Lire ! Bernard et Cécile Pivot

 

Bernard Pivot et sa fille, Cécile Pivot, partagent l’amour de la lecture. Le premier se présente comme « un marathonien professionnel de la lecture », même si la retraite lui permet maintenant d’adopter une approche des livres différente. La seconde est admirée par son père en tant que lectrice « amateur » qui lit pour son seul plaisir, et ne peut s’empêcher de lire en toutes circonstances. Tous deux ont décidé de nous offrir leurs réflexions sur les différents aspects de la vie d’un lecteur : les lectures d’enfance, les rituels de lecture, choisir un livre, offrir un livre, lire en vacances, sacrées lunettes…

Père et fille nous livrent leur expérience, leurs découvertes, leur richesse née de la lecture, leurs conseils aussi. Bernard Pivot nous dit qu’«il ne faut prendre le livre qu’on va lire ni avec des pincettes, ni avec des gants. Il faut le saisir à pleines et chaleureuses mains, comme du bon pain ou une belle étoffe ».

Cécile Pivot nous révèle que le plus grand bonheur de la lecture pour elle, c’est « s’engouffrer dans la vie des autres et ne plus les lâcher d’une semelle jusqu’à ce qu’ils aient décidé de nous quitter ». Elle reconnait vivre par procuration et adorer cela. « Toutes ces existences qui ont traversé la mienne, l’ont même influencée, sont ma plus grande richesse », ajoute-t-elle.

J’ai particulièrement aimé le chapitre consacré à ce que l’on sacrifie pour lire, dans lequel Cécile Pivot avoue sans vergogne avoir souvent préféré la compagnie des livres à celle de ses amis. De même, le chapitre consacré aux dictionnaires qui me rappelle, à moi aussi, des souvenirs d’enfance, lorsque mon père, ma grand-mère, comme Bernard Pivot, le consultaient chaque jour, pas pour rechercher un mot, mais pour « flâner, baguenauder », un vrai plaisir pour l’auteur :

« Ouvrir un dictionnaire, c’est se jeter dans le foisonnement de la vie, dans l’exubérance du monde. C’est prendre le risque de se dire inculte. C’est aussi se donner la fierté de la découverte ou l’orgueil de l’attestation. C’est encore à chaque fois s’approprier des petits morceaux de l’héritage universel ».

Lire ! est aussi un ouvrage où l’on remarque le choix judicieux des illustrations proposées, photos, dessins, reproductions de tableaux, qui nous étonnent ou nous font sourire et sur lesquelles on aime revenir et s’attarder. Bernard Pivot dit avoir longtemps refusé de faire ce livre qui n’intéresserait que des lecteurs convaincus. Sans doute, mais c’est un bel éloge de la lecture.

 

Lire ! Bernard et Cécile Pivot, Flammarion, Paris, mars 2018, 190 p.

 

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La ferme des animaux, George Orwell

 

Dans la ferme du Manoir, vit un vieux cochon prénommé Sage l’Ancien. Comme son nom l’indique, il a beaucoup réfléchi au cours de sa longue existence. Un rêve le décide à réunir ses congénères et les autres animaux de la ferme afin de leur faire part de ses conclusions : les animaux vivent une vie de labeur et de servitude jusqu’à leur mort, alors que l’Angleterre, pays riche et fertile pourrait leur fournir de meilleures conditions de vie si seulement… ils se libéraient du joug de l’Homme, « seul véritable ennemi » et « seule créature qui consomme sans produire ». L’Homme en effet « distribue les tâches entre (les animaux) mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie ».

Le germe du doute est semé dans les esprits des habitants de la ferme et, quelques mois plus tard, ils se soulèvent violemment contre Mr. Jones, le propriétaire de la ferme, et ses ouvriers agricoles. Les animaux chassent les hommes de la ferme, puis se réunissent sous la direction de Boule de Neige et de Napoléon, deux cochons qui révèlent aux autres qu’ils ont appris à lire au cours des dernières semaines. Il ne leur reste plus qu’à adopter, tous ensemble, les « Sept Commandements » qui constituent la loi de la ferme.

Les réunions vont bon train, la démocratie s’installe. Les animaux redoublent d’effort et triment avec joie depuis qu’ils n’ont plus de maître mais sont leur propre patron. Bien vite, les cochons, plus intelligents, prennent le dessus et le rêve se mue peu à peu en cauchemar : Napoléon évince Boule de Neige et l’accable de tous les torts ; il s’arroge des privilèges, s’entoure d’une cour, instaure un culte de la personnalité, fait courir des bruits puis une véritable propagande. La dictature a pris le relais depuis longtemps ; en tous cas, bien avant que les esprits ne s’en aperçoivent !

