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La pension de la via Saffi, Valerio Varesi

Après avoir beaucoup apprécié « Le fleuve des brumes » de Valerio Varesi, j’attendais avec impatience la sortie en poche de la seconde enquête du commissaire Soneri intitulée « La pension de la Via Saffi ». Paru en avril dernier, il arrivait à point nommé pour le mois italien.

Nous sommes à Parme, quelques jours avant Noël et le commissaire Soneri est l’un des seuls à ne pas se laisser gagner par l’effervescence mercantile qui règne dans la ville. Alors qu’il espère avoir enfin le temps de laisser libre cours à ses pensées, il se trouve face à une nouvelle énigme : la propriétaire d ’une petite pension de famille située dans le centre historique de Parme vient d’être assassinée. Or le commissaire Soneri connaissait la victime, Ghitta Tagliavini, puisque celle-ci accueillait par le passé dans sa pension de nombreux étudiants, dont Ada, sa future femme. Soneri passait d’ailleurs souvent à la pension pour rencontrer Ada.

L’enquête laisse très vite apparaître que la pension Saffi n’avait plus grand-chose à voir avec celle que Soneri avait connue. Devenus riches, les étudiants ne se contentent plus aujourd’hui d’une simple pension et la propriétaire s’était tournée depuis quelques temps vers une nouvelle clientèle, en choisissant de louer ses chambres en journée à des couples, dont beaucoup étaient illégitimes…

Le commissaire Soneri se dévoile un peu plus dans cette seconde enquête, où l’on apprend l’épisode douloureux de son veuvage précoce. Angela est toujours fidèle au poste pour le soutenir, ce qui n’est pas forcément drôle pour elle, car Soneri exprime peu ses sentiments. L’ensemble se déroule dans une atmosphère froide et brumeuse : les petites rues tortueuses du centre de la ville, pleines d’un épais brouillard, évoquent sans doute les méandres du passé de Soneri.

Le commissaire est en effet nostalgique de son passé, mais aussi de toute une époque, où Parme était encore une ville provinciale, où les gens se connaissaient, se parlaient. Il regrette que la ville soit maintenant gangrénée par la corruption et envahie par des étrangers, qu’il ne rejette pas, bien au contraire, mais dont il regrette qu’ils ne parviennent pas à s’intégrer et constituent des communautés qui vivent à côté des italiens, et non avec eux.

J’aime beaucoup le regard lucide et nostalgique que Soneri porte sur l’Italie, d’autant qu’il reste toujours mesuré dans ses propos. L’enquête elle-même nous en dit beaucoup sur l’évolution du pays, et cela prime sur les faits en eux-mêmes et sur l’intrigue et le suspense qui sont finalement secondaires. Le rythme lent donne une certaine profondeur au roman, mais risque de ne pas plaire aux amateurs de polars rapides aux multiples rebondissements. En revanche, pour les autres, c’est une série à suivre, sans aucun doute !

 

La pension de la Via Saffi, Valerio Varesi, traduit de l’italien par Florence Rigollet, Points Seuil P4772, avril 2018, p306.

 

Lu dans le cadre du mois italien chez Martine

 

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Le pays que j’aime, Caterina Bonvicini

La petite Olivia est l’héritière de riches entrepreneurs de Bologne. Elle est élevée dans une magnifique villa ornée de fresques du XVIIIème siècle et son meilleur ami, Valerio, n’est autre que le fils du jardinier et d’une domestique qui vivent sur place. Valerio va à la même école qu’Olivia et c’est d’ailleurs le grand-père d’Olivia, Gianni, qui les y conduit tous les matins. L’Italie est en train de vivre ses terribles années de plomb, et les familles aisées, dont les enfants sont fréquemment victimes d’enlèvements, vivent dans la peur. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur le terrible attentat qui a détruit la gare de Bologne en 1980.

