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Blogoclub : le rendez-vous du 1er septembre

Vous le savez déjà si vous êtes inscrit au Blogoclub, mais je le rappelle pour les nouveaux et pour ceux d’entre vous qui hésitent encore : parmi les romans de Joyce Maynard que nous vous avions proposés en juin, le roman qui a recueilli le plus de suffrages est « L’homme de la montagne »:

 

 

Quatrième de couverture :

 

Été 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder, rêvant d’inattendu. Et l’inattendu arrive. Effroyable, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l’étrangleur du crépuscule commence. L’inspecteur Torricelli, le père des fillettes, dirigera l’enquête. Trente ans plus tard, Rachel raconte : la traque épuisante, leurs vies suspendues, et ce jour où les deux soeurs se sont retrouvées face à l’étrangleur… Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s’est donné pour mission de retrouver cet homme. Roman d’apprentissage, polar psychologique : Joyce Maynard a su ériger ce fait-divers réel en un conte cruel haletant.

 

 

Nous nous retrouverons donc le 1er septembre. Je vous rappelle le principe : Amandine et moi recenserons, à la fin de nos billets respectifs, les liens vers les blogs participants. Il vous suffit donc, le 1er septembre, de publier votre chronique, puis de déposer votre lien en commentaire sur la chronique d’Amandine ou sur la mienne.

 

Très bonne lecture et à bientôt !

Florence.

 

 

Le blogoclub déménage !

Après dix années d’animation du Blogoclub, Sylire a souhaité passer la main et je suis ravie de reprendre ce rendez-vous, en compagnie d’Amandine et de son blog « Au pays de Mandorla ».

Nous ne changerons rien à la formule de Sylire et, si nous avons pris un peu de retard pour l’organisation de la session de septembre, nous ferons en sorte que tout rentre dans l’ordre pour la session suivante.

Pour l’heure, l’auteur que nous avons retenu Amandine et moi, sera Joyce Maynard. Le rendez-vous du 1er septembre coïncidera ainsi avec le mois américain que beaucoup d’entre nous suivent également.

Si vous participiez déjà au Blogoclub de Sylire, vous recevrez sous peu un mail dans lequel Amandine nous propose un petit résumé de six des romans de Joyce Maynard. Nous vous proposons de voter pour celui que vous aimeriez lire.

Si vous n’avez jamais participé au Blogoclub, vous êtes les bienvenus ! N’hésitez pas à vous inscrire via les commentaires de ce billet ou à l’adresse mail du Blogoclub, qui reste inchangée et que vous trouverez ci-dessous dans les informations pratiques.

Le Blogoclub, ce sont quatre lectures communes par an seulement, et surtout l’occasion de faire de belles découvertes, en sortant parfois de nos habitudes de lecture !

 

 

En pratique :

 

– Le principe du Blogoclub : lire un ouvrage en commun chaque trimestre. Les dates des lectures communes sont : 1er septembre, 1er décembre, 1er mars et 1er juin.

-Amandine et moi-même recensons, à la fin de nos billets respectifs, les liens vers les blogs participants. Vous nous envoyez donc le lien vers votre billet, en commentaire sur la chronique d’Amandine ou la mienne.

-Après chaque rendez-vous, nous vous envoyons un mail vous proposant le thème de lecture suivant.  Chaque membre qui le souhaite propose un titre en rapport avec ce thème (de préférence un livre sorti en collection de poche). Nous établissons une liste, que nous soumettons au vote de chaque participant. Pour une raison évidente, il n’est pas possible de voter pour le livre que l’on a soumis au vote.  Parfois, nous vous proposons la lecture libre d’un auteur.

-A la date convenue, chacun met en ligne son avis sur le livre qui a recueilli le maximum de suffrages.

-Il n’est pas obligatoire de participer aux quatre rendez-vous si vous manquez de temps. De la même façon, vos commentaires sont les bienvenus si vous aviez déjà lu le livre retenu auparavant. L’essentiel étant d’échanger nos avis de lecture !

 

L’adresse mail du Blogoclub : lecturecommune@yahoo.fr

 

A très bientôt j’espère !

 

 

 

Le liseur, de Bernhard Schlink

Le liseurNous sommes dans une petite ville des environs de Mannheim, non loin du Rhin. Un garçon de quinze ans, Mickaël, se trouve mal en rentrant du lycée et une femme vient à son aide et le raccompagne jusque devant chez lui. Après plusieurs mois d’alitement suite à une jaunisse, Mickaël peut enfin retourner au lycée. Mais d’abord, sur le conseil de sa mère, il apporte des fleurs à la femme qui l’a aidé, et c’est ainsi que débute une relation entre l’adolescent et Hanna Schmitz, une jolie célibataire de trente-six ans, assez énigmatique. Anna est receveuse de tramway, elle ne parle jamais d’elle, ni de sa famille ou de son passé.

La relation qui se développe ainsi est atypique, compte tenu bien sûr de la différence d’âge, et parce qu’elle suit bientôt un rituel immuable. Mickaël se rend presque tous les jours chez Hanna, il lui fait la lecture, de grands classiques en général, puis ils prennent un bain et s’aiment. C’est un échange où chacun des partenaires a quelque chose à apprendre à l’autre. Cela dure des mois jusqu’à ce qu’un jour, Mickaël trouve l’appartement vide. Le garçon éprouve aussitôt de la culpabilité : a-t-il trahi Hanna, lorsqu’il passait des moments avec des jeunes de son âge ? Mais Hannah est bien partie, fin de la première partie.

