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La maison au bord de la nuit, de Catherine Banner

Pour la journée du mois italien consacrée à la Sicile -et à la Sardaigne-, j’ai choisi un roman que m’a proposé Babelio et qui se déroule dans une petite île proche des côtes siciliennes. Pour une fois, il ne s’agit pas de littérature italienne, puisque l’auteure est une jeune femme britannique, connue pour avoir écrit une trilogie destinée aux jeunes adultes.  Avec « la maison au bord de la nuit », Catherine Banner nous offre une saga familiale qui s’étend sur trois générations : elle démarre en effet à l’aube de la première guerre mondiale pour se terminer en 2010.

Au large de la Sicile, la petite île de Castellamare est bien loin du reste du monde; une impression renforcée lorsque l’on se trouve sur sa façade sud, s’ouvrant vers le grand large, là où la nuit est pleine et noire. C’est de cette situation que la « maison au bord de la nuit » tire son nom, elle qui tourne le dos aux lumières du continent. Mais après avoir abrité le seul café du village, la maison est presque en ruine.

Amedeo Esposito est un orphelin qui a été élevé dans un couvent de Florence. Devenu médecin, il cherche désespérément un poste et finit par en trouver un sur l’île de Castellamare. Il s’installe et épouse bientôt l’institutrice Pina. Destitué de son poste de médecin suite à une aventure qu’il a eue avant son mariage avec l’épouse du « Comte », propriétaire terrien et notable local, il restaure la « maison au bord de la nuit » et rouvre le café que celle-ci abritait. Pina et lui ont quatre enfants, dont la petite dernière, Maria-Grazia, qu’une légère infirmité infantile a rendue plus combative, devient la figure principale de cette saga.

Au début du récit, le petit monde de Castellamare vit presque en autarcie, mais il subit pourtant les affres de la guerre, comme le reste de l’Italie : les fils sont appelés au combat, comme les autres, et les commerces pâtissent de la crise économique. Comme ailleurs, les gens se déchirent mais ils sont aussi très solidaires, même s’ils ne le montrent pas de prime abord, préférant souvent se délecter des rumeurs qui animent leur quotidien.

La petite Maria-Grazia grandit, révélant ses nombreuses qualités, parmi lesquelles une détermination et un courage hors du commun. Toute sa vie, elle tiendra le café « au bord de la nuit » qui devient très vite le centre animé de la petite île dont nous suivons l’évolution jusqu’à nos jours. Lorsque le tourisme arrive à Castellamare, à la faveur de la découverte de quelques trésors archéologiques, Maria-Grazia saisit cette opportunité pour développer encore son commerce et peut-être un jour, le transmettre à ses enfants…

« La maison au bord de la nuit » est un roman à prendre tel qu’il est, pour le plaisir de la lecture. Certes, il y a quelques clichés, avec les veuves bigotes toutes de noir vêtues, le limoncello et les arancini indiqués en italique, les vieux qui jouent à la scopa et les lecteurs de la Gazzetta dello sport… mais c’est aussi cela l’Italie. Reste qu’un auteur italien aurait sans doute moins insisté sur ce « folklore », car il ne l’aurait pas remarqué !

Au total, ce roman est une jolie saga, distrayante, qui se lit facilement et nous transporte sur la petite île, au gré des croyances populaires, des miracles de la sainte locale, des saisons et de la nature : l’auteure parvient à nous apporter les effluves des bougainvillées et les ressacs de la mer… Bref, si vous voulez vous distraire, vous laisser porter, la maison au bord de la nuit est parfaite, pour les prochaines vacances par exemple.

La maison au bord de la nuit, Catherine Banner, presses de la cité, Paris, avril 2017, 511p.

 

Je remercie Babelio et les éditions Presses de la cité pour ce roman. Livre lu dans le cadre du mois italien chez Martine.

Les enfants de Venise, Luca di Fulvio

Rome 1515. Shimon Baruch, un marchand juif, se fait agresser et voler une bourse remplie de pièces d’or, fruit d’une bonne affaire qu’il vient de conclure. Voulant se venger, il tue l’un de ses jeunes agresseurs, un attardé mental prénommé Ercole. Lui-même grièvement blessé à la gorge par Mercurio qui le laisse pour mort sur les pavés, Shimon Baruch se remet mais perd définitivement l’usage de la parole. Une fois la peur oubliée, sa volonté de vengeance est décuplée et il part à la recherche de Mercurio.  Ce dernier ne sait pas que Baruch a survécu et se croyant coupable d’un assassinat, il décide de s’enfuir.