Publiée en 1945, cette fable animalière était une critique de la révolution russe et du régime soviétique. C’est aussi un cours de stratégie politique décrivant les étapes qui mènent au totalitarisme. Toujours d’actualité, ce court roman nous montre de quelle façon une révolution peut être confisquée par certains éléments qui l’ont mise en route ou y ont participé. On ne manquera pas de penser au mécanisme qui a conduit les révolutions arabes vers des régimes qui sont tout sauf démocratiques !

Orwell démontre une fois de plus sa lucidité et ses qualités de visionnaire mises en exergue dans son célèbre « 1984 ». « La ferme des animaux », comme « 1984 » et « Le meilleur des mondes » (d’Aldous Huxley), fait partie de ces ouvrages qui devraient absolument être étudiés en classe, tant ils ont à nous apprendre sur notre monde actuel. C’est concis, brillant, et en même temps, facile à lire. A recommander donc sans modération et pour tous !

La ferme des animaux, George Orwell, traduit de l’anglais par Jean Quéval, Folio n°1516, avril 2017.

 

Lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda et du challenge Objectif Pal chez Antigone

 

Quelques sorties en poche très attendues pour l’été…

En flânant dans les rayons de ma librairie, j’ai repéré plusieurs titres que j’ai beaucoup aimés au cours des derniers mois et qui viennent de sortir en format de poche. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de les lire, ils tombent à point nommé pour les vacances !

 

Du côté des polars, une valeur sûre :

Un nouveau Fred Vargas est toujours un événement pour ses lecteurs qui se délectent à l’avance. J’avais un peu différé la lecture de ce nouvel épisode des aventures du commissaire Adamsberg paru juste avant l’été 2017, et le plaisir n’en n’a été que plus grand. Il me fallait en effet un peu de temps devant moi, car un Vargas doit se savourer, même si l’envie est grande de le lire d’une traite.

Cette fois, l’auteur nous emmène d’abord sur la piste de l’assassin d’une jeune femme : s’agit-il du mari ou de l’amant ? Adamsberg expédie l’affaire en quelques jours, là où ses collègues avaient échoué… Lire la suite

 

 

 

 

 

Une lecture facile pour l’été qui nous emmène en Sicile:

Avec « la maison au bord de la nuit », Catherine Banner nous offre une saga familiale qui s’étend sur trois générations : elle démarre en effet à l’aube de la première guerre mondiale pour se terminer en 2010.

Au large de la Sicile, la petite île de Castellamare est bien loin du reste du monde; une impression renforcée lorsque l’on se trouve sur sa façade sud … Lire la suite

 

 

 

 

 

 

Un roman historique aux multiples rebondissements :

 

Rome 1515. Shimon Baruch, un marchand juif, se fait agresser et voler une bourse remplie de pièces d’or, fruit d’une bonne affaire qu’il vient de conclure. Voulant se venger, il tue l’un de ses jeunes agresseurs, un attardé mental prénommé Ercole. Lui-même grièvement blessé à la gorge par Mercurio qui le laisse pour mort sur les pavés, Shimon Baruch se remet mais perd définitivement l’usage de la parole. Une fois la peur oubliée, sa volonté de vengeance est décuplée … Lire la suite

 

 

 

 

 

Un de mes coups de coeur 2017 : un roman fascinant, très bien écrit.

Les Trois-Gueules sont dominées par un plateau où survivent quelques fermiers. Après la seconde guerre mondiale, l’arrivée de l’entreprise Charrier, attirée par une roche à extraire de grande qualité, marque le début de la prospérité pour le hameau du plateau devenu village : Les Fontaines est un paradis terrestre, préservé des fureurs de la ville, pour peu que ses habitants ne s’approchent pas des Trois-Gueules et de leurs précipices dangereux … Lire la suite

 

 

 

 

 

Dystopie, aventures, mais aussi rôle de l’art : un roman envoûtant.

« Station eleven » est le quatrième roman de la canadienne anglophone, Emily St-John Mandel. Publié en 2014, il a été nominé au prestigieux « National Book Awards » américain. Il vient de sortir en français et je ne doute pas qu’il se trouve en bonne place parmi les romans étrangers de cette rentrée littéraire car c’est un excellent roman !

Arthur Leander, célèbre comédien, est terrassé par une crise cardiaque en pleine représentation du « Roi Lear » de Shakespeare dans un théâtre de Toronto. La scène se déroule sous les yeux d’une petite fille, Kirsten, présente en coulisses au moment du drame … Lire la suite

 

 

Et vous, avez-vous repéré d’autres parutions en format de poche ?

 

Rêves de femmes, Virginia Woolf

 

Aujourd’hui, le rendez-vous du mois anglais est consacré à un recueil de nouvelles. C’est l’occasion pour moi de découvrir quelques textes de Virginia Woolf, dans une lecture commune partagée avec Ellettres.

