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Théorie de la dictature, Michel Onfray

Même sur la plage, l’été n’empêche pas de penser et pour changer, j’ai eu envie de lire des essais. En haut de ma liste, le dernier livre de Michel Onfray, « Théorie de la dictature ». C’est aussi le premier livre que je lis de cet auteur, et s’il a attiré mon attention, c’est parce que Michel Onfray part de l’oeuvre de George Orwell, et notamment de ses deux romans, « 1984 », et « La ferme des animaux », pour bâtir une théorie applicable à ce qu’il considère comme « un nouveau type de totalitarisme ».

« 1984 » est le roman qu’il faut absolument lire, à mon avis, -avec « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley– pour comprendre notre époque et pour commencer une réflexion sur le rôle des avancées technologiques et du progrès. Orwell s’y livre à l’analyse d’une dictature imaginaire, qui reprend en fait les éléments de la dictature soviétique, et les transpose à un futur… qui est très semblable à l’époque que nous vivons. « La ferme des animaux » est également intéressant quant à la façon dont ce court roman décrit le déroulement d’une révolution menée par les animaux de la ferme, puis confisquée par les cochons au détriment des autres animaux.

 

Après une introduction dans laquelle Michel Onfray amène le sujet et évoque rapidement sa pensée politique et la situation actuelle de la France, « Théorie de la dictature » comporte deux parties qui sont en fait chacune une explication de texte des deux œuvres d’Orwell. Onfray y analyse en détail les éléments importants de « 1984 » et de « La ferme des animaux » et développe les principes qui sous-tendent les fictions politiques d’Orwell.

Je ne saurais dire s’il est préférable d’avoir lu les œuvres d’Orwell pour comprendre, tant l’ensemble est clair, complet et structuré (j’ai lu et étudié « 1984 » donc il m’est difficile de me prononcer). Au contraire, l’ensemble est assez long et un peu trop didactique pour ceux qui connaissent les romans d’Orwell. Pour les autres, il serait toutefois dommage de se contenter de l’analyse de Michel Onfray et de faire l’impasse sur « 1984 » qui, outre ses qualités sur le plan de la théorie politique, est avant tout une dystopie très réussie.

En fait, pour le lecteur averti, c’est-à-dire ici qui connait l’œuvre d’Orwell, l’intérêt du livre d’Onfray réside dans sa conclusion, dédiée au « progressisme nihiliste » dans laquelle il distingue progrès et progressisme à tout va :

« Ce qui nous est présenté comme un progrès est une marche vers le nihilisme, une avancée vers le néant, un mouvement vers la destruction. (…) le culte actuellement voué au progrès du simple fait qu’il est progrès par ceux-là mêmes qui, de ce fait, se disent progressistes, ressemble à une génuflexion devant l’abîme avant le moment suivant qui consiste à s’y précipiter – comme les moutons de panurge dans les flots… Le progrès est devenu un fétiche et le progressisme la religion d’une époque sans sacré, l’espérance d’un temps désespéré, la croyance d’une civilisation sans foi. »

Et l’auteur développe, thèses à l’appui : il explique et illustre comment notre liberté se voit « rétrécie », notre langue « attaquée », la « vérité abolie », l’histoire « instrumentalisée », la nature « effacée », la haine « encouragée » et comment un nouvel empire est en construction. Onfray fait bien souvent mouche. La lecture n’est pas difficile, fluide, à la portée de tous ceux qui s’intéressent un peu à l’histoire et à la politique : pas de concepts compliqués, pas de vocabulaire spécialisé. Et un lien indéniable avec l’actualité.

Les parties consacrées à l’attaque de la langue et à l’instrumentalisation de l’histoire m’ont évidemment particulièrement intéressée. La simplification de la langue que l’on constate régulièrement dans les reparutions ou nouvelles traductions, et plus grave, la généralisation d’un discours peu nuancé, amènent à des incompréhensions et malentendus fréquents et au final, à un appauvrissement de la pensée. Il n’y a qu’à penser à la nouvelle traduction de « 1984 » qui, entre autres, abolit le terme « novlangue » (et le remplace par « néoparler »), qui était pourtant passé dans le langage courant pour décrire un phénomène consistant à déformer une réalité par l’utilisation d’un nouveau mot ou d’une périphrase. Comment « 1984 » est lui-même victime de ce qu’il dénonce…

Au total, l’essai de Michel Onfray est une belle démonstration. Qu’on soit d’accord ou non avec l’auteur, il y a là matière à réflexion et discussion, du moins pour ceux qui acceptent encore cet exercice…

Théorie de la dictature, Michel Onfray, Robert Laffont, Paris, avril 2019, 230 p.

