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La dame de Reykjavik, Ragnar Jonasson.

 

L’héroïne du nouveau polar de Ragnar Jonasson est atypique puisqu’elle a soixante-quatre ans et se trouve à quelques mois de la retraite. Elle qui ne vit que pour son métier et ne se prépare pas au grand changement qui l’attend, se voit convoquée par son chef Magnus, qui lui annonce abruptement que son remplaçant sera là dans deux semaines et qu’elle pourra donc quitter le commissariat à cette date, soit plusieurs mois avant la date initialement prévue. Il ajoute qu’elle peut, en attendant et pour « s’occuper » choisir un cas non-résolu dans les archives du commissariat.

Prenant Magnus au mot, Hulda décide de s’intéresser à la mort inexpliquée d’une jeune femme Russe demandeuse d’asile qui avait été retrouvée noyée dans une crique rocheuse. Hulda se souvient que son collègue Alexander, peu enthousiaste, avait abandonné rapidement l’enquête. Elle espère pouvoir résoudre ce cas dans les quinze jours qui lui restent.

Hulda s’attelle avec énergie aux recherches, et commet quelques maladresses dont elle n’est pas coutumière. Elle fait également la connaissance de Petur, avec qui elle aimerait nouer des liens plus étroits, d’autant que cela semble réciproque. Mais elle s’est embarquée dans une enquête plus risquée que prévu, et elle n’a pas de coéquipier…

Le polar de Ragnar Jonasson est assez classique dans sa construction puisque l’auteur alterne les chapitres relatifs à Hulda et à son enquête avec ceux qui décrivent les préparatifs et le déroulement du meurtre. La tension monte progressivement, le suspense est là, même s’il n’est pas insoutenable. La lecture est agréable, mais sans plus.

Du côté des points forts, on retrouve les admirables paysages de l’Islande et un personnage féminin courageux et déterminé qui a eu une vie difficile -avec un mari et une fille- et qui n’a pas dit son dernier mot. On se prend peu à peu à penser que Hulda ferait une excellente héroïne récurrente, même si la retraite approche pour elle. Ne peut-on imaginer un retournement qui lui permette de rester encore quelques mois au commissariat de Reykjavik ? L’auteur nous donne une réponse à la fin et je dois dire que je ne l’avais pas imaginée une seconde. Et cela jette un tout autre éclairage sur le roman qui en devient surprenant. A découvrir !

 

La dame de Reykjavik, Ragnar Jonasson, traduit de la version anglaise, d’après l’islandais par Phillipe Reuilly, Editions de la Martinière, mars 2019, 261p

 

Lu dans le cadre du challenge polars et thrillers chez Sharon.

 

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Poupée volée, Elena Ferrante

Leda se réveille à l’hôpital. Elle a perdu le contrôle de sa voiture. Elle a eu beaucoup de chance : sa seule blessure est sans gravité, mais c’est une « lésion inexplicable ». Pour comprendre, elle déroule le fil de ses souvenirs : se sentant libérée de son devoir maternel parce que ses deux filles étaient parties rejoindre leur père et travailler au Canada, Leda est partie en vacances dans les Pouilles. Elle s’est installée dans un appartement de location pour tout l’été et se réjouissait à l’idée d’avoir tout son temps pour travailler, lire et écrire. Sur la plage, elle rencontra une famille napolitaine et se trouva fascinée par une jeune femme, Nina, mère d’une petite fille Elena.

Cette rencontre fut l’occasion pour elle se s’interroger sur son rapport à la famille. Leda voulait se raconter à ses filles, leur expliquer ce qu’elle avait du mal à comprendre elle-même : pourquoi, alors qu’elles étaient petites, elle les avait abandonnées à leur père pendant plusieurs années ? Leda voulait aussi approcher Nina, la jeune mère napolitaine, pour en faire une sorte de « fille extérieure » :

« Quelle sottise de croire que l’on peut se raconter à ses enfants avant qu’ils aient au moins cinquante ans ! Prétendre qu’ils nous voient comme une personne et non comme une fonction. Leur dire : je suis votre histoire, c’est avec moi que vous commencez, écoutez-moi, cela pourrait vous servir. Nina, en revanche, je ne suis pas son histoire, Nina pourrait même me voir comme un futur. Me choisir comme compagnie une fille qui me serait extérieure. La chercher, l’approcher. »

Mais sans savoir pourquoi, sur la plage, la narratrice vola la poupée de la petite Elena. Elle pouvait encore s’en sortir en ramenant le jouet le lendemain, et en expliquant avoir continué ses recherches dans la soirée, pour aider Nina, dont la petite fille pleurait la perte de la poupée. Mais le voulait-elle vraiment …?