Malheureusement, alors que Valerio est encore très jeune, le monde s’écroule autour de lui lorsque sa mère décide de quitter son père, et la villa des Morganti, pour suivre à Rome un petit escroc dont elle est tombée amoureuse. Ils se retrouvent dans un appartement délabré à la périphérie de la ville sainte dont Valerio ne connaîtra rien pendant des années. Pour les vacances, il retourne chez son père, c’est-à-dire chez les Morganti qui l’emmènent, avec son amie Olivia, sur la Versilia, la partie chic de la côte toscane fréquentée par les classes aisées de la région.

Et c’est ainsi que démarre le récit de quarante années d’amitié, et pas seulement, entre Olivia et Valerio. Ils vont se retrouver régulièrement, s’aimer alors qu’ils sont étudiants, puis se quitter, pour à nouveau mieux se retrouver. Olivia ne termine pas ses études, comme tout ce qu’elle entreprend, tandis que Valerio réussit au-delà de toute espérance. Née de son enfance passée entre la villa des Morganti et l’appartement insalubre de la périphérie romaine, sa faculté à se fondre dans des milieux différents, à défaut de s’y sentir chez lui, lui permet d’évoluer et de faire fortune dans l’Italie des années berlusconiennes. Mais Valerio n’est ni dupe, ni cynique et, conscient de la corruption des milieux qu’il fréquente, il conserve un regard lucide sur l’Italie des années quatre-vingt-dix et deux mille.

« Le pays que j’aime » est un roman attachant qui retrace une amitié d’enfance qui évolue en un amour fort qui malheureusement ne se concrétise pas, parce qu’Olivia préfère bien souvent se laisser porter que de prendre des décisions. Les situations sont souvent graves, mais jamais pesantes grâce à l’humour et à la légèreté qui émaillent le récit. On pourrait regretter le manque de détermination des protagonistes à vivre leur histoire d’amour, mais c’est finalement ce qui les rend crédibles et si humains. Il y a aussi des personnages forts comme Manon, la grand-mère qui a tant marqué Olivia et Valerio ; d’autres sont beaucoup moins courageux. Même Valerio doit renoncer, pourtant si près du but, pris au piège et préférant finalement la prison dorée qu’il s’est construite…

Une belle découverte que ce troisième roman de Caterina Bonvicini publié en français et récemment sorti en format poche.

 

Le pays que j’aime, Caterina Bonvicini, traduit de l’italien par Lise Caillat, Folio n°6462, mars 2018, 356 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois italien chez Martine

 

Pékin pirate, Xu Zechen, sélection Prix Meilleur Roman Points.

Dun Huang sort de prison en pleine tempête de sable. Il ne sait pas où aller dans ce Pékin qu’il connaît si mal. Lorsqu’il rencontre une jeune femme qui vend des DVD, il saisit sa chance et accepte d’aller au restaurant avec elle mais il tient à l’inviter, même s’il a très peu d’argent. Xia n’est pas dupe et comprend vite que Dun Huang a besoin d’aide.

Bientôt celui-ci s’installe chez elle. Avant, Dun Huang vendait des faux papiers. Son chef, Bao Ding, se trouve toujours en prison et Dun Huang décide d’essayer de rassembler l’argent nécessaire pour payer la caution de Bao Ding. Dun Huang, bandit loyal, est en effet reconnaissant à Bao Ding d’avoir endossé les responsabilités. Dun Huang demande alors à Xia s’il peut vendre le stock de DVD pornos que celle-ci cache sous son lit.  Mais le copain de Xia, l’énigmatique Kuang, semble devoir rentrer à la maison et Dun Huang doit donc partir à la recherche d’un nouveau toit, dans un Pékin à nouveau balayé par l’ouragan…

C’est un récit apparemment très réaliste que Xu Zechen nous livre dans « Pékin pirate », celui d’un pays en pleine mutation, la Chine des années 2000. Les laissés pour compte du capitalisme à la chinoise rejoignent la capitale où ils vivent d’expédients, sans perdre de vue leurs rêves modestes, avoir un toit et fonder une famille.

Les phrases courtes qui se succèdent souvent sans connecteurs logiques donnent au roman un rythme saccadé qui empêche, en ce qui me concerne, la fluidité de la lecture, mais qui colle finalement très bien au fond. L’auteur s’en tient en effet au factuel, ne s’embarrassant pas de descriptions psychologiques. Les personnages se parlent mais ils communiquent finalement peu entre eux.