Comme Mercurio, ses complices Zolfo et Benedetta ne voulaient pas donner la mort mais seulement voler pour manger. Livrés à eux-mêmes, n’ayant aucun endroit où aller, ils accompagnent Mercurio sur les routes du Nord en direction de Venise. En chemin, ils rencontrent par hasard Isacco, un escroc juif qui se fait passer pour un médecin, et sa fille Guidetta.

Le courant semble passer entre Mercurio et Giudetta, mais leurs routes se séparent peu avant Venise. Mercurio choisit en effet de ne pas abandonner Zolfo qui préfère suivre un moine fanatique prêchant la haine des juifs. Il faut dire que le jeune Zolfo a été traumatisé par la mort d’Ercole dont il rend responsable le marchand juif. Quelques temps plus tard, après avoir été recueilli par une veuve de Mestre qui deviendra sa mère d’adoption, Mercurio se rend à Venise, bien décidé à retrouver la belle Giudetta.

Le premier regard qu’ils échangent confirme ce que tous deux pressentaient : ils sont follement amoureux ! Peu importe, Isaaco n’entend pas donner sa fille à un petit voyou; il l’a amenée à Venise précisément pour qu’elle connaisse une autre vie que celle de l’escroc qu’il a toujours été lui-même. Et puis surtout, Mercurio est chrétien, tandis que Giudetta est juive… Pendant ce temps, Shimon Baruch, toujours assoiffé de vengeance, arrive à Venise et progresse dans ses recherches…

Venise au XVIème siècle, on s’y croirait ! Les remugles des murs rongés par l’humidité, l’eau croupie, la violence, le sang et la pauvreté qui plongent le plus grand nombre dans la déchéance, les manipulations du pouvoir qui décrète en 1516 l’enferment des juifs dans le Ghetto, de grands nobles qui ne sont que de mesquins personnages (mais pas tous, loin de là), les procès de l’Inquisition et leur lot d’injustices : Luca di Fulvio nous emmène dans un monde, le nôtre, où la vérité n’existe pas : elle est seulement celle que veulent et écrivent les puissants…

« Les enfants de Venise » est un formidable roman d’aventures, avec pour fil conducteur une histoire d’amour qui unit deux êtres épris de liberté. Mercurio est brillant : voleur d’une grande habileté, son imagination débordante et sa capacité à endosser tous les rôles l’amènent à adopter des déguisements plus vrais que nature. Giudetta est déterminée, courageuse, et n’hésite pas à braver les interdits quand elle sait que son combat est juste. Mercurio et Giudetta s’aimeront, s’épauleront, se sauveront.

Voilà donc une histoire romanesque comme on les aime, sur fond historique, avec une foule de personnages attachants qui ne livrent pas tout de suite leur vérité. Un roman qui se lit d’une traite et dont les 800 pages ne doivent pas vous effrayer !

Je remercie les éditions Slatkine et Cie de m’avoir fait découvrir ce roman et cet auteur.

 

Les enfants de Venise, Luca di Fulvio, traduit de l’italien par Françoise Brun, Editions Slatkine et Cie, avril 2017, 798 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois italien chez Martine, et du challenge vénitien.

 

 

Madame Orpha, Marie Gevers

Voilà le troisième roman de Marie Gevers que je lis et le charme opère toujours. Nous retrouvons l’auteure, jeune fille de de douze ans, la maison de Missembourg, le jardin et l’étang, celui-là même dont nous avons fait la connaissance dans « Vie et mort d’un étang ». Mais cette fois, la nature n’est pas au centre de l’histoire, même si elle est toujours présente dans les descriptions de Marie Gevers.

Madame Orpha est l’héroïne malgré elle des réflexions de Marie Gevers. Au centre d’un scandale qui alimente les rumeurs du bourg flamand, madame Orpha est la jeune épouse du receveur du village. Elle abandonne son mari pour Louis, le jardinier des parents de la narratrice. Un sort les aurait liés, dit-on au village. En effet, comment expliquer autrement cet amour fou qui les réunit et brise en même temps d’autres destins, en particulier celui du receveur ?