« Poupée volée » a été publié en 2006 et contient la plupart des thèmes qui seront développés quelques années plus tard dans la saga d’Elena Ferrante, « L’amie prodigieuse ».  La poupée volée, centrale dans ce roman, sera une anecdote dans L’amie prodigieuse. Mais une anecdote sur laquelle l’auteure insistera pourtant. La lecture de « Poupée volée » éclaire donc – ou interroge du moins- certains épisodes de « L’amie prodigieuse » : quel souvenir douloureux est donc lié à la perte de la poupée ? Et dans « Poupée volée », quel acte Leda est-elle obligée d’expier malgré elle, pourquoi cette culpabilité ? Pourquoi Leda ne comprend-elle pas certains de ses actes ? En revient-on toujours au thème de l’abandon ?

Parmi les autres thèmes, on retrouve également celui de la maternité et de ses difficultés, notamment face à la vie professionnelle, mais aussi le poids qu’exerce la famille napolitaine populaire sur ses membres, et le rôle du dialecte qui est ici encore, comme dans « L’amour harcelant », négatif parce que violent et révélateur de la culture familiale. Et enfin, la difficulté à évoluer dans un milieu cultivé, lorsque l’on est issu d’un quartier défavorisé, malgré des études universitaires réussies.

J’ai préféré ce roman à celui de « L’amour harcelant », parce qu’il est moins cru et moins dur. Il n’en reste pas moins dérangeant, notamment parce qu’il soulève beaucoup de questions qui restent sans réponses. Et parce que l’on s’interroge inévitablement sur la récurrence des thèmes et anecdotes que l’auteure aborde dans chacun de ses romans et sur leur genèse.  Quant à l’héroïne, Leda, elle ressemble beaucoup à Lenu, et elle m’a paru touchante dans son incapacité à mener une vie normale et dans sa souffrance face au fait d’avoir été une mauvaise mère. Elena Ferrante, quant à elle, continue de m’intriguer, très favorablement d’ailleurs, et je terminerai donc bientôt la découverte de ses romans avec « Les jours de mon abandon »…

Poupée volée, Elena Ferrante, traduit de l’italien par Elsa Damien, Folio n°6351, 196 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois italien chez Martine, et du challenge Objectif Pal chez Antigone.

Le printemps du commissaire Ricciardi, Maurizio de Giovanni.

 

Une femme âgée que tout le monde aimait pour les bienfaits qu’elle prodiguait est assassinée chez elle. Une jeune femme détestée de tout le voisinage, qui la traite de « putain » pour la seule raison qu’elle vit seule avec son fils et qu’elle est exceptionnellement belle, se fait taillader le visage.

Le commissaire Ricciardi, aidé du brigadier Maione, se lance dans l’enquête et découvre très vite que la vieille femme était en réalité cartomancienne et, accessoirement, usurière. Elle manipulait tout le monde et n’était pas la bonne âme présentée d’abord par la concierge, loin s’en faut. Mais peu importe, la vérité doit être faite et le commissaire Ricciardi s’y attelle avec passion. Quant au brigadier Maione, il porte une attention toute particulière à la belle jeune femme défigurée…

Voilà pour l’intrigue, mais là n’est pas l’intérêt des romans policiers de Maurizio de Giovanni, en tout cas pour ce qui concerne la série consacrée au commissaire Ricciardi, cet homme jeune, beau, profond, qui ne laisse apparaître aucune émotion, et qui a un don particulier : il voit la « Chose » c’est-à-dire la mort, puisqu’il distingue et entend les fantômes qui n’ont pas encore trouvé le repos ; ceux des victimes assassinées. Un zeste de fantastique donc, qui confère au personnage principal une aura énigmatique, sombre et mélancolique.

Mais c’est autre chose qui donne aux enquêtes du commissaire Ricciardi toute leur saveur : l’écriture d’abord, la structure -l’auteur introduit les différents personnages, assez nombreux, en de courts paragraphes qui se succèdent. Et surtout la description des personnages eux-mêmes, jamais stéréotypés et pourtant tellement bien caractérisés qu’on les visualise sans effort. Et puis il y a Naples, dont l’auteur aime à décrire les odeurs, les mouvements de l’air, l’influence de la période -ici le printemps- sur les habitants. Les senteurs florales voisinent ainsi avec des effluves plus répugnants qui s’élèvent des quartiers pauvres de la ville.

