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Paul Delvaux, maître du rêve à Evian

C’est un comble : c’est à Evian que j’ai visité une magnifique exposition consacrée au peintre belge Paul Delvaux (1897-1994), dont la commissaire n’est autre que la directrice du musée d’Ixelles (Bruxelles) ! A voir, une sélection d’oeuvres majeures du peintre, dont la plupart sont issues d’une collection privée belge (collection de Pierre Ghêne), enrichie de quelques magnifiques pièces du Musée d’Ixelles, ainsi que des Musées Royaux des Beaux-arts de Bruxelles.

L’exposition nous fait découvrir les nombreuses facettes que revêtent les oeuvres de l’artiste qui fut tour à tour post-impressionniste, expressionniste, avant de trouver sa voie dans le surréalisme : sont ainsi explorés les thèmes de la féminité bien sûr, de la solitude et du recueillement, du rêve, du voyage, de la théâtralité, du mystère et de la poésie.

Auteur prolifique, Paul Delvaux a été le témoin d’un siècle extrêmement riche dont il a subi les multiples influences : Modigliani, Picasso, James Ensor, Giorgio de Chirico notamment. Mais il a su créer une oeuvre très particulière, au sein de laquelle les femmes sont omniprésentes mais inaccessibles, lui dont la mère possessive et autoritaire voulait être la seule femme de sa vie. Après avoir longtemps vécu dans la crainte des femmes, Paul Delvaux n’a cessé de les représenter, belles, distantes et mystérieuses.

 

Couple avec enfant dans la forêt

On retrouve dans les personnages l’influence de Modigliani.

 

 

Les noces à Antheit, 1932

Ou son mariage imaginaire avec Tam, que sa mère n’avait pas voulu qu’il épouse.

 

 

La crucifixion, 1951-1952

Pour Delvaux, les squelettes ne sont que l’armature des vivants. Il ne les reprend ici que pour dramatiser encore les scènes de la passion du Christ.

 

 

Les courtisanes, 1944.

Des femmes qui ne communiquent jamais, une cité antique, le bleu que l’on retrouve de plus en plus souvent dans son oeuvre…

 

 

Palais en ruines, 1935.

Un univers poétique et mystérieux influencé par De Chirico.

 

 

 

L’incendie, 1935, qui est pour la première fois présenté en entier en France

(la seconde partie de la toile est placée à gauche de ce tableau dans l’exposition).

 

 

 

L’escalier, 1946.

Les personnages féminins sont inexpressifs, seules les statues de pierre sur la droite communiquent entre elles.

 

 

 

La fenêtre, 1936

Quelque chose de Magritte…

 

 

 

Le dialogue, 1974.

 

 

Voici donc une exposition qui vaut le détour; si vous passez par Evian, avant le 1er octobre 2017, ne manquez pas de faire un tour au Palais Lumière (qui lui aussi mérite une visite) ! Je vous conseille tout particulièrement la visite commentée, qui a lieu chaque jour en début d’après-midi et qui vous donnera de nombreuses clés pour comprendre la peinture (et les dessins) de Paul Delvaux.

 

http://www.palaislumiere.fr

 

 

 

 

 

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L’orage rompu, Jacqueline Harpman

Dans le cadre du mois belge organisé par Anne, j’ai choisi, entre autres, de relire quelques oeuvres de Jacqueline Harpman, dont je ne me lasse pas. Cette auteure belge a publié de nombreux romans, parmi lesquels Le bonheur dans le crime, La plage d’Ostende, Moi qui n’ai pas connu les hommesLes bons sauvages, pour ne citer que ceux que je préfère. Son œuvre fait une large place à la psychanalyse et souligne les liens existant entre cette discipline et l’écriture.

Dans L’orage rompu, la narratrice, Cornélie, vient de quitter Paris où elle s’était rendue pour participer à  l’enterrement de son ex-mari, dont elle est divorcée depuis une dizaine d’années.  Dans le TEE, ancêtre du Thalys qui la ramène à Bruxelles, elle se rend au wagon restaurant. Le steward l’installe en face d’un homme en complet trois pièces de flanelle grise, à l’allure élégante dit-elle, mais sans imagination. Ils échangent d’abord quelques phrases, puis la conversation s’installe pendant les deux heures vingt que dure le trajet.