C’est cet amour adultère, source des médisances qui anima tout le village pendant une année entière, que Marie Gevers retrace, par petites touches, en nous dispensant ses souvenirs de petite fille, au gré de leurs fluctuations dans sa mémoire. « Madame Orpha » est ainsi un roman d’initiation, à l’amour d’abord, mais aussi à la mort que la jeune Marie rencontre pour la première fois.

Comme dans d’autres œuvres de l’auteure, la nature est omniprésente, et l’amour de Mme Orpha et de Louis s’y inscrit comme un élément fondateur du monde. Parmi les thèmes chers à l’auteure, on retrouve celui des phénomènes météorologiques et de l’eau qui fait partie intégrante de cette nature flamande. Chez Marie Gevers, les sensations sont toujours plus importantes que les concepts intellectuels et la nature joue un rôle central dans les perceptions des sens.

Les réflexions de la jeune fille sur son quotidien nous renseignent sur le fonctionnement des campagnes flamandes dans cette première moitié du XXème siècle. On y apprend également que le bilinguisme de Marie Gevers a eu d’importantes conséquences sur son écriture. Elle parlait flamand phonétiquement, écrit-elle, « à la manière d’une illettrée » et cela donnait lieu à quelque chose d’éminemment poétique qui a influencé sa vision du monde. Marie Gevers disait combiner « une intelligence française et une sensibilité flamande ».

Marie Gevers nous plonge dans son univers de rêveries, de mots simples qui, presque magiquement, se muent en poésie. Encore une fois, le mois belge m’a donné la joie d’une lecture rafraichissante qui puise dans les grands mythes de notre monde.

Madame Orpha, ou la sérénade de mai, Marie Gevers, Editions Labor, Collection Espaces Nord, Loverval, 2005, 266 p. 

 

Livre lu dans le cadre du mois belge chez Anne et du challenge Dames de lettres chez George.

 

L’orage rompu, Jacqueline Harpman

Dans le cadre du mois belge organisé par Anne, j’ai choisi, entre autres, de relire quelques oeuvres de Jacqueline Harpman, dont je ne me lasse pas. Cette auteure belge a publié de nombreux romans, parmi lesquels Le bonheur dans le crime, La plage d’Ostende, Moi qui n’ai pas connu les hommesLes bons sauvages, pour ne citer que ceux que je préfère. Son œuvre fait une large place à la psychanalyse et souligne les liens existant entre cette discipline et l’écriture.

Dans L’orage rompu, la narratrice, Cornélie, vient de quitter Paris où elle s’était rendue pour participer à  l’enterrement de son ex-mari, dont elle est divorcée depuis une dizaine d’années.  Dans le TEE, ancêtre du Thalys qui la ramène à Bruxelles, elle se rend au wagon restaurant. Le steward l’installe en face d’un homme en complet trois pièces de flanelle grise, à l’allure élégante dit-elle, mais sans imagination. Ils échangent d’abord quelques phrases, puis la conversation s’installe pendant les deux heures vingt que dure le trajet.

L’orage rompu est le récit de cette conversation faite de confidences.  La narratrice revient sur quelques épisodes de sa vie et trace le portrait de certains de ses parents, bouleversée sans doute par la réunion de famille à laquelle elle vient d’assister. Elle conduit celui qui partage sa table à se raconter également et à faire remonter au grand jour des faits, des sentiments sur lesquels il ne s’était jamais penché. Peu à peu, l’homme prend conscience de la banalité de sa vie. Il se laisse séduire par les mots et les sentiments que la voyageuse lui fait découvrir, plus que par elle-même. La vie de cet homme est bouleversée par ce qui est pour lui une révélation et,  arrivé au terme du voyage, à la gare du Midi à Bruxelles, il sait que sa vie ne sera plus jamais la même.

