, plus intelligents, prennent le dessus et le rêve se mue peu à peu en cauchemar : Napoléon évince Boule de Neige et l’accable de tous les torts ; il s’arroge des privilèges, s’entoure d’une cour, instaure un culte de la personnalité, fait courir des bruits puis une véritable propagande. La dictature a pris le relais depuis longtemps ; en tous cas, bien avant que les esprits ne s’en aperçoivent !

Publiée en 1945, cette fable animalière était une critique de la révolution russe et du régime soviétique. C’est aussi un cours de stratégie politique décrivant les étapes qui mènent au totalitarisme. Toujours d’actualité, ce court roman nous montre de quelle façon une révolution peut être confisquée par certains éléments qui l’ont mise en route ou y ont participé. On ne manquera pas de penser au mécanisme qui a conduit les révolutions arabes vers des régimes qui sont tout sauf démocratiques !

Orwell démontre une fois de plus sa lucidité et ses qualités de visionnaire mises en exergue dans son célèbre « 1984 ». « La ferme des animaux », comme « 1984 » et « Le meilleur des mondes » (d’Aldous Huxley), fait partie de ces ouvrages qui devraient absolument être étudiés en classe, tant ils ont à nous apprendre sur notre monde actuel. C’est concis, brillant, et en même temps, facile à lire. A recommander donc sans modération et pour tous !

La ferme des animaux, George Orwell, traduit de l’anglais par Jean Quéval, Folio n°1516, avril 2017.

 

Lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda et du challenge Objectif Pal chez Antigone

 

Mes listes

Mes 10 œuvres préférées :

Belle du seigneur, Albert Cohen.

Le quattuor d’Alexandrie, Lawrence Durrell.

Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano.

Les petits chevaux de Tarquinia, Marguerite Duras.

Le meilleur des mondes, Aldous Huxley.

La peau de chagrin, Honoré de Balzac.

Anna Karénine, Tolstoï.

Les braises, S.Marai.

Lettres d’une inconnue, de Stefan Zweig.

La promesse de l’aube, Romain Gary.

 

 

10 grand romans :

-Belle du seigneur, d’Albert Cohen, Anna Karénine de Tolstoï, Madame Bovary, de Flaubert,  Mauprat, de George Sand, La Nouvelle Héloïse, Jean-Jacques Rousseau, Cent années de solitude, Gabriel Garcia Marquez, Emma, de Jane Austen, Le Quattuor d’Alexandrie de Lawrence Durrell, Le guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald.

10 auteurs belges  à ne pas manquer :

– Henri Bauchau , Charles Bertin, Madeleine Bourdouxhe, Alexis Curvers, Jacqueline Harpman, Armel Job,  François Weyergans, Marguerite Yourcenar, Marie Gevers, Hugo Claus.

5 romans sur l’art :

Le chef-d’œuvre inconnu de Balzac, Trois carrés rouges sur fond noir de Tonino Benacquista, La course à l’abîme de Dominique Fernandez, Art de Yasmina Reza, L’œuvre de Zola.

5 récits d’anticipation (science-fiction, contre-utopie) :

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1932), 1984 de George Orwell (1949) , Farenheit 451 de Ray Bradbury (1953), La nuit des temps de René Barjavel (1968), Globalia de Jean-Claude Rufin (2004).

10 romans italiens du XXème siècle :

-Une vie d’Italo Svevo, Les indifférents d’Alberto Moravia, Le jardin des Fizzi-Contini de Giorgio Bassani, Péreira prétend d’Antonio Tabucchi, Le guépard de Tommasi di Lampedusa, Une histoire simple de Leonardo Sciascia, Le baron perché d’Italo Calvino, Le christ s’est arrêté à Eboli, de Carlo Levi, La vie silencieuse de Marianna Ucria de Dacia Maraini, La storia d’Elsa Morante .