Luca, Franck Thilliez

C’est un pavé de 550 pages que l’on dévore en quelques heures. Il faut d’ailleurs avoir un peu de temps devant soi pour le commencer, car il est tellement addictif que l’on risque d’y laisser des heures de sommeil. Le dernier Franck Thilliez ne déçoit pas : diaboliquement efficace, l’auteur nous offre une intrigue remarquablement bien ficelée qui nous embarque dès les premières pages, sur fond de thèmes scientifiques aussi passionnants qu’effrayants.

Cette fois, Thilliez aborde la question de la gestation pour autrui, de la procréation médicalement assistée et des manipulations génétiques, mais aussi du transhumanisme, ce courant qui veut utiliser les progrès scientifiques et techniques pour surmonter les limites biologiques de l’homme et augmenter ses capacités intellectuelles et physiques jusqu’à repousser, voire un jour abolir la mort. Il est également question de l’intelligence artificielle et de ses limites, autant de problématiques qui nous interpellent sur le plan de l’éthique : pouvons-nous tout laisser faire, au nom du progrès scientifique ?

Parmi les thèmes secondaires bien présents, il y a aussi l’importance des réseaux sociaux et plus généralement des GAFA, leur influence sur nos vies via les algorithmes et les manipulations dont nous sommes victimes quotidiennement. Pour ce qui est de l’intrigue, je ne dévoilerai rien ici, si ce n’est que le roman s’ouvre sur la rencontre dans un chambre d’hôtel entre un couple en mal d’enfant et une jeune femme prête à louer son utérus et à vendre son ovule : la peur au ventre, se sachant hors-la-loi, mais plein d’espoir malgré de multiples échecs, Bertrand et Hélène accordent leur confiance à Natacha et lui remettent leurs cinq mille euros d’économies, une simple avance…

Les fidèles lecteurs de Franck Thilliez retrouveront un Sharko un peu assagi, et Lucie sa femme, toujours prête à visiter des endroits sordides et dangereux, seule, en pleine nuit. Ils ont quitté le 36, Quai des Orfèvres, pour le tout nouveau « Bastion ». Et comme si une nouvelle époque s’ouvrait, ils ne sont plus à l’avant-plan. C’est Nicolas, le collègue de Sharko, qui vit sur une péniche et se remet difficilement de la mort de Camille, et une jeune collègue, fraichement débarquée de Nice, mais pas indemne elle non plus, qui sont au-devant de la scène dans cette enquête particulièrement captivante.

Après la lecture, restent les questionnements, non sur l’intrigue mais sur les problématiques qu’elle soulève : les manipulations folles évoquées ne sont pas encore tout à fait réelles, mais on y touche, il n’y a qu’à penser à la naissance en 2018 de ces bébés chinois dont l’ADN aurait été modifié. Ethique contre eugénisme, c’est à nous de choisir !

 

Luca, Franck Thilliez, Fleuve noir, mai 2019, 550 p.

 

Challenge Polars et thrillers chez Sharon.

 

Le guide des châteaux de la Loire en bandes dessinées

 

Les éditions Petit à petit publient une série de guides d’un genre nouveau, puisqu’ils racontent en bandes dessinées des anecdotes historiques sur la région à laquelle ils sont consacrés. Le « Guide des châteaux de la Loire en bandes dessinées » en fait partie et j’ai pu le découvrir grâce à l’opération masse critique de Babelio que je remercie, ainsi que les éditions Petit à petit.

Les aspects positifs qui caractérisent ce guide sont nombreux ; j’ai ainsi apprécié la richesse du contenu : vingt-cinq châteaux sont présentés, tandis que quelques autres sont évoqués. Chaque château fait l’objet d’une présentation rapide avec photo, situation sur la carte et origine du château. Puis une bande dessinée raconte sur trois planches une anecdote relative au lieu. Une double page est ensuite consacrée aux points forts du château, à ce qui est « à voir absolument » aux alentours de celui-ci, le tout sous forme de brèves.

J’ai aimé la diversité des informations, historiques, géographiques, artistiques, culturelles, culinaires ou tout simplement touristiques. Les références littéraires et cinématographiques donnent envie de prolonger la découverte. On apprend aussi que l’on peut désormais découvrir les châteaux de la Loire autrement : à vélo bien sûr, mais aussi à cheval, ou plus sportif, en participant au tout nouveau trail des châteaux de la Loire ! Bref, le guide est une mine d’idées.

 

Quant aux bandes dessinées, elles sont très éclectiques puisque chacune est l’œuvre d’un dessinateur différent : ceux-ci sont présentés à la fin de l’ouvrage dans une courte biographie qui renseigne également leur page Facebook ou le site sur lequel on peut découvrir leur travail.