Jacqueline Harpman nous offre ici un court roman dans lequel sont mis en avant le pouvoir des mots, de la réflexion, de l’introspection. En s’arrêtant sur ce que fut sa vie, Cornélie nous amène à nous interroger sur la nôtre, sur ce que nous en avons fait, sur le pouvoir que nous avons sur celle-ci. Quelle marge de manœuvre avons-nous ? Nous posons-nous les bonnes questions ? N’avons-nos pas renoncé trop tôt ? A lire et relire …

L’orage rompu, Jacqueline Harpman, Le livre de poche, Paris, 158 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge 2017

Les mouettes, Sandor Marai

les-mouettes-sandor-maraiNous sommes à Budapest à la fin des années trente. Un haut fonctionnaire hongrois vient de rédiger un texte hautement confidentiel qui lui pèse sur la conscience. Certes, il n’a fait qu’exécuter un ordre, mais il sait déjà les conséquences qu’auront ces quelques mots sur des millions de personnes, ses concitoyens. Il a ce triste privilège de savoir avant les autres. Il pourrait en tirer parti, mais il préfère affronter son destin, qui n’est autre que la guerre. Une pensée l’attriste plus que tout : à la fin de la guerre, il aura perdu sa jeunesse et basculera de l’autre côté.

L’homme est perdu dans ses réflexions lorsqu’une jeune femme arrive. Il est pris d’une espèce de folie intérieure lorsqu’il l’aperçoit. Il ne montre rien et reçoit la jeune femme qui est le sosie parfait d’une femme qu’il a aimée et qui s’est suicidée. La visiteuse est finlandaise et s’appelle Aino Laine. Elle est professeur et espère travailler en Hongrie, pays ami, pays parent, -de par la proximité linguistique notamment -, de sa patrie.

Aino Laine a besoin d’un permis de travail et elle espère que le fonctionnaire pourra l’aider. Une conversation s’engage. L’homme pense un moment qu’il s’agit de son ancienne compagne, puis il comprend que ce n’est qu’une coïncidence et il fait connaissance avec celle dont le nom, en hongrois, signifie « unique vague ». Il cherche en quoi le sosie de la femme aimée représente un signe du destin.

Le roman retrace la longue conversation qui emmène les deux protagonistes jusqu’au bout de la nuit. De nombreuses coïncidences surgissent, qui relient l’homme et la jeune femme. Les destins personnels et collectifs des habitants d’une Europe au bord de la guerre s’entrecroisent dans une atmosphère crépusculaire. Bientôt, la Mittel Europa mythique ne sera plus et les deux personnages sont conscients de cette disparition imminente. Ils évoquent tour à tour des questions aussi diverses que l’amour et le couple, la guerre, l’identité, les migrations, et les liens qui existent entre leurs deux pays, Finlande et Hongrie.

Le texte que nous livre Sandor Marai est au premier abord très mystérieux. Il est exigeant et ne se laisse pas appréhender tout de suite, même si l’on peut se contenter de la musique qui émane de cette conversation onirique. « Les mouettes » est un beau roman envoûtant, certes moins passionné et enthousiasmant que « Les braises », puisqu’il évoque la fin d’un monde, mais dans lequel on retrouve la très belle écriture du grand écrivain hongrois.

 

Les mouettes, Sandor Marai, traduit du hongrois par Catherine Fay, Le livre de poche, Paris, mars 2015, 214 p.

Livre lu dans le cadre du challenge Objectif Pal 2017 chez Antigone.

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La maison atlantique, de Philippe Besson.

la-maison-atlantique-philippe-besson« La maison atlantique » est le récit d’un été tragique, celui qu’a vécu le narrateur il y a bien des années, lorsqu’il avait dix-huit ans.  Le jeune homme ne s’était pas remis de la disparition de sa mère, deux ans auparavant, et  s’entendait alors très mal avec son père. Ce dernier avait d’ailleurs décidé d’emmener son fils dans la « maison atlantique », qui appartenait autrefois à la mère, afin de tenter une réconciliation. Mais si le père avait eu l’initiative du rapprochement , il ne fera toutefois rien au long des quelques semaines que dure le roman, qui puisse amener un quelconque réchauffement des relations avec son fils, bien au contraire.