Cette petite incursion dans la littérature chinoise contemporaine est certes intéressante, mais ne me laissera pas de grands souvenirs. Et cette avant-dernière lecture pour le Prix du Meilleur Roman Points ne reviendra pas remettre en cause mon choix de vote, à moins que le roman de Louis-Philippe Dalembert ne me fasse changer d’avis !

Pékin pirate, Xu Zechen, traduit du chinois par Hélène Arthus, Points P4742, février 2018, 186 p.

 

 

 

Mörk, de Ragnar Jónasson

A Siglufjördur, petite ville située à l’extrême nord de l’Islande, non loin du cercle arctique, le soleil disparait entièrement derrière les montagnes à la mi-novembre pour ne réapparaître que fin janvier. L’obscurité engloutit alors la petite ville pour soixante-douze jours. C’est pendant cette période sombre que l’inspecteur de police principal Herjólfur est assassiné, devant une vieille maison abandonnée, située à l’écart de la ville.

Son jeune collègue Ari Thór mène l’enquête, en compagnie de l’inspecteur Tómas, un ancien de la police locale qui a déménagé à Reykjavik et qui vient lui prêter main forte. Quelques pistes apparaissent : la veille bâtisse devant laquelle le policier a été retrouvé mourant abritait les activités de dealers locaux et elle avait également été le théâtre d’un drame jamais éclairci un demi-siècle auparavant ; le policier assassiné avait fait l’objet d’une enquête pour corruption, des années plus tôt ; enfin, le maire de Siglufjördur, et son assistante Elin, qui avaient échangé des coups de fil suspects après la visite de la police, semblaient avoir quelque chose à se reprocher…

L’intrigue est entrecoupée d’extraits d’un journal intime écrit par un jeune homme interné en asile psychiatrique, dont on ne saura qu’à la fin de qui il s’agit. La construction est donc plutôt classique, fréquente dans ce genre de polar et notamment dans les polars scandinaves. Le policier Ari Thór, qui est le héros récurrent de la série, vit avec Kristin, qui est médecin à l’hôpital d’Akureyri et ils ont un fils âgé d’un an. Les difficultés familiales s’annoncent dès le début de l’enquête, et l’on comprend que l’on suivra certainement la petite famille pendant plusieurs volumes. Rien de révolutionnaire donc dans le monde du polar scandinave, mais un roman agréable qui se lit facilement et rapidement et qui a le mérite de nous faire connaître le nord de l’Islande.

A préciser toutefois que « Mörk », qui vient de paraître en édition de poche, est le second volume traduit en français et il convient donc peut-être de commencer par le premier de la série, « Snjór », dans lequel le jeune policier est envoyé à Siglufjördur pour sa première affectation.

 

Mörk, Ragnar Jónasson, traduit de la version anglaise, d’après l’islandais, par Philippe Reilly, Editions Points n°P4757, mars 2018, 285 p.

 

Quelques photos de Siglufjördur sur un site consacré à l’auteur.

 

Livre lu dans le cadre du challenge scandinave. et du challenge polars et thrillers chez Sharon.

 

Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias.

 

D’entrée de jeu, Pino Corrias nous présente les trois personnages de son roman : Oscar Martello, producteur de cinéma prêt à tout -vraiment tout-, Andrea Serrano, scénariste un peu naïf et timide qui déguise sa lâcheté en élégance, et Jacaranda Rizzi, actrice très jolie qui a beaucoup souffert pour, peut-être un jour, réaliser son rêve…

Le pitch ? Oscar Martello a produit un film auquel il ne croit pas. Pour éviter la faillite qui le menace, il invente un stratagème destiné à doper les entrées dès que le film sera à l’affiche. Car Oscar Martello ne peut renoncer à son rêve, acheter Cinecittà et en refaire le temple du cinéma d’antan, rien que cela ! Il organise donc la disparition de l’actrice principale du film et l’envoie en compagnie d’Andrea à Paris dans un appartement qu’il vient d’acquérir. L’opération lui permettra, par la même occasion, de transférer discrètement de l’argent à l’étranger.

