Archives

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud

 

Etre juré d’un prix littéraire est très intéressant pour de nombreuses raisons, et notamment parce qu’il oblige à lire des livres auxquels on ne se serait pas forcément intéressé. C’est le cas du roman de Maëlle Guillaud, « Lucie ou la vocation », qui traite de religion et du choix d’entrer dans les ordres, qui n’avait pas attiré mon attention lors de sa parution en 2016.

Lucie est en khâgne dans un prestigieux lycée parisien mais la compétition impitoyable qui règne dans cette classe préparatoire ne convient pas à la jeune fille qui ne supporte plus la pression. Celle qui se prépare à une brillante carrière se trouve emplie de doutes. Depuis quelques temps, elle se rend dans la cour d’un couvent en compagnie de Mathilde, une amie catholique pratiquante. L’amour et la sérénité qu’elle y ressent la conduisent à rencontrer la mère supérieure et très rapidement, à entrer en noviciat : pourquoi ne pas vivre sa foi, devenir l’épouse de Dieu, lui sacrifier sa vie ?

C’est une congrégation prestigieuse, contemplative, mais aussi très dure, que Lucie a choisie : il lui faudra un jour faire vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Dès les premiers jours, Lucie est confrontée à la difficulté d’obéir et se retrouve à nouveau en proie au doute, un sentiment qui ne la quittera plus.

Outre le point de vue de Lucie la narratrice, ce court roman nous offre celui de sa meilleure amie Juliette, qui a bien du mal à comprendre le choix de Lucie. Juliette brûle d’envie d’aider Lucie à sortir de ce qu’elle considère comme une prison, un enfermement qui ne peut être que l’œuvre d’une secte. Elle se met à haïr ce dieu qui lui a volé sa meilleure amie. Fidèle, elle continue à écrire et à rendre visite à Lucie, et essaie de comprendre, encore et toujours.

A l’intérieur du couvent, les choses ne se passent pas comme Lucie l’avait imaginé. Les pires défauts humains règnent : hypocrisie, jalousies, mensonges, cruauté, manipulation. Le prieuré n’est finalement que le reflet de la société. L’arrivée de Mathilde ne soulagera pas Lucie, bien au contraire. Il n’y a qu’un père jésuite, ancien ami du père de Lucie, qui parviendra à lui apporter quelque réconfort.

Le sujet est original et intéressant, mais le traitement parfois un peu abrupt et rapide : on se demande comment une jeune fille moderne en arrive à prendre la décision d’entrer dans les ordres aussi rapidement. On comprend vite que Lucie est éprise d’absolu, mais on regrette que son cheminement ne soit pas plus détaillé. Il en va de même à la fin, lorsqu’elle prend sa décision finale.

Pour autant, ce premier roman est bien écrit, fluide et prenant. Il présente l’intérêt de nous emmener dans une réflexion hors du temps. Un temps qui d’ailleurs, ne se déroule pas comme à l’ordinaire : dans « Lucie ou la vocation », les années passent sans que l’on s’en aperçoive, le temps semble immuable. Et se posent les questions essentielles : exerçons-nous vraiment notre liberté ? Détenons-nous vraiment le pouvoir de choisir notre vie ?

 

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud, Editions Points Seuil, Paris, septembre 2017, 201 p.

  

Livre lu dans le cadre du Prix du meilleur roman Points seuil 2018.

 

 

Publicités

Ils sont sortis en poche n°2 !

 

Pour la deuxième édition de ce nouveau rendez-vous, j’ai choisi quelques titres qui viennent de paraître en éditions de poche au cours des deux derniers mois. La période est propice, il s’agit de choisir ce que nous allons mettre dans nos valises ou simplement dans notre sac pour un petit arrêt sur une terrasse !

 

Voici d’abord les romans que j’ai découverts lors de leur première parution :

 

Imaginez un enfant dont les parents possèdent beaucoup de garages et … un château en Espagne. Qui, par leur comportement, obligent leur fils à « mentir à l’envers » à l’école, parce que, lorsqu’il dit la vérité, personne ne le croit. Qui dansent tout le temps sur « Mr Bojangles » de Nina Simone. Qui font de leur vie une fête permanente, invitent des amis, boivent des cocktails. Qui sont très amoureux, n’ouvrent jamais leur courrier, n’envoient plus leur fils à l’école… et dansent, dansent, dansent, encore et toujours…

Lire la suite

 

 

 

 

Le roman s’ouvre à Bruxelles en 1815 sur le grand bal donné par la duchesse de Richmonds. Il s’agit pour elle de réunir la haute société anglaise, et notamment les nombreux réservistes basés à Bruxelles pour protéger la ville face à une possible invasion de Napoléon Bonaparte. La famille de Richmonds s’était elle-même établie à Bruxelles pour montrer sa solidarité avec le duc de Wellington qui y avait installé son QG, mais aussi pour faire des économies, loin des tentations londoniennes. Les temps étaient en effet difficiles, mais pas assez cependant pour renoncer à ce genre de festivités !

Au début du bal, la duchesse est interloquée de voir qu’elle a invité, par l’entremise de son neveu, M. James Trenchard, principal fournisseur de Wellington, qui n’est pour elle qu’un simple « épicier ». Lire la suite

 

 

 

Le premier roman de David Carkeet traduit en français, Le linguiste était presque parfait, m’avait vraiment emballée et j’attendais les suivants avec impatience. Ce ne fut pas long, car les Éditions Monsieur Toussaint Louverture ont publié en mai dernier une seconde aventure de Jérémy Cook, le linguiste misanthrope et pourtant si sympathique.

Dans Le linguiste était presque parfait, Jérémy Cook, qui étudiait le babil des jeunes enfants au sein de l’Institut Wabash, dans une université inconnue perdue dans l’obscur Comté de Kingsley,   résolvait deux meurtres au moyen de… la linguistique. Dans Une putain de catastrophe, la linguistique reste au centre du roman, mais elle permet, contre toute attente, de sauver des couples au bord du divorce !   Lire la suite

 

 

 

Comme chaque année, la famille Edevane fête le solstice d’été et reçoit pour l’occasion de nombreux invités autour du lac, dans le magnifique parc de son manoir des Cornouailles, le beau Loeanneth. A la fête succède la stupeur : le petit dernier, Théo, âgée de onze mois seulement, a disparu de la nurserie. Les recherches que la police entreprend aussitôt restent vaines, et rapidement, la famille Edevane quitte cet endroit somptueux mais désormais maudit, pour s’installer à Londres.

Soixante-dix ans plus tard, Sadie Sparrow, jeune inspectrice de police, est contrainte de se mettre en congé car elle a commis une grave erreur en parlant à la presse, au cours d’une enquête dans laquelle elle n’était pas d’accord avec ses supérieurs. Sadie se rend chez son grand-père Bertie, qui s’est installé dans les Cornouailles après le décès de son épouse. C’est là que Sadie entend parler de l’affaire Edevane… Lire la suite

 

 

Puis ceux que je vais très vite acheter, parce que Nicole, Hélène  et Jostein , m’ont donné très envie de les lire :

 

 

 

Voici le billet de Jostein ici.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vous laisse découvrir le billet de Nicole ici.

 

 

 

 

 

 

 

Et vous, avez-vous déjà lu l’un de ces titres ?