10 livres à découvrir :

-Le minotaure, B. Tammuz, La grosse femme d’à côté est enceinte, de Michel Tremblay, Moi qui n’ai pas connu les hommes, de Jacqueline Harpman, Le refuge des cimes, de Annemarie Schwarzenbach, L’axe du loup, de Sylvain Tesson,  A marche forcée, de Slavomir Rawicz, Le dernier battement de cœur, de Simona Sparaco, Si tu passes la rivière, de Geneviève Damas, Le problème Spinoza, Irvin Yalom, Vie, de Melania Mazzucco.

-10 auteurs de polars (et leur personnage principal) :  Pieter Aspe et le Commissaire Van In, Marco Malvaldi et le patron du Bar Lume, Arnaldur Indridason et le Commissaire Erlendur, Donna Leon et le commissaire Brunetti, Fred Vargas et le commissaire Adamsberg, Gilda Piersanti et l’inspectrice Mariella de Luca, Claude Izner et Victor Legris, Henning Mankell et le commissaire Wallander, Jo Nesbo et l’inspecteur Harry Hole, Ann Perry et Charlotte Pitt.

 

 

 

 

 

 

 

Cette entrée a été publiée le 15 avril 2016, dans .

Deux classiques de la littérature anglaise d’anticipation

Pour ce mois anglais, j’ai choisi de relire deux grands romans d’anticipation, qui sont des classiques du genre, parce qu’une discussion récente avec des étudiants a attiré mon attention sur le fait que ces deux romans n’étaient pas connus de tous, contrairement à ce que j’imaginais… En effet, si je vous dis « Big Brother », ou « les Alpha, les Bêta et les Epsilon », vous reconnaîtrez sans doute « 1984 » et « Le meilleur des mondes ». Reste à savoir lequel des deux romans est l’oeuvre de George Orwell, et lequel nous devons à Aldous Huxley ? L’essentiel n’est pas là, mais plutôt dans la vision que ces deux auteurs anglais ont eue du monde futur. Un monde qui n’est pas loin de se réaliser sous nos yeux… Alors, visionnaires, Huxley et Orwell ?

 

1984

1984

 

George Orwell emmène le lecteur de 1949, à Londres, en 1984 : après avoir connu l’horreur des guerres nucléaires, le monde se trouve divisé en trois grands blocs dirigés par des puissances totalitaires qui sont en guerre les unes contre les autres, pour obtenir le contrôle du quart monde, un ensemble de territoires restés libres. Le héros principal de 1984, Winston Smith, vit à Londres, la capitale d’Océania. Il travaille au Ministère de la Vérité où il est chargé de remanier les archives historiques afin de les adapter à la thèse officielle du Parti. Mais Smith désapprouve ce travail et, décidant de résister, il commence à tenir un journal pour garder une trace de la vérité.

Mais le fonctionnaire est confronté à un problème de taille : il ne doit pas être vu du télécran qui trône dans son salon, comme dans toutes les habitations d’Océania. Cet écran distille en permanence la propagande du Parti, et permet également à celui-ci de contrôler ce qui se passe chez les habitants. Une sorte de webcam impossible à éteindre ! Winston réussit toutefois à se dissimuler dans un coin pour écrire, pas trop longtemps cependant pour ne pas risquer d’éveiller les soupçons de Big Brother quand il disparaît de son champ de vision.

Ce roman d’anticipation fait froid dans le dos quand on songe aux progrès techniques qui se sont réalisés dans le sens de ce que l’auteur annonçait, et à l’omniprésence des écrans qui en découle, comme dans 1984. Big Brother surveille les citoyens où qu’ils soient, quoi qu’ils fassent. Nous n’en sommes parfois plus très loin. Et puis, il y a aussi la novlangue et l’appauvrissement du langage, de la pensée et des concepts. Dans 1984, l’utilisation de la novlangue aboutit à la multiplication des slogans réducteurs, tels que « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage », « L’ignorance, c’est la force » … !

 

Le meilleur des mondes

 

Le meilleur des mondes

 

C’est le roman qui a rendu célèbre Aldous Huxley, dès sa parution en 1932. Huxley est pourtant aussi l’auteur de nombreux romans et essais, sans compter les nouvelles et récits de voyage. Cet auteur britannique, né en 1894 dans le Surrey et mort à los Angeles en 1963, s’est intéressé aux conséquences des programmes scientifiques pour l’humanité. Plus qu’un écrivain, ce fut un intellectuel, un penseur humaniste.