Mais l’intrigue peine à démarrer, l’auteur préférant nous présenter le « Supermonde », celui du cinéma, de la Jet set, qui se résume à une succession de soirées où règnent en maîtres le luxe, l’alcool et les drogues : une vie frénétique sans but, si ce n’est l’avidité, où chacun est prêt à se vendre pour une photo dans un magazine, pour un rôle dans un film. C’est une « Dolceroma » bien amère qu’il nous présente, symbole de l’ère post-berlusconienne et capitale d’un pays à la dérive.

Si l’on pense très vite au superbe film de Paolo Sorrentino, « La grande bellezza », on évitera de comparer pour ne pas rester sur notre faim. « Nous dormirons quand nous serons vieux » est la chronique amère du lancement d’un film qui nous décrit le cinéma italien contemporain comme un monde décadent et agonisant.  Et c’est à peu près tout. Pendant tout le roman, on attend quelque chose qui n’arrivera jamais : tout est prévisible, rien d’original, pas de rebondissements, les personnages correspondent à l’idée que l’on se fait d’eux. Journaliste, producteur pour la télévision, scénariste, Pino Corrias connait bien le milieu qu’il décrit. Peut-être trop ? En tout cas, le roman apporte peu au lecteur, et sera loin de figurer parmi mes favoris de cette sélection !

 

Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias, traduit de l’italien par Jacques Barbéri, Points Seuil n°P4743, février 2018, 323 p.

 

Sélection pour le Prix du Meilleur roman Points

 

 

Ce qu’est l’homme, David Szalay

 

C’est un portrait de l’européen contemporain qui se dégage de ce roman qui se veut comme tel mais qui est plutôt la juxtaposition de neuf nouvelles, comme autant de tranches de vie d’hommes de notre époque. Chacun d’entre eux, de tous âges -dix-sept à soixante-treize ans-, vit une aventure, loin de chez lui. Les scènes se passent dans des hôtels, des appartements de location, des résidences secondaires… Les héros sont toujours des européens qui voyagent dans d’autres pays d’Europe.

Il y a Simon qui parcourt l’Europe en train avec son ami Ferdinand. Le voyage est un révélateur et les deux étudiants apprécient très différemment les découvertes et rencontres qu’ils font à Berlin et à Prague.

Bernard, quant à lui, est parti seul à Chypre dans un hôtel décevant ; heureusement il sympathise (et plus si affinités) avec une mère et sa fille. Mais la rencontre n’a pas grand intérêt pour lui.

Gabor emmène sa petite amie Emma à Londres pour la livrer à la prostitution. Il est accompagné par Balazs, entraîneur sportif, qui joue le rôle de garde du corps. Les deux Hongrois communiquent peu et ne dévoilent pas leurs sentiments.  Balazs passe finalement une journée avec Emma et l’apprécie sans la juger.

Un chercheur doctorant quitte l’Angleterre où il est venu pour la publication de sa thèse. Il ne s’habitue pas à l’idée que le monde puisse changer tout le temps. Le voyage est pour lui l’occasion de convoquer des souvenirs d’une enfance qui n’est pas si loin.

Karel est belge. Il se rend en Pologne avec sa petite amie polonaise qui lui annonce qu’elle est enceinte. Il veut qu’elle avorte mais elle ne s’y résoud pas. L’incommunicabilité entre les deux amoureux est totale.

Kristian, journaliste danois, n’hésite pas un instant quand il s’agit de révéler un scoop concernant la vie privée d’un ministre et d’une femme mariée. Son travail représente toute sa vie.

Murray a quitté l’Angleterre pour vivre une semi-retraite en Croatie où il n’a qu’un ami, un Hollandais timide. Murray se fait arnaquer : désabusé, sans illusion, il n’attend plus rien de la vie.

Sur son yacht, Aleksander non plus n’a plus goût à la vie : il a perdu son immense fortune et sa femme l’a quitté. Il recherche alors le moyen le plus efficace de se suicider.