Quelques années plus tard, Mickaël est étudiant. Il s’inscrit à un séminaire de droit consacré à l’interdiction des condamnations rétroactives, pour lequel il est amené à suivre le procès de cinq femmes, anciennes surveillantes dans un petit camp de concentration qui dépendait d’Auschwitz. Hannah se trouve parmi elles ! Dès lors, Michaël ne manque pas un seul jour du procès et pourtant, il n’éprouve rien en revoyant son ancienne maîtresse, se trouvant comme « anesthésié » sur le plan des émotions personnelles, comme semblent l’être les jurés face aux détails insupportables donnés sur certains faits. Soudain, Mickaël comprend le secret qui a régi la vie d’Hanna, l’amenant à commettre l’irréparable par défaut d’action, pour ne pas devoir révéler son secret.

La troisième partie porte le lecteur à la fin de la vie d’Hanna. Le narrateur ne l’a revue qu’une fois, mais a appris combien il l’a aidée sans le savoir. Une satisfaction pourtant de courte durée qui ne coupe pas court à la tristesse et la culpabilité de Mickaël.

 

« J’étais fier d’elle. En même temps, j’étais triste pour elle, triste de sa vie retardée et raté, triste des retards et des ratages de la vie en général. Je songeai que quand on a laissé passer le bon moment, quand on a trop longtemps refusé quelque chose, ou que quelque chose vous a trop longtemps été refusé, cela vient trop tard, même lorsqu’on l’affronte avec force et qu’on le reçoit avec joie ». (p210).

 

Quelques années plus tard, le narrateur décide d’écrire cette histoire, simplement pour la fixer alors qu’elle commençait à lui échapper, ou peut-être pour s’en débarrasser…

Comme il est difficile de résumer « Le liseur » sans en dévoiler l’essentiel ! Difficile également d’en souligner les aspects les plus intéressants sans rien révéler. Mais comme rien n’est dit à ce sujet sur la quatrième de couverture, alors, autant ménager le suspense ! Même si je me prive inévitablement d’évoquer un aspect essentiel du livre… que les lecteurs apprécieront !

J’ai retrouvé ce roman avec intérêt pour le rendez-vous du Blogoclub de Sylire, après l’avoir lu une première fois il y a près de quinze ans. Je me suis rendue compte que cela fonctionnait toujours aussi bien, le mystère restant entier, parce qu’au début les questions du narrateur portent surtout sur leur amour. Mais « Le liseur » est loin de se cantonner à l’avenir d’une relation entre une femme mûre et un adolescent.

Très vite en effet, on en vient aux questions fondamentales que se pose le narrateur. Questions historiques sur la mémoire, questions juridiques sur la rétroactivité des condamnations, questions philosophiques surtout sur la responsabilité, la culpabilité, sur la liberté aussi : peut-on laisser quelqu’un s’enfermer dans un secret qui le condamne irrévocablement, alors que sa révélation entrainerait l’application de circonstances atténuantes ? Et puis, il y a l’ignorance d’Hanna. La disculpe-t-elle ? Ne la trouvons-nous pas un peu plus sympathique, lorsque nous apprenons son secret ? Bernhard Schlink essaierait-il de nous culpabiliser également ?

Le sentiment de culpabilité est central dans ce roman. Le narrateur en est pétri, lui qui n’est coupable de rien. Il ressent ce sentiment bien plus qu’Hanna, bien que nous ne sachions rien des pensées d’Hanna, elle qui ne dévoile rien. Mickaël, comme les jeunes Allemands nés après la guerre, s’interroge sur le rôle qu’ont bien pu jouer ses parents dans celle-ci. De quel côté étaient-ils vraiment ? Mickaël n’éprouve aucun doute concernant son père, et pourtant, il le condamne à la honte. Ce zèle est-il la destinée de toute une génération ?

« Le liseur » est une histoire très triste, quand on songe aux vies gâchées, celles des victimes indirectes d’Hanna bien sûr, mais aussi celles d’Hanna et de Mickaël. Le narrateur en est conscient : après la culpabilité, puis la colère, il finit par accepter cette histoire comme étant celle de sa vie.

 

« Mais quand quelque chose me blesse, ces blessures d’autrefois remontent à la surface ; et dans le désir ou la nostalgie d’aujourd’hui, je ressens le désir ou la nostalgie de jadis. Les strates successives de notre vie sont si étroitement superposées que dans l’ultérieur nous trouvons toujours de l’antérieur, non pas aboli et réglé, mais présent et vivant ». (p242).

 

Bernhard Schlink nous offre un récit à l’écriture distanciée qui n’empêche pas l’émotion. À quoi s’ajoute une réflexion passionnante qui n’est jamais pesante. Si vous ne l’avez pas encore lu, « Le liseur » vous attend. C’est un incontournable !

 

Le liseur, Bernhard Schlinck, traduit de l’allemand par Bernard Lortholary, Folio n°3158, Paris Octobre 2000.

 

Livre lu dans le cadre du Blogoclub de Sylire et Lisa : les avis de Hélène, Titine, Lisa, Claudia Lucia, Grominou, Ellettres, et autres à venir.

blogoclub

Au programme du prochain Blogoclub, le 1er septembre, un livre de Toni Morisson au choix.