Entre ce père et son fils, rien de commun, sinon des reproches mutuels, des incompréhensions, et surtout un passé douloureux : la mort de la mère, peu après le divorce et les responsabilités du père, jamais assumées. Le père est égoïste et cynique, c’est indéniable, et encore une fois, il ne peut s’empêcher de gâcher l’infime chance qu’il a de renouer avec son fils, lorsqu’un couple de vacanciers vient s’installer dans la maison voisine. En effet, la jeune femme est jolie et lui plaît. Les dîners s’enchaînent et c’est bientôt l’engrenage que le fils observe, et dont il comprend rapidement qu’il mènera droit à la tragédie.

Le roman de Philippe Besson est efficace, rondement mené,  bien que fondé sur ce qui n’est finalement  qu’un fait divers sordide. Le jeune narrateur est très lucide pour son âge, peut-être parce qu’il a déjà beaucoup souffert et a perdu ses illusions : il fait part au lecteur de toutes ses impressions, il imagine ce que ressentent les personnages et c’est cet aspect  psychologique qui fait l’intérêt du roman.  Tout comme l’écriture d’ailleurs, qui tient le lecteur à distance,  et fait de « La maison atlantique » un roman froid, comme le sont les personnages, empêtrés pour l’un dans son égoïsme, pour l’autre dans sa haine du père. Si tel était l’objectif de l’auteur, c’est une réussite. Pour ma part, j’ai toutefois préféré le roman précédent de Philippe Besson, « De là, on voit la mer« , que j’ai trouvé beaucoup plus envoûtant.

La maison atlantique, Philippe Besson, éditions 10/18, Paris, janvier 2015.

 

Livre lu dans le cadre du challenge objectif PAL chez Antigone et Anne.

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Le garçon, Marcus Malte

le-garcon-marcus-malteQuel destin que celui de ce garçon sauvage, mystérieux, mutique ! Quel magnifique personnage que ce garçon vierge de toute expérience et prêt à découvrir toutes les folies de ce XXème siècle débutant !

Le garçon ne sait pas d’où il vient, il a eu une mère qu’il aimait sans le savoir et qui ne lui a transmis que peu de choses. Elle lui parlait pourtant, mais il n’a pas retenu les mots, on ne sait pourquoi.  En revanche, il possède l’innocence et l’insouciance, deux biens si précieux ! Enfant sauvage sans nom,  il part à l’aventure et ne ménage pas ses efforts pour se faire accepter, d’abord dans un village où les familles l’emploieront tour à tour mais garderont toujours une certaine défiance envers l’être différent qu’il est.

Il a davantage de chance lorsqu’il rencontre l’Ogre des Carpathes et devient son assistant, parcourant la France au rythme de ses foires et marchés. Plus encore, lorsqu’il est victime d’un accident provoqué par Emma, jeune fille de bonne famille. Le destin lui sourit alors étrangement. Mais il y a la guerre, la terrible Grande Guerre dont personne n’est sorti indemne.

Peu importe ce qui lui arrive finalement, l’essentiel n’est pas là, mais bien dans la découverte d’un monde où toutes les outrances sont possibles. Dans cette vie absurde, où tous ceux qui ont un nom sont voués à disparaître, à être arrachés à l’affection des leurs, ne comptent que deux choses, l’amour et l’art, que le garçon découvre peu à peu. Deux merveilles qui, comme la vie, peuvent hélas vous être retirées à tout moment.

Quel étrange et triste destin que ce voyage permanent à la découverte de cette vie grouillante, foisonnante, souvent sordide et solitaire, parfois heureuse… mais il s’agit bien là du sort de toute l’humanité !  Foisonnante, l’est aussi  l’écriture très maîtrisée de Marcus Malte, toujours parfaitement en adéquation avec le propos : tantôt concise et efficace, tantôt ardente voire flamboyante, elle est parfois émouvante, animée du souffle de la vie et de l’amour. Elle est aussi poétique, mais elle peut être répugnante et fétide quand l’horreur du sujet l’exige.

Que dire de plus sinon qu’avec « Le garçon », Marcus Malte signe un roman qui fait de lui, tout simplement, l’un des meilleurs écrivains de sa génération !

 

Le garçon, Marcus Malte, Editions Zulma, 2016, 536 p.

 

Livre lu dans le cadre des matchs de la Rentrée littéraire 2016 Price Minister, que je remercie, ainsi que les éditions Zulma.  Challenge 1% de la rentrée littéraire.

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