L’orage rompu est le récit de cette conversation faite de confidences.  La narratrice revient sur quelques épisodes de sa vie et trace le portrait de certains de ses parents, bouleversée sans doute par la réunion de famille à laquelle elle vient d’assister. Elle conduit celui qui partage sa table à se raconter également et à faire remonter au grand jour des faits, des sentiments sur lesquels il ne s’était jamais penché. Peu à peu, l’homme prend conscience de la banalité de sa vie. Il se laisse séduire par les mots et les sentiments que la voyageuse lui fait découvrir, plus que par elle-même. La vie de cet homme est bouleversée par ce qui est pour lui une révélation et,  arrivé au terme du voyage, à la gare du Midi à Bruxelles, il sait que sa vie ne sera plus jamais la même.

Jacqueline Harpman nous offre ici un court roman dans lequel sont mis en avant le pouvoir des mots, de la réflexion, de l’introspection. En s’arrêtant sur ce que fut sa vie, Cornélie nous amène à nous interroger sur la nôtre, sur ce que nous en avons fait, sur le pouvoir que nous avons sur celle-ci. Quelle marge de manœuvre avons-nous ? Nous posons-nous les bonnes questions ? N’avons-nos pas renoncé trop tôt ? A lire et relire …

L’orage rompu, Jacqueline Harpman, Le livre de poche, Paris, 158 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge 2017

La plage d’Ostende, de Jacqueline Harpman

La plage d'Ostende

Emilienne Balthus n’a que onze ans lorsqu’elle rencontre Léopold Wiesbeck, jeune artiste peintre de vingt-cinq ans. Emilienne est aussitôt foudroyée, transpercée par l’amour.

«Je lus ma vie sur son visage. Il avait les yeux gris comme un lac l’hiver, quand tout est glacé, les cheveux noirs et frisés, et ce teint pâle, cette blancheur laiteuse qui n’appartiennent qu’aux héros choisis par le destin. Son sourire me transperça, ce fut l’aurore, quand le premier rayon de soleil traverse soudain la nuit et arrache le paysage à l’ombre. Je sortis de l’enfance. D’un instant à l’autre, je devins une femme à l’expérience millénaire. Un séisme bouleversa mon ventre plat de fille impubère, mon âme fut transformée, je sentis tout mon être se rassembler et aspirer cet homme comme on se remplit les poumons d’air ».

Dès lors, Emilienne accepte son destin. Elle pense avoir été choisie, « prise en embuscade à la fin de l’enfance ». Emilienne s’applique donc à grandir et à devenir belle, puis à parfaire sa beauté. La petite fille sait que la peinture a pris Léopold, elle ne veut pas rivaliser avec elle, elle veut juste vivre à ses côtés pour toujours. Quand elle rencontre Léopold, elle se place toujours à sa gauche, un peu en retrait, afin de le contempler. Plus tard, elle se rend indispensable en lui passant les pinceaux, en lui préparant le thé…

Une complicité s’instaure entre le peintre et la fillette. Celle-ci observe les maîtresses de Léopold, et réfléchit à la meilleure façon de détourner le regard de Léopold de celles-ci. Le lien se raffermit encore lorsque le père d’Emilienne achète la magnifique maison de Genval, à la lumière si particulière. Une lumière tellement belle que Léopold demande au père d’Emilienne de pouvoir y passer quelques jours, pour peindre le lac.

« Il peignait. J’avais compris qu’il voyait un monde immobile, arrêté entre deux lumières. Devant mon miroir, je ne bougeais pas, je m’étudiais et j’ordonnais sa forme à mon visage ».

Bientôt, Emilienne est prête, mais Léopold ne la voit pas encore. Pour satisfaire Mme Van Aalter qui a décidé de régir sa carrière, il accepte d’épouser Blandine, une jeune et riche orpheline, afin de pouvoir se vouer entièrement à son art. Emilienne ne s’en émeut pas : Blandine, à la personnalité effacée, ne sera pas un obstacle pour elle.