On apprend beaucoup sur l’histoire de la ville : que la via Toledo nommée ainsi par les Espagnols fut pour quelques temps rebaptisée via Roma, que le Surrogato était un ersatz de café que les Napolitains buvaient pendant la période fasciste, que Naples comptait plusieurs écrivaines populaires en ce début des années trente…

C’est donc d’une traite que j’ai dévoré « Le printemps du commissaire Ricciardi » et je ne pense pas que j’attendrai le prochain mois italien pour poursuivre la série !

 

Le printemps du commissaire Ricciardi, Maurizio de Giovanni, traduit de l’italien par Odile Rousseau, Editions Rivages/Noir, 2013, 427 p.

 

Participation au mois italien chez Martine, au challenge Objectif Pal chez Antigone et au challenge Polars et thrillers chez Sharon :

Mai, le mois italien !

Après le mois belge, cap vers le sud en compagnie de Martine qui nous a préparé un programme varié pour le mois italien qui commence aujourd’hui !

Voici les rendez-vous, avec, en gras, ceux auxquels je compte participer. Martine a eu l’excellente idée de répéter certains rendez-vous pour nous laisser le choix de la date ou pour nous permettre une séance de rattrapage au cas où…

Je remercie Martine d’avoir prévu une date pour la lecture commune que j’organise, en VO, sur le roman de Domenico Starnone  : « Lacci ». Vous trouverez une petite présentation du roman ci-dessous. Le roman est court, 133 pages, laissez-vous tenter !

 

 

– mercredi 1er mai en musique et en cuisine, au choix (ou les deux) : votre chanson italienne préférée ou la recette que vous aimez partager.

– jeudi 2 mai, le voyage commence par la lettre A comme Silvia Avallone, que certaines souhaitent lire, « L’Art de la joie » que d’autres veulent apprécier, ou « L’Amie prodigieuse », saga à découvrir ou à poursuivre.

– vendredi 3 mai : une première journée à Naples avec Maurizio de Giovanni. 

– samedi 4 et/ou dimanche 5 mai : escale dans les îles, en Sardaigne ou en Sicile

– lundi 6 mai : votre Italie en photos (souvenirs de vos voyages).

– mardi 7 mai : une enquête à suivre, un roman policier à présenter. 

– du mercredi 8 au dimanche 12 mai : en lien avec la Foire du livre de Turin : le roman qui vous a fait découvrir cette littérature italienne ou l’écrivain dont vous ne manquez aucun roman.

– lundi 13 mai : une bonne nouvelle (ou un recueil) à partager.

– mardi 14 mai : une pause à Venise avec Donna Leon et son commissaire Brunetti, ou autre.

– mercredi 15 mai : un fumetto ou une BD dont l’auteur et/ou l’illustrateur sont italiens ou dont l’histoire se passe en Italie.

– jeudi 16 mai : retour à la lettre A comme Silvia Avallone, que certaines souhaitent lire, l’Art de la joie que d’autres veulent apprécier, ou l’Amie prodigieuse, saga à découvrir ou à poursuivre.

– vendredi 17 mai : « Sangue Giusto » ou « Tous, sauf moi », ce roman de Francesca Melandri qui bouleverse le monde littéraire italien, en VO ou dans sa traduction française.

– samedi 18 et/ou dimanche 19 mai : à table ! Faites-nous saliver autour de votre spécialité culinaire italienne.

– lundi 20 mai : votre Italie en photos (souvenirs de vos voyages). 

– mardi 21 mai : à la rencontre d’Erri de Luca.

– mercredi 22 mai : un fumetto ou une BD dont l’auteur et/ou l’illustrateur sont italiens ou dont l’histoire se passe en Italie.

– du jeudi 23 au dimanche 26 mai : en lien avec le Festival du Premier roman de Chambéry : le premier roman italien que vous avez lu, un premier roman italien traduit en français ou un premier roman italien.

– lundi 27 mai : une bonne nouvelle (ou un recueil) à partager.

– mardi 28 mai : escale à Naples avec Maurizio de Giovanni et/ou Roberto Saviano.

– mercredi 29 mai : journée des enfants (album et/ou roman jeunesse).