Alors que « 1984 » est plutôt un roman d’anticipation politique, « Le meilleur des mondes », relève plutôt de l’anticipation scientifique. L’humanité y est regroupée au sein d’un Etat mondial. Seul quelques « sauvages » vivent encore dans des réserves. Les êtres humains naissent dans des laboratoires où ils ont été fabriqués, puis ils sont conditionnés de différentes manières, en fonction du travail auquel ils sont destinés. Ainsi, les Alphas recevront un enseignement soigné car ils formeront l’élite de la société. À l’autre bout de l’échelle sociale, se trouvent les Epsilons, dont on a freiné le développement tant physique qu’intellectuel, puisqu’ils sont programmés pour exécuter des taches manuelles sans difficulté !

Dans ce « Meilleur des mondes », la contraception est généralisée et obligatoire, et la maternité est taboue. Elle fait de la future mère, espèce rebelle heureusement en voie de disparition, un paria de la société ! Le sexe reste un loisir, comme le Soma, drogue distribuée aux travailleurs qui peuvent plâner tout le week-end en attendant de recommencer la semaine suivante : ainsi anesthésiés, ils ne se révolteront pas !

 

***

Ces quelques paragraphes ne suffisent pas à résumer deux œuvres brillantes de la littérature anglaise du XXème siècle. Mon propos n’était pas de les analyser ; il y aurait en effet tant à dire quant aux références historiques, économiques et politiques sur lesquelles elles sont fondées (ainsi que littéraire, « Brave new world » faisant référence à la fois à Shakespeare et Votaire) ! Ces deux romans sont également très différents, même s’ils se complètent. Mais je voulais juste rappeler combien leur lecture était utile et nécessaire à la compréhension du monde actuel. C’est ce qui fait les grands auteurs !

Et vous avez-vous lu l’un de ces deux romans ? Les avez-vous étudiés à l’école, à l’université ? Les avez-vous découvert ensuite et lequel avez-vous préféré ?

 

1984, George Orwell, traduit de l’anglais par Amélie Audiberti, Folio n°822, Paris, 2009, 408p.

Le meilleur des mondes, Aldous Huxley, traduit de l’anglais par Jules Castier, Pocket n° 1438, 2011, 319 p.

 

Livres lus dans le cadre du mois anglais chez Titine, Lou et Cryssilda.

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Challenges

Je participe (ou j’ai participé) aux challenges suivants :

-Challenge Marcel Pagnol chez Lukea.

-Challenge Il viaggio chez Eimelle.

-Challenge in italiano da Maria e Giorgia que je reprends ici.

-Challenge nordique chez Chroniques littéraires.

-Le mois belge chez Mina, Le salon littéraire.

-Challenge Histoire chez Lynnae.

-Défi Le siècle des Lumières chez Parthénia

-Challenge Un classique par mois chez Stephie.

-Challenge romantique, chez Claudia Lucia.

-Challenge Au service de, chez The frenchbooklover.

-Challenge Italie 2015 (billet de présentation en préparation).

-Le mois anglais chez Titine, Chryssilda et Lou.

-Challenge polars et thrillers chez Sharon.

 

 

Challenge Nordique 2015, chez Chroniques littéraires

 

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Mes participations :

Le livre du roi, Arnaldur Indridason

-La reine de la Baltique, Viveca Sten

Du sang sur la Baltique, Viveca Sten

 

 

Challenge Il viaggio chez Eimelle

 

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Mes participations :

-Une histoire romantique, d’Antonio Scurati.

Gabriele d’Annunzio, le roman de la Belle Epoque.

-Le mystère de Roccapendente, de Marco Malvaldi.

-Une vérité changeante, de Gianrico Carofiglio.

Mr Gwyn, d’Alessandro Baricco.