Enfin, un anglais de soixante-treize ans se repose dans sa résidence secondaire en Italie. Parce qu’il est victime d’un accident, sa femme vient l’aider par devoir. Sa fille viendra ensuite, par amour. Il essaie de comprendre la perception que les hommes ont du temps qui passe.

Ces hommes ont tous en commun une fragilité, un doute, des difficultés à communiquer ou à exprimer leurs émotions. Certains sont agaçants, on aurait envie de les secouer. D’autres arrogants, gâtés par l’argent, certains sont au contraire touchants. Où qu’ils aillent, leur tristesse ou leur ennui ne les quitte pas. C’est un portrait bien sombre que nous livre l’auteur britannique David Szalay : les mâles européens se portent-ils tous aussi mal ? D’où vient leur vague-à-l’âme ? Le « roman » n’est pas dénué d’intérêt, il a d’ailleurs été finaliste du prestigieux Man Booker Prize. A éviter toutefois par une longue journée de pluie !

 

Ce qu’est l’homme, David Szalay, traduit de l’anglais par Etienne Gomez, Albin Michel, mars 2018, 547 p.

 

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel de m’avoir fait découvrir ce roman.

 

 

 

 

Les nuits sont calmes à Téhéran, Shida Bazyar

 

1979, le Shah d’Iran est renversé. Behsad est un étudiant engagé qui attend beaucoup de cette révolution. A terme, il espère que les livres remplaceront les armes, mais l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny lui enlève toutes ses illusions. Vient alors pour lui le temps de la résistance, et quelques temps après, la question essentielle, rester ou s’exiler ?

C’est en Allemagne en 1989 que l’on retrouve Behsad, mais la narratrice de cette deuxième partie est Nahid, l’épouse de Behsad. Le couple a quitté Téhéran avec ses deux jeunes enfants pour s’installer dans la patrie du capitalisme, seul moyen pour eux de poursuivre la lutte clandestine. Puis, c’est Laleh, la fille de Behsad et Nahid qui poursuit le récit en 1999, alors que Rafsandjani est élu président de la République. Mo, son jeune frère, sera ensuite le témoin, en 2009, toujours de l’Allemagne, leur patrie d’accueil, de nouveaux mouvements révolutionnaires en Iran. Enfin, Tara, la troisième enfant du couple, née en exil, termine le roman en offrant son point de vue.

« Les nuits sont calmes à Téhéran » est le premier roman d’une jeune allemande d’origine iranienne, Shida Bazyar. Il retrace trente années de l’histoire contemporaine de l’Iran, à partir de la vie quotidienne d’une famille iranienne engagée ; mais ce sont surtout les relations familiales, les petits tracas du quotidien, la vision qu’ont les iraniens de l’Allemagne et les surprises qui attendent ceux qui émigrent que l’auteur nous détaille. Autant de thèmes développés par les cinq membres d’une même famille, parents et enfants, deux générations qui ont connu des modes de vie très différents, puisque les premiers ont été élevés en Iran, les seconds en Allemagne. Ils ont cependant tous en commun de ne chercher qu’une chose, la liberté.

« Les nuits sont calmes à Téhéran » nous fait pénétrer dans le quotidien semé d’embûches d’une famille qui découvre peu à peu combien il est difficile de mener une révolution, de ne pas se la faire confisquer, comme l’ont été beaucoup de révolutions arabes récentes. Il attire aussi notre attention sur ce que représente l’exil pour les différents membres d’une même famille. En ce qui concerne la forme, j’ai regretté des paragraphes trop longs et un certain manque de fluidité dans l’écriture. Néanmoins, le contenu est très intéressant et se prolonge dans l’actualité iranienne, au moment où de nombreuses jeunes femmes cherchent elles aussi à mener une révolution en se débarrassant de leur voile, et comme la famille de Behsad, à recouvrer leur liberté.

 

Les nuits sont calmes à Téhéran, Shida Bazyar, traduit de l’allemand par Barbara Fontaine, Editions Slatkine et Cie, janvier 2018, 247 p.  

 

Je remercie les Editions Slatkine et Cie de m’avoir permis de découvrir ce roman.

 

Pour en savoir plus sur le roman : http://www.slatkineetcompagnie.com/nuits-calmes-a-teheran/