Emilienne a quinze ans lorsque Léopold la reconnaît enfin :

« Je fis mon entrée en lui par effraction, je fus, au-dehors dans ce que son regard captait, la réplique exacte d’une image qu’il portait en lui sans l’avoir jamais vue. C’est ainsi que depuis quatre ans je m’étais construite, telle que, lorsqu’il me verrait, je serais devenue la représentation même de sa rêverie la plus secrète, celle dont il ne savait rien et dont il aurait la révélation en posant le regard sur moi ».

C’est alors le début d’un amour d’une puissance inconnue, auquel Emilienne sacrifie tout, tendue vers un seul but : aimer Léopold et sa peinture. Emilienne est prête à toutes les manipulations, sans jamais éprouver le moindre remords, mais son amour est sincère. Il sera payé de retour, mais à son plus grand désespoir, Emilienne Balthus survivra trop longtemps à son amant.

« La plage d’Ostende » est pour moi le plus beau roman de Jacqueline Harpman. Il nous raconte une passion excessive, dévorante, qui s’épanouit chez une jeune fille très raisonnable de la haute bourgeoisie bruxelloise. Servi par une magnifique écriture classique, le roman devient un fleuve d’un gris lumineux, envoûtant, qui emporte tout sur son passage. L’auteur, qui était aussi psychanaliste, manie avec beaucoup de subtilité et de finesse psychologique les sentiments de chacun des personnages, orchestre les manipulations, explorant les mythes de Narcisse et de Tristan et Yseult. On se prend à admirer Emilienne, à détester la pauvre Blandine qui n’y est pour rien, à oublier la moralité pour se placer du côté de l’Amour … Du grand art !

 

Coup de cœur !

 

La plage d’Ostende, Jacqueline Harpman, Le livre de poche n°9587, Paris, 2002, 317p.

 

8ème et dernier livre lu dans le cadre du mois belge d‘Anne et Mina

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La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis

La véritable vie amoureuse de mes amies...Max, la cinquantaine cultivée, est le dernier occupant de la Maison aux bons soins, qui fut un centre médical dans lequel on pouvait consulter des spécialistes, comme des thérapeutes moins traditionnels. Max y est encore psychologue et y vit seul toute l’année. Il y anime également, avec son ami Jean-François, cinéphile plus qu’averti, un ciné club qui insuffle un peu de vie à cette maison désormais bien silencieuse. Ainsi, chaque mercredi s’y retrouvent quelques habitués, et l’arrivée d’une nouvelle venue, Felisa, corse un peu les soirées et les conversations qui souvent en viennent à évoquer la vie amoureuse de l’un ou l’autre, les échecs bien sûr, mais aussi et surtout l’espoir.

Quand j’ai acheté ce livre en librairie, mon attention avait été retenue tout d’abord par le titre du roman, puis par la table des matières qui égrène les titres de ses 68 chapitres, ainsi que par la liste des films, livres et sites consacrés au cinéma que l’auteur nous propose à la fin du roman. J’avais déjà lu trois romans de Francis Dannemark, qui m’avaient tous plu.

Si les premières pages m’ont paru déroutantes, avec quelque chose d’indéfinissable qui au début me dérangeait, une certaine distance peut-être, au contraire peu à peu un rythme s’est installé, fondé sur une succession de chapitres courts, les mêmes moments de la semaine qui reviennent tour à tour, une météo capricieuse faite d’épisodes neigeux successifs … jusqu’à rendre ce roman très attachant. Il était devenu pour moi comme une petite musique rassurante, dont j’aurais aimé qu’elle déroule ses notes pour de longues soirées encore.

La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis est en effet un livre plein de charme, où l’évocation poétique de la météo capricieuse de Bruxelles réussit même à donner de la légèreté au temps qu’il fait en Belgique. On retiendra surtout de ce roman une atmosphère chaleureuse, une simplicité qui nous laisse entendre que le bonheur est peut-être niché dans les conversations, dans l’amitié, et dans la culture en ce qu’elle est un prétexte à partager avec les autres. Et une jolie histoire qui apporte finalement de bonnes nouvelles, avec le retour du soleil !

 

La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis, Francis Dannemark, Robert Laffont, 2012, 471 p.

 

7ème et avant-dernière lecture dans le cadre du mois belge d’Anne et Mina.