-La secte des anges, Andrea Camilleri

-Il fu Mattia Pascal, Luigi Pirandello

-Senso, Camillo Boito

Pour Isabel, Antonio Tabucchi

 

 

 

 

Challenge Histoire chez Lynnae

 

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Mes participations :

-Une histoire romantique, d’Antonio Scurati

-Le mystère de Roccapendente, de Marco Malvaldi.

La biographie de Victor Hugo en BD.

-A l’ombre de la guillotine, Anne Perry.

L’échange des princesses, Chantal Thomas.

Challenge un classique par mois, chez Stephie.

Challenge un classique par mois

Mes participations:

Senso, Camillo Boito

Mattia Pascal, Luigi Pirandello

-Jeux de glaces, Agatha Christie

-Le bouc émissaire, Daphné du Maurier

Vie et mort d’un étang, Marie Gevers

-Le bal, Irène Némirovski.

-Le meunier d’Angibault, George Sand

1984 et Le meilleur des mondes, deux classiques anglais de la littérature d’anticipation

 

 

 

 

Challenge romantique chez Claudia Lucia

 

Challenge romantique

Mes participations:

Le meunier d’Angibault, George Sand

Victor Hugo, Bernard Swizen (BD)

Défi Le siècle des Lumières chez Parthénia

 

Défi Le siècle des Lumières

 

Mes participations:

en construction

 

Challenge « Polars et thrillers » chez Sharon

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Billet de présentation

-Un tour de passe-passe, Marco Malvaldi

 

 

 

 

Challenge « Au service de » chez The frenchbooklover.

 

Challenge Au service de

Mes participations:

en construction.

 Challenge Marcel Pagnol, chez Lukea

Challenge Marcel Pagnol

 

Mes participations :

Marius, Fanny et César, de Marcel Pagnol (billet de septembre 2013)

marius pagnol Comme je l’écrivais dans mon billet de présentation du Challenge Marcel Pagnol lancé par Ostinato, du blog Lukealivres, j’ai vu cet été au cinéma les deux premiers volets de la trilogie marseillaise, Marius et Fanny, revisitéspar Daniel Auteuil . Et ces deux films m’ont donné envie de relire Pagnol dont je ne connaissais que certains des romans, notamment Jean de Florette et Manon des sources, ainsi que ses œuvres autobiographiques, Le temps des amours, Le temps des secrets.

J’ai donc choisi de commencer par le théâtre de Pagnol, et j’ai lu avec un grand plaisir la Trilogie marseillaise, Marius, Fanny et César. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, je n’en dévoilerai que quelques éléments : nous sommes à Marseille sur le Vieux Port. César, patron du bar de la Marine, est aidé par son fils Marius, âgé de vingt-deux ans. Parmi leurs clients, les plus fidèles sont Panisse, maitre-voilier du Vieux Port, la cinquantaine élégante et aisée, Escartefigue, du même âge, capitaine du ferry-boat Fanny Pagnolqui traverse quotidiennement le Vieux Port et M. Brun, jeune vérificateur des douanes originaire de Lyon, ainsi que Piqueoiseau, un mendiant. Les personnages féminins sont Honorine, belle marchande de poisson de quarante-cinq ans et sa fille, Fanny, dix-huit ans, qui tient un étal de coquillages tout proche du bar de la Marine.

Marius et Fanny se connaissent depuis leur enfance et leur amitié s’est transformée en un amour que Fanny cherche à faire éclater au grand jour. En effet, Marius ne donne pas libre cours à ce sentiment, car il rêve de partir à bord d’un grand voilier pour découvrir les îles sous le vent et d’autres destinations lointaines. Il attend en secret qu’une place se libère sur le voilier La Malaisie, et se tient prêt à embarquer dès qu’on viendra le chercher.

césar pagnolFanny décide quant à elle de provoquer le destin et attise la jalousie de Marius en acceptant de rencontrer Maître Panisse, riche veuf qui la courtise et voudrait l’épouser. Face au danger, Marius cède et renonce à l’appel du grand large, en tombant finalement dans les bras de Fanny. César et Honorine ne se doutent d’abord de rien, puis Honorine découvre, en rentrant plus tôt que prévu d’une visite chez sa sœur, Fanny et Marius endormis ensemble. Les parents s’entendent aussitôt pour marier les deux amoureux …

Le deuxième volet reprend l’histoire exactement où Pagnol l’avait laissée dans Marius. Dans César, troisième partie, l’action se déroule vingt ans plus tard. Pagnol a écrit ce dernier volet directement pour le cinéma, avant d’en adapter le scénario pour le théâtre.