 

« Rêves de femmes » regroupe six courtes nouvelles de Virginia Woolf. Ces textes sont précédés d’un article très intéressant intitulé « Les femmes et le roman » dans lequel l’auteure prédit que « les femmes en viendront à écrire moins de romans, mais des romans de meilleure qualité » ; moins de romans, car elles auront eu entretemps l’opportunité de se tourner vers les autres genres, poésie, critique, histoire notamment.

Virginia Woolf espère ainsi l’avènement d’un âge d’or « peut-être chimérique où les femmes auront à leur disposition ce qui leur a été longtemps refusé -un peu de temps libre, un peu d’argent et un lieu à elles ». Si les deux dernières conditions peuvent être remplies de nos jours, le temps libre reste, quant à lui, un luxe pour les femmes…

La première nouvelle, « Un collège de jeunes filles vu de l’extérieur », ouvre ce recueil de manière très poétique : ces quelques pages visent simplement à nous révéler le geste tendre d’une jeune fille envers une autre, geste qui ouvre tout un monde de félicité. Tout est ici dans la suggestion, l’évocation poétique.

Dans la deuxième nouvelle, « Une société », un petit groupe d’amies fonde une « société de questionneuses » qui a pour but d’évaluer les œuvres des hommes : sont-ils assidus ? Ont-ils autant de mérite que les femmes qui « peuplent le monde », c’est-à-dire qui enfantent ?  C’est ici la féministe qui écrit.

« Dans le verger » est une rêverie peuplée de sons : Miranda est endormie dans le jardin, sous le pommier, et l’on ne sait pas si elle entend tous ces sons, si elle les vit dans son rêve, mais l’ensemble évoque un tableau onirique avec, nous dit la notice, des connotations proustiennes…

La quatrième nouvelle évoque des « moments d’être », qui sont des visions, des extases poétiques ou mystiques provoquées par une émotion profonde née d’un mot, d’une phrase… Derrière la délicatesse des sentiments, se cache une passion ardente.

Très différent, « Lappin et Lapinova » ressemble à un conte fantastique. Sur le thème du mariage, cette nouvelle se distingue des précédentes par son caractère cruel, comme l’est d’ailleurs le dernier texte du recueil, « Le legs », sur le même thème, mais en beaucoup plus ironique.

Je n’avais jamais lu de livre de Virginia Woolf et ce recueil constitue donc pour moi un préambule. Il révèle un monde délicat, poétique, et onirique, tandis qu’apparaissent également les préoccupations féministes de Virginia Woolf. Des nouvelles écrites à différents moments de la vie de Virginia Woolf, qui sont sans aucun doute représentatives de son œuvre, et qui sont à rapprocher de sa biographie mise à notre disposition à la fin du recueil. L’ensemble m’a plu et m’a donné envie d’en découvrir davantage. Je compte donc sur les lectures du mois anglais pour m’indiquer par quelle œuvre de l’auteure poursuivre ma découverte …

L’avis d’Ellettres ici.

 

Rêves de femmes, Six nouvelles, Virginia Woolf, traduction de Michèle Rivoire, Folio classique n°6424, janvier 2018, 139 p.

 

Lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda.

 

 

 

Le tour de Belgique de Monsieur Iou

Vivant en Belgique depuis toujours, Monsieur Iou, la trentaine venue, se rend compte qu’il connaît mieux de nombreux pays européens que la Belgique. La faute aux vols low-costs, aux city-trips et autres façons de voyager modernes ! Alors Monsieur Iou a l’idée de faire le tour de la Belgique à vélo. « Par étapes. Avec le goût de la lenteur et de l’éveil. »

C’est « une invitation alternative au voyage » bien charmante qu’il nous propose dans un album aux couleurs de la Belgique, noir, jaune, rouge. Monsieur Iou se défend pourtant de tout patriotisme, là n’est pas son propos, et effectivement, à part les couleurs des vignettes, Monsieur Iou veut simplement nous faire découvrir quelques coins de Belgique qu’il a traversés sur sa petite reine et nous communiquer sa passion.

Mais de vélo, il y en a un peu trop à mon goût. En fait, je m’étais fait une fausse idée de cette bande dessinée, imaginant que les aspects culturels, géographiques, voire historiques de la Belgique étaient davantage mis en avant. Or, « L’interlude matériel » détaille les aspects techniques du vélo, « La minute lexicale », on l’aura compris, nous permet d’approfondir notre vocabulaire en la matière …

Pour le reste, j’ai aimé le graphisme de l’album et surtout l’humour de Monsieur Iou, ainsi que l’éloge de la lenteur et de l’observation qu’il prône dans cette BD originale, mais aussi très dans l’air du temps. Un cadeau idéal dimanche prochain pour les papas fans de vélo ?