– jeudi 30 mai : une LC, Lecture Commune en VO proposée par Florence, du court roman de Domenico Starnone « Lacci », ou un roman d’Elena Ferrante.

– et vendredi 31 mai : on termine ce Mois italien comme on l’a commencé, en musique !

Bien sûr, il est également possible d’insérer toute autre lecture, pourvu qu’elle concerne la littérature italienne !

 

 

Jeudi 30 mai, Lecture Commune en VO du court roman de Domenico Starnone « Lacci » (Liens).

 

« Lacci » est un roman court et assez percutant qui évoque la vie d’un couple napolitain qui s’est séparé dans les années 70, suite à l’infidélité du mari, parti vivre à Rome avec une jeune femme. Quatre ans plus tard, le couple se reforme, comme si de rien n’était. Mais la femme n’a jamais pardonné la trahison de son mari.

Ce roman convoque les différents points de vue des protagonistes : mari, femme et enfants.  Et puis, il y a cet étrange cambriolage et la disparition du chat…

Ce qui est intéressant aussi, c’est que l’auteur, Domenico Starnone, est l’une des personnes fortement soupçonnées d’être Elena Ferrante. Et en effet, il y a des similitudes troublantes dans l’écriture, dans les thèmes… Quoi qu’il en soit, Starnone est un très bon écrivain.

Qui serait intéressé par cette lecture commune ? Vous pouvez vous inscrire ici en commentaire et me laisser vos liens le 30 mai. A bientôt !

 

Le cœur converti, Stefan Hertmans

 

C’est l’histoire d’une jeune normande chrétienne tombée amoureuse d’un juif avec lequel elle s’enfuit vers le sud. C’est l’histoire de l’enquête d’un écrivain lancé pendant une vingtaine d’années sur les traces de cette jeune fille. C’est l’histoire d’un village perdu sur les hauteurs de la Provence et voué à disparaître après avoir traversé les siècles.

Stefan Hertmans mélange en effet le récit de la vie mouvementée de Vigdis, jeune noble normande, avec celui de sa propre recherche entamée il y a près de vingt-cinq ans, lorsqu’il séjourne à Monieux et apprend que ce village provençal fut le théâtre d’un pogrom à la fin du onzième siècle. Un trésor y serait caché, enfoui par le rabbin au moment du massacre. La jeune Vigdis, devenue Hamoutal entretemps, y vivait depuis quelques années, réfugiée avec David, le bel étudiant juif de Rouen dont elle était tombée amoureuse et avec lequel elle avait fui vers Narbonne, avant de venir se cacher à Monieux pour échapper aux chevaliers lancés à sa poursuite par son père.

Stefan Hertmans retrace la vie du couple et dès le début, il parsème son récit d’indices quant au futur d’Hamoutal et de David, dont on devine rapidement qu’il sera funeste. L’auteur aimerait souffler à son héroïne de choisir un autre homme pour fuir son sort, mais ce pouvoir ne lui est pas donné. Il nous raconte donc la fuite éperdue et poignante qui conduit l’héroïne jusqu’au bord du Nil.

Partant d’éléments historiques véridiques, l’auteur imagine ce que devait être le monde au onzième siècle pour une jeune chrétienne, blonde aux yeux bleus, convertie par amour au judaïsme. Si les retours en arrière et les passages d’un millénaire à l’autre peuvent dérouter au début de la lecture, on se fait ensuite au rythme et j’ai assez vite aimé les contrastes nés de ce choix narratif, comme l’évocation sans transition du village dévasté au lendemain du pogrom et du petit paradis sur terre dans lequel l’écrivain s’est installé mille ans plus tard.

Roman historique, quête de l’écrivain, « Le cœur converti » est aussi le beau portrait d’une femme courageuse, partagée entre ses origines et son amour et prête à tout pour sauver ses enfants. Une lecture passionnante qui me convainc de la nécessité de découvrir cet auteur belge néerlandophone qui ne s’est fait connaître à l’étranger que récemment, depuis son premier succès international, celui qu’a remporté son roman « Guerre et Térébenthine ».