Même si je connaissais l’histoire des deux premiers volets de la trilogie, la découverte du texte a été un vrai régal. Certes, j’avais encore dans les oreilles l’accent marseillais qui ne m’a pas quitté pendant cette lecture, me donnant l’impression bizarre que je lisais « avé l’accent ». Mais le vrai plaisir est à puiser dans le texte de Pagnol, parfois si drôle, parfois très tendre. J’ai vraiment ri à plusieurs reprises. Un excellent moment de lecture, à conseiller à tous !

Marius, de Marcel Pagnol, pièce en quatre actes, Editions de Fallois, collection de poche Fortunio, n°7, Paris, 2004.

Fanny, de Marcel Pagnol, pièce en trois actes et quatre tableaux, Editions de Fallois, collection de poche Fortunio, n°8, Paris, 2004.

César, texte du film réalisé en 1936, Marcel Pagnol, Editions de Fallois, collection de poche Fortunio, n°9, Paris, 2004.

 

Topaze, pièce à l’ironie mordante ! (billet du 19 février 2014)

topaze pagnol

Topaze est une comédie en quatre actes de Marcel Pagnol, qui a été représentée pour la première fois à Paris, au Théâtre des variétés, en 1928. Le premier acte se déroule dans une salle de classe du pensionnat dans lequel Topaze est professeur. C’est une classe à l’ancienne, décorée de cartes de géographie et de maximes illustrant le cours de morale. Topaze est à l’image des lieux, avec ses vêtements usés et misérables, tout comme le matériel de classe qui traîne dans un coin. Le seul élève présent n’échappe pas à cette description (« son cou d’oiseau mal nourri ») et il est, le pauvre, en train de subir la dictée de Topaze.

Amoureux de l’orthographe malgré lui, dit-il, Topaze veut rendre service à sa collègue, Mademoiselle Ernestine, qui est aussi la fille du directeur, en corrigeant les devoirs de ses élèves. Ernestine, jeune enseignante futée sinon courageuse, a si bien manœuvré qu’elle amène Topaze, qui est amoureux d’elle, à la supplier de lui confier ce travail.

Le directeur arrive, d’excellente humeur en raison de l’arrivée d’un nouvel élève, et annonce à Topaze que l’inspecteur d’académie lui décerne « moralement » les Palmes académiques. Méprisant et moqueur, M. Muche ajoute : « moralement, c’est peut-être encore plus beau ». Topaze ne se démonte pas. Mais suite à son refus de mettre une bonne note à un élève qui ne la méritait pas, et dont les riches parents faisaient pression sur le pensionnat, le professeur trop zélé est renvoyé par M. Muche, et se voit obligé de rechercher des leçons particulières.

C’est ainsi qu’il se retrouve chez Mme Suzy Courtois, mère d’un élève en difficulté. Le début du deuxième acte met en scène Mme Courtois et le conseiller municipal, Castel-Bénac, dont elle est la maîtresse. Pagnol nous dévoile les activités malhonnêtes du couple illégitime, avec Roger de Berville, prête-nom qui n’hésite pas à se servir de sa prétendue probité pour souligner l’intérêt qu’il y a à traiter avec lui. Les deux amants complices ne se privent d’ailleurs pas de lui faire la morale, quelques instants après avoir passé en revue leurs propres malversations !

Alors que Castel-Bénac et sa maîtresse se plaignent de la perte des valeurs, et principalement de l’honnêteté, ainsi que du fait qu’ils ne trouvent personne pour participer à leurs « activités », Suzy Courtois pense à Topaze qui, lui semble-t-il, est amoureux d’elle. Il lui sera facile de le manipuler, d’autant que Topaze vient de perdre sa place à la pension Muche.