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La vierge de Bruges, de Patrick Weber

La vierge de brugesPour le rendez-vous consacré aux polars belges, j’ai choisi de lire un roman policier historique qui se déroule à Bruges pendant la Renaissance. Après le décès du Duc de Bourgogne, son fils, Charles le Téméraire, lui succède. Il ne fait pas que des heureux, notamment parmi les bourgeois et les commerçants de Bruges, qu’il accable d’impôts, afin de financer ses campagnes militaires.

Nous sommes en 1475. Grâce à son oncle qui s’occupe de lui depuis qu’il a perdu ses parents, le jeune Pieter Linden a eu la chance d’obtenir une place d’apprenti chez le grand peintre Hans Memling. Ce dernier est arrivé il y a déjà longtemps de son Allemagne natale et a trouvé à Bruges l’endroit idéal pour développer sa peinture et bénéficier de nombreuses commandes.

La première journée de Pieter chez Memling s’avère difficile, puisqu’il est très mal accueilli par un autre apprenti qui le considère tout de suite comme un concurrent dangereux. Les deux jeunes artistes devront pourtant travailler ensemble, lorsque Memling leur confiera une tâche en commun : la réalisation du portrait d’un prince italien, Lorenzo Rienzi. Celui-ci arrive de Florence, chargé d’une importante mission. Mais l’atmosphère est tendue à Bruges, où la jeune Margarita Demeester, fille d’un riche négociant en draps, vient d’être retrouvée assassinée…

« La vierge de Bruges » est un roman historique à suspense conçu autour de l’œuvre de Memling intitulée « Le portrait de Sibylla Sambetha ». Parmi les ingrédients, des meurtres et un complot, mais le tout ne m’a pas vraiment enthousiasmée. J’ai été un peu déçue par l’intrigue de ce roman, dont j’attendais davantage, peut-être trop.

Malgré tout, « La vierge de Bruges » a l’avantage de nous plonger dans l’atmosphère de la Bruges florissante de la fin du VXème siècle. L’évocation de Hans Memling,  et de certaines de ses œuvres, nous donne envie d’en savoir plus sur ce grand peintre et son époque : s’il ne faisait pas si froid et humide, j’irais bien ce week-end faire un petit tour à Bruges…

 

 

La vierge de Bruges, Patrick Weber, Editions du masque, 2015, 217 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge chez Anne et Mina, et du challenge polars historiques chez Sharon.

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13, de Pieter Aspe

Pour la journée qu’Anne et Mina ont choisi de consacrer aux auteurs flamands, j’aurais aimé vous présenter « Le chagrin des Belges » d’Hugo Claus que j’ai lu il y a plus de quinze ans. Mais ne disposant pas du temps nécessaire à sa relecture, je me suis tournée vers une valeur sûre du polar belge, le brugeois Pieter Aspe. Après « Le carré de la vengeance« , j’ai choisi « 13« , réalisant ainsi un grand saut en avant dans la série, car même si j’apprécie beaucoup le commissaire Van In, il est peu probable que je lise l’ensemble de ses aventures. Pas besoin donc pour moi d’en respecter l’ordre…

13 Pieter AspePourquoi « 13 » ? Le titre de ce roman policier de Pieter Aspe fait tout simplement référence au nombre de livres écrits par l’auteur flamand. Il s’agit ici en effet de la treizième enquête du commissaire Van In, toujours secondé par la belle Hannelore Mertens, procureur, qui est surtout, dans ce roman, la future épouse de Van In. Mais si 13 est le treizième roman de l’auteur à être traduit en français, Pieter Aspe a déjà publié plus de trente romans dans sa langue natale. De quoi alimenter de longues heures de lecture…

Comme dans chacun de ses romans, Pieter Aspe nous livre rapidement des informations concernant les criminels et l’on suit leur parcours jusqu’au dénouement. Ici , dès la première page, il nous dévoile la scène du crime alors que son auteur est toujours présente sur les lieux : il s’agit d’une femme encore assez jeune, nue, qui vient de tuer Erwin Proot, auquel elle avait tendu un piège dans un bar la veille. L’homme avait aussitôt succombé à ses charmes. Lorsque le roman débute, la femme termine juste d’ écrire les mots latins « consumatum est » sur le cadavre qu’elle abandonne dans la chambre d’un hôtel du centre de Bruges. On sait tout de suite qu’une des clés de l’affaire se trouve dans cette mention.