Au total, un guide très intéressant, plutôt fait pour préparer -ou prolonger- un voyage que pour glisser dans le sac, en raison de son poids et sa couverture rigide, mais qui intéressera toute la famille !

 

Guide des châteaux de la Loire en bandes dessinées, Editions Petit à petit, avril 2019, 159 p.

 

 

 

Un bon samaritain, Matthieu Falcone

Pierre Saintonge est un homme qui, à première vue, n’attire pas la sympathie. Il est prompt à la critique en toutes circonstances. Il détonne dans le milieu universitaire où il est professeur, parce qu’il n’hésite jamais à dire ce qu’il pense. Il déteste plus que tout le politiquement correct, non pas par esprit de contradiction mais parce qu’à la différence de nombre de ses contemporains, il aime réfléchir, aller au fond des choses et mettre en évidence toutes les nuances d’une idée.

C’est aussi un grand amateur de femmes, qui célèbre la beauté et l’élégance des parisiennes, même s’il a du mal à comprendre les paradoxes des « filles d’aujourd’hui ».  Son meilleur ami, qui est le narrateur, le décrit comme un homme qui a abandonné les « complications intérieures » en même temps que son aspiration à être un intellectuel, pour davantage de pragmatisme. S’il n’est pas d’accord avec lui sur certains points, notamment en politique, le narrateur reste l’ami de Saintonge par fidélité à leur passé et parce qu’il aime son charisme.

Le roman s’ouvre sur une exposition d’art contemporain que visitent les deux amis. Saintonge critique les « nippes de migrants » utilisées par l’artiste pour attirer les bobos. Il fustige ceux qui ne voient pas à long terme ce que la politique d’accueil envers et contre tout pourrait avoir comme conséquences. Pourtant, quand il rentre chez lui et butte sur trois migrants allongés par terre dans le froid, il n’écoute que son cœur et les fait monter chez lui. Le lendemain, Mylène, sa femme, découvre stupéfaite les trois hommes endormis dans son salon. Saintonge va rapidement forcer l’admiration de ses amis qui prônaient l’accueil à tout va sans jamais être capables de mettre leurs paroles en pratique. Mais cela ne va pas être du goût de tout le monde…

Voilà un roman tour à tour grinçant et drôle, qui affronte le politiquement correct et dénonce les paradoxes et l’hypocrisie de notre temps : Matthieu Falcone introduit des nuances, nous conduisant à réfléchir au-delà de l’idéologie commune, ce qui est intéressant intellectuellement. Il est très bien écrit, avec des subjonctifs passé et des termes peu usités, ce qui peut sembler pédant mais sied finalement à la pensée du personnage principal.

Bref, un premier roman décoiffant, un peu à la Houellebecq, dont on parle trop peu.

 

Un bon samaritain, Matthieu Falcone, Gallimard, collection Blanche, novembre 2018.

Le cœur converti, Stefan Hertmans

 

C’est l’histoire d’une jeune normande chrétienne tombée amoureuse d’un juif avec lequel elle s’enfuit vers le sud. C’est l’histoire de l’enquête d’un écrivain lancé pendant une vingtaine d’années sur les traces de cette jeune fille. C’est l’histoire d’un village perdu sur les hauteurs de la Provence et voué à disparaître après avoir traversé les siècles.

Stefan Hertmans mélange en effet le récit de la vie mouvementée de Vigdis, jeune noble normande, avec celui de sa propre recherche entamée il y a près de vingt-cinq ans, lorsqu’il séjourne à Monieux et apprend que ce village provençal fut le théâtre d’un pogrom à la fin du onzième siècle. Un trésor y serait caché, enfoui par le rabbin au moment du massacre. La jeune Vigdis, devenue Hamoutal entretemps, y vivait depuis quelques années, réfugiée avec David, le bel étudiant juif de Rouen dont elle était tombée amoureuse et avec lequel elle avait fui vers Narbonne, avant de venir se cacher à Monieux pour échapper aux chevaliers lancés à sa poursuite par son père.

Stefan Hertmans retrace la vie du couple et dès le début, il parsème son récit d’indices quant au futur d’Hamoutal et de David, dont on devine rapidement qu’il sera funeste. L’auteur aimerait souffler à son héroïne de choisir un autre homme pour fuir son sort, mais ce pouvoir ne lui est pas donné. Il nous raconte donc la fuite éperdue et poignante qui conduit l’héroïne jusqu’au bord du Nil.