Le tour de Belgique de Monsieur Iou, Editions Rue de l’échiquier, Paris et Grand Braquet, Schaerbeek, mars 2018, 125 p.

 

Merci à Babelio de m’avoir fait découvrir ce livre.

Testament à l’anglaise, Jonathan Coe

Pour le premier jour du mois anglais organisé par Lou et Cryssilda, le Blogoclub a choisi de lire le roman de Jonathan Coe, « Testament à l’anglaise ». Vous retrouverez ci-dessous et chez Amandine, ma co-organisatrice, les avis des membres du Blogoclub. Ceux qui avaient déjà lu ce roman, paru il y a une vingtaine d’années, pouvaient choisir une autre œuvre du même auteur.

 

Illustre famille britannique, les Winshaw règnent sur la vie publique anglaise de la deuxième moitié du XXème siècle, pour atteindre leur apogée dans les années quatre-vingt. Leur arrogance est à peine tempérée par une crainte : que ne soient révélées de sombres histoires de famille. En effet, la vieille Tabitha Winshaw, qui a toujours été considérée comme folle par la famille, -et qui a été enfermée pour cela-, a chargé un jeune écrivain de rédiger un livre retraçant l’histoire de la famille. En poussant Michael Owen dans ce travail de longue haleine, Tabitha Winshaw espère qu’il révèlera la vérité quant à certaines tragédies familiales inexpliquées, ce qui, bien sûr, n’arrange pas certains membres de la famille…

L’enquête menée par le jeune écrivain n’empêche pas les Winshaw de continuer à profiter de leur position et de leurs relations pour s’enrichir sans scrupules. La mort du patriarche Mortimer Winshaw et la lecture de son testament viendra éclaircir tout cela, dans un final digne d’Agatha Christie.

Il y a en effet un peu de tout dans ce roman, une intrigue policière, une critique sans concession de l’Establishment anglais, l’histoire économique de l’Angleterre de Thatcher, beaucoup de cynisme et de corruption, et aussi de l’humour. Le récit est un peu déroutant au début puisque l’on passe de la présentation de la famille Winshaw à un épisode de l’enfance de Michael Owen. Les pièces d’un puzzle littéraire se mettent en place doucement, mais la structure qui en naît est très élaborée. Pour autant, la lecture est toujours fluide et facile, jusqu’à devenir très prenante.

Il y a toutefois quelques longueurs lorsque Michael présente des extraits de ses recherches relatives à chacun des membres de la famille Winshaw : si j’ai apprécié les questions relatives à la politique Thatchérienne ou à la situation au Moyen Orient au début des années quatre-vingt-dix, je me suis ennuyée lorsque l’auteur détaille les problèmes techniques que rencontre Dorothy pour améliorer la compétitivité de son entreprise agroalimentaire.

Bref, il y en a un peu pour tous les goûts car tous les pans de l’économie britannique, médias y compris, en prennent pour leur grade. Et c’est un portrait peu reluisant du pays que Jonathan Coe dresse avec brio. Au total, un roman foisonnant et très intéressant. Voilà qui inaugure bien ce mois anglais !

 

Testament à l’anglaise, Jonathan Coe, traduit de l’anglais par Jean Pavans, Folio n°2992, août 1997, 683 p.

 

Les avis des membres du Blogoclub :

-Ont lu « Testament à l’anglaise » :

-Amandine

-Edyta

Eve

-Itzamma

-Lili

-Pralineries

 

 

-D’autres romans de Jonathan Coe:

-Martine a lu « Numéro 11 ».

-Kathel a lu « Bienvenue au club ».

-Anne a lu « Expo 58 ».

 

 

 

Une bouche sans personne, de Gilles Marchand, meilleur roman Points 2018 !

 

 

C’est officiel : le prix du Meilleur roman Points 2018 a été décerné au roman « Une bouche sans personne » de Gilles Marchand.

 

Je suis ravie, car c’était mon coup de coeur de cette sélection 2018 que vous pouvez retrouver ci-dessous. J’ai donc voté pour lui, après quelques hésitations toutefois avec « Eclipses japonaises » d’Eric Faye que j’ai également beaucoup aimé, mais qui est très différent. J’ai fait le choix de l’imagination, de la poésie pour ce roman plein de charme, mais également bouleversant.

 

Vous pouvez retrouver ma chronique ici.

 

Les autres titres de la sélection 2018 :

Histoire du lion Personne, Stéphane Audéguy.

-Eclipses japonaises, Eric Faye.

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud.

Six degrés de liberté, Nicolas Dickner.

Nous dormirons quand nous serons vieux, Pino Corrias.

Pékin pirate, Xu Zechen.

-Avant que les ombres s’effacent, Louis-Philippe Dalembert.

-Derniers feux sur Sunset boulevard, Stewart O’Nan.