En l’absence momentanée de Van In, parti acheter des alliances, ses collègues, Versavel et Carine Neels,  relèvent les premiers indices : une carte de crédit, et une carte de visite, toutes deux au nom de Wim Raes. Rapidement mis au courant, Van Inn et Hannelore Mertens se rendent chez la femme de Wim Raes pour lui annoncer la nouvelle et découvrent que le cadavre n’est pas celui du détenteur de la carte de crédit, le vrai Wim Raes étant toujours vivant. Van Inn a alors l’intuition que ce crime ne sera pas isolé. En effet, le vrai Wim Raes est à son tour assassiné quelques temps après, avec dans la poche, une carte de crédit qui ne lui appartient pas.

L’enquête s’accélère, il s’agit probablement d’un tueur en série. Plusieurs femmes sont tour à tour soupçonnées, et Van In recherche ce qu’elles ont en commun. La jalousie peut-être, sentiment qui est au centre de  I3, qu’il s’agisse de l’enquête ou des démêlés sentimentaux qui agitent Van In et Hannelore Mertens. L’auteur nous apprend d’entrée de jeu qu’ils ont décidé de se marier, après plusieurs années de vie commune et deux enfants, mais rien n’est sûr jusqu’à la fin, les deux héros ayant beaucoup de mal à se retrouver, entre l’incompréhension de l’un et la jalousie de l’autre. Et il y a , en outre, la présence de la belle Carine, amoureuse de Van In depuis longtemps et qui ne perd pas espoir…

13 est un bon roman policier. Mais son intérêt réside aussi, comme toutes les aventures de Van In, dans la découverte de Bruges et de la côte flamande, et de certains aspects de la vie sociale en Flandre, particulièrement celle de la bourgeoisie locale. Et puis, il y a l’humour du commissaire Van In, présent en toutes circonstances, cet humour belge qui ajoute un petit quelque chose en plus à la série de Pieter Aspe…

 

13, Pieter Aspe, traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron, Le livre de poche, Paris, novembre 2015, 312 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge d‘Anne et Mina, et du challenge polar et thrillers chez Sharon

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Elle, par bonheur, et toujours nue, Guy Goffette

Elle par bonheur et toujours nueLa littérature et la peinture sont unies par des liens très étroits. Elles ont souvent subi les mêmes influences et se sont également interrogées l’une sur l’autre, que ce soit de façon théorique ou au travers de la fiction, en prenant pour personnage l’artiste peintre ou encore son modèle. C’est précisément la relation entre le peintre et son modèle, souvent complexe, qui est au centre du très beau livre de Guy Goffette, « Elle, par bonheur, et toujours nue ».

L’auteur y raconte la rencontre entre le peintre Pierre Bonnard et celle qui deviendra son modèle, puis sa compagne et enfin sa femme, Marthe. Il nous livre ainsi une biographie du peintre, non linéaire, en procédant par petites touches, par chapitres courts réunis dans des parties thématiques. Guy Goffette évoque aussi le mouvement des Nabis auquel appartenait Pierre Bonnard…

« Elle, par bonheur, et toujours nue » n’est pas un livre que l’on peut résumer. Il est composé de textes poétiques d’une grande beauté, qui prennent la forme d’une biographie fictive pour nous parler de la création artistique et pour célébrer Marthe, et au travers du modèle qu’elle est, pour célébrer la Femme et l’Amour, tout simplement. Une très belle lecture !

 

Elle, par bonheur, et toujours nue, Guy Goffette, Folio N°3671, mars 2006, 156 p.

 

Les avis des autres participants à la lecture commune Guy Goffette :

-Verlaine d’ardoise et de pluie, et L’autre Verlaine, chez Mina. Verlaine, d’ardoise et de pluie, de Nadège chez Anne.

-Elle, par bonheur, et toujours nue, chez La petite marchande de prose

-Une enfance lingère, chez Martine et chez Thé et livres, de Nadège chez Anne,

-Un été autour du cou, chez Ellettres.

-Geronimo a mal au dos, de Nadège chez Anne.

 

 

Livre lu dans le cadre du mois belge chez Anne et Mina, LC Guy Goffette.

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