A découvrir sur son site : Stefan Hertmans

 

Le cœur converti, Stefan Hertmans, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin, Gallimard, collection Du monde entier, juin 2018, 368 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge 2019 chez Anne et du challenge Objectif Pal chez Antigone

Brève Arcadie, Jacqueline Harpman

 

Gaston Auberger est un homme qui s’ennuie, sans doute « par excès d’imagination ». Il préfère alors ériger son ennui en système, de peur d’attendre que des surprises naissent de la nouveauté et d’être inexorablement déçu. Il s’organise donc une petite vie régulière dont il n’a rien à espérer. La quarantaine bien sonnée, il épouse Julie, jolie jeune fille de dix-huit ans, assez mûre pour comprendre le caractère de son mari et les raisons de ce mariage.

Contre toute attente, le mariage est heureux pendant plusieurs années. Les époux sont remplis d’attentions l’un envers l’autre. Mais la jeune femme va  tomber amoureuse, même si elle ne le sait pas encore car son intérêt pour François Hartog ne fait que s’éveiller. Elle éprouve une sensation indicible car « les premiers mouvements d’un cœur sont si ténus que les mots les plus légers pèseraient trop ».

Jacqueline Harpman dissèque les sentiments pour mieux les analyser. Les premiers émois, puis les étapes de la relation naissante entre Julie et François, les repas entre amis, les réflexions des mères, sont l’occasion pour l’auteure de décortiquer les pensées pour nous montrer que certains calculent et d’autres pas. D’ailleurs, l’apparente innocence de Julie est-elle réelle ? Elle veut rompre, puis se ravise. Elle « aime énormément » son mari, le verbe ne peut se passer de l’adverbe quand elle parle de lui. Au contraire, elle « aime » François. Les mots sont révélateurs.

« Brève Arcadie » est le premier roman que Jacqueline Harpman a publié. Elle a remporté le prix Rossel en 1959 pour ce texte qui fut alors comparé à « La princesse de Clèves ». C’est en effet un récit très classique qui nous rappelle l’œuvre de Madame de la Fayette, par sa forme mais aussi par son propos. L’écriture est classique, elle sera jugée désuète par certains : les imparfaits du subjonctif pourront rebuter; ce n’est pas mon cas et j’aime à me replonger dans ce type d’écriture qui confère une grande élégance à l’ouvrage. Jacqueline Harpman a en outre le sens de la formule et emploie de très jolies tournures. Ceux que cela peut agacer s’orienteront plutôt vers ses romans des années nonante, beaucoup plus modernes dans leur expression.

 

Brève Arcadie, Jacqueline Harpman, Editions Labor, collection Espace nord, Bruxelles 2001, 223 p.

 

Lu dans le cadre du mois belge et du challenge Objectif Pal chez Antigone.

Avril 2019 : Le mois belge

 

Comme chaque année, le mois d’avril sera belge sur Le livre d’après : c’est la sixième fois que je participe à ce challenge organisé par Anne du blog Des mots et des notes et je suis toujours enthousiaste à l’idée de découvrir de nouveaux auteurs belges.

Le mois belge s’intéresse à tous les genres, romans, nouvelles contes, poésie, théâtre, ainsi que les écrits non-fictionnels : récits, essais, biographies, correspondance… sans oublier la bande dessinée, bien sûr.

Pour explorer les différentes facettes de la littérature belge, Anne nous a concocté quelques rendez-vous qui ne sont pas obligatoires, mais qui pourront être l’occasion de discuter autour de lectures communes. Les voici (j’ai indiqué en gras les rendez-vous auxquels je compte participer) :

 

Lundi 1er avril : Poisson d’avril ! (On glisse un petit poisson d’avril dans son billet du jour, chiche ?)

Mardi 2 : Jacqueline Harpman

Vendredi 5 : Maigret a 90 ans cette année ! (On se lit donc un Simenon avec le commissaire)

Samedi 6 : Flirt flamand 1 (un auteur flamand traduit ou en V.O.)

Lundi 8 : Un recueil de nouvelles

Mardi 9 : Antoine Wauters

Mercredi 10 : BD belge

Vendredi 12 : Marie Gevers

Lundi 15 : RDV Mauvais genres (polar, ou SFFF)

Mercredi 17 : Flirt flamand 2

Vendredi 19 : Diane Meur

Lundi 22 : Patrick Delperdange

Mercredi 24 : Henri Bauchau

Vendredi 26 : Emmanuelle Pirotte

Samedi 27 : Jeroen Olyslaegers (lecture commune du roman Trouble chez Stock)

Lundi 29 : Armel Job

Mardi 30 : Bouquet final (billet au choix, billet plaisir, pour clôturer ce mois en beauté)

 

Et voici quelques unes de mes lectures :

 

 

A la semaine prochaine !