Le conseiller et sa maîtresse ont donc recours à la flatterie pour essayer de décider Topaze à les aider, en remplaçant le prête-nom qui leur a fait défaut. Mais suite à une conversation avec ce dernier, Topaze découvre la vraie nature des activités de Castel-Bénac. Suzy Courtois s’empresse alors de lui mentir pour faire pression sur lui.

Acte 3, nous sommes dans un bureau moderne. Topaze, désormais associé avec Castel-Bénac, est devenu directeur de l’agence. Il a entretemps découvert que Suzy Courtois se moquait de lui, mais il est pris au piège, car complice… Il se sent d’ailleurs surveillé par la police et il prend peur suite à la parution d’un article dans le quotidien bien-nommé « La conscience publique ». Peu après, la police arrive, mais … ce n’est pas pour Topaze. Puis c’est le tour du « vénérable vieillard », venu faire chanter Topaze qui, une fois encore, a bien du mal à comprendre ce que l’on attend de lui. Arrive enfin M. Muche, le directeur de la pension qui, impressionné par le succès de son ancien professeur, a décidé de lui offrir la présidence de la distribution des prix. M. Muche est aussi venu accorder la main de sa fille à Topaze qui ne demandait plus rien, mais qui est entretemps devenu un bon parti. Et qui, finalement, oublie ce qui lui restait de probité, après avoir reçu, -honneur suprême pour lui-, les palmes académiques, en cadeau d’adieu de Castel-Bénac.

« Jusqu’ici j’ignorais absolument bien des choses que j’entrevois… la vie n’est peut-être pas ce que je croyais. C’est peut-être vous qui avez raison après tout… ».

Dans l’acte 4, Topaze savoure enfin sa vengeance, en prenant les deux complices à leur propre piège. Il s’empare de l’agence dont il est devenu directeur, le bail étant à son nom, et décide de travailler à son compte en ne laissant qu’une petite commission à Castel-Bénac. La dispute éclate alors entre ce dernier et sa complice, Suzy Courtois. Topaze a décidemment beaucoup appris…

Cette pièce de Marcel Pagnol est une comédie pleine d’humour, qui dénonce le cynisme dans lequel tout homme est prêt à basculer, dès qu’un profit conséquent est en vue. Ainsi, Monsieur Muche, considère l’élève qui lui rapportera beaucoup d’argent comme « un sujet d’élite ». De la même façon, le conseiller municipal s’émeut du sort des malheureux balayeurs. Tout le comique vient ici de la façon dont Marcel Pagnol joue sur les mots, notamment « probité et honnêteté », auxquels les protagonistes ne prêtent pas tous la même signification. Topaze se trouve au milieu de ce petit monde qui transige beaucoup avec la morale et dont il apparait isolé, de par une naïveté et une honnêteté qui confinent parfois au ridicule. Il découvre un monde dont il ignorait l’existence et les codes, et qui ne fonctionne que tendu vers un objectif accepté par tous ceux qui y prennent part : profiter de l’occasion et s’enrichir le plus possible.

Outre la corruption et le cynisme d’une classe politique locale, Marcel Pagnol dénonce également le respect que l’on peut éprouver face à ceux qui ont gagné de l’argent, sans même se demander quelles méthodes ils ont utilisées pour y parvenir. Au passage, et même s’il a dédié la pièce à son maître d’école, «en signe de reconnaissance et de respectueuse affection », il égratigne également les enseignants, à la fois victimes et complices indirects. Une excellente lecture, pleine de bons mots, à l’ironie parfois grinçante, mais toujours percutante !

Topaze

« Pourtant l’argent ne fait pas le bonheur !

Suzy

« Non, mais il l’achète à ceux qui le font ! »

 

Topaze, Marcel Pagnol, Editions de Fallois, Collection Fortunio, Paris, 2004, 241 p.

Livre lu dans le cadre du challenge Marcel Pagnol chez Ostinato, et dans le cadre du challenge classique chez Stephie.

 

 

 

 

 

 

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