Partant d’éléments historiques véridiques, l’auteur imagine ce que devait être le monde au onzième siècle pour une jeune chrétienne, blonde aux yeux bleus, convertie par amour au judaïsme. Si les retours en arrière et les passages d’un millénaire à l’autre peuvent dérouter au début de la lecture, on se fait ensuite au rythme et j’ai assez vite aimé les contrastes nés de ce choix narratif, comme l’évocation sans transition du village dévasté au lendemain du pogrom et du petit paradis sur terre dans lequel l’écrivain s’est installé mille ans plus tard.

Roman historique, quête de l’écrivain, « Le cœur converti » est aussi le beau portrait d’une femme courageuse, partagée entre ses origines et son amour et prête à tout pour sauver ses enfants. Une lecture passionnante qui me convainc de la nécessité de découvrir cet auteur belge néerlandophone qui ne s’est fait connaître à l’étranger que récemment, depuis son premier succès international, celui qu’a remporté son roman « Guerre et Térébenthine ».

A découvrir sur son site : Stefan Hertmans

 

Le cœur converti, Stefan Hertmans, traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin, Gallimard, collection Du monde entier, juin 2018, 368 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois belge 2019 chez Anne et du challenge Objectif Pal chez Antigone

Aventures en Loire, Bernard Ollivier

 

Bernard Ollivier est cet écrivain voyageur que j’affectionne particulièrement, depuis que j’ai  lu les trois tomes de « La longue marche »,  récit dans lequel il retrace son périple à pied, de la Méditerranée jusqu’à la Chine, sur la Route de la Soie. Je vous parlerai bientôt de « Sur le chemin des ducs » qui raconte la randonnée que Bernard Ollivier a effectuée en Normandie, de Rouen au Mont-Saint-Michel, mais ce récit m’a un peu laissé sur ma faim.

Au contraire, « Aventures en Loire », paru avant « Sur le chemin des ducs », m’a beaucoup plu. Certes, l’exotisme de l’Orient n’y est pas, mais on retrouve certains des  ingrédients qui ont fait le succès de La longue marche, et parmi ceux-ci, l’enthousiasme de l’auteur et l’importance accordée aux rencontres, autant et peut être davantage qu’à la randonnée elle-même.

Bernard Ollivier est parti cette fois d’une des trois sources de la Loire, au pied du mont Gerbier-de-Jonc, pour se rendre, d’abord à pied puis en canoë, jusqu’à Nantes, en suivant la Loire. Le temps est exécrable, en ce mois d’août 2008, mais l’auteur ira jusqu’au bout, bravant une pluie glaciale et  omniprésente, heureusement réchauffé, au propre comme au figuré, par les rencontres amicales faites au fil de l’eau.

En entamant ce périple, l’écrivain voyageur voulait démontrer que « l’aventure ne réside pas seulement dans l’exotisme » et il y parvient fort bien. Il conclut en effet :

« L’important dans le voyage est de perdre volontairement ses repères pour mieux se retrouver. C’est d’aller vers de nouveaux horizons, et ils ne manquent pas dans notre environnement immédiat » (…) « L’aventure est au coin de la rue ; ce n’est pas une question de kilomètres mais de regard »…

L’auteur voulait également prouver que l’hospitalité existe encore dans notre société, et c’est là aussi chose faite. Bernard Ollivier n’a dormi que quatre nuits sous la tente, et a été accueilli chaleureusement pour de nombreuses autres étapes au cours desquelles il a rencontré des Français tournés vers les autres, ravis la plupart du temps de partager leur passion, leur petit coin de paradis installé au bord de la Loire. « Aventures en Loire » est donc un récit optimiste qui donne envie de partir à la découverte des régions françaises, sac au dos, bon pied, bon œil…

 

Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoë, Bernard Ollivier, Libretto, Paris, 2012, 224 p.

 

Participation au challenge « Objectif Pal » chez Antigone.

 

Le mystère Henri Pick, David Foenkinos.

 

Jeune éditrice parisienne, Delphine se rend en Bretagne à Crozon pour passer un week-end chez ses parents et pour leur présenter son petit ami, qui n’est autre qu’un auteur dont elle vient de publier le premier roman. Le couple se rend à la bibliothèque municipale pour jeter un coup d’œil curieux sur le rayon des « refusés » dont leur a parlé la mère de Delphine. S’inspirant de l’idée de l’écrivain américain Brautigan, l’ancien bibliothécaire avait en effet eu l’idée de créer un lieu pour recueillir les manuscrits qu’aucune maison d’édition n’acceptait de publier.

Delphine et Frédéric empruntent quelques-uns de ces manuscrits et découvrent ainsi un roman de grande qualité qui mérite amplement d’être publié. Delphine retrouve facilement la trace de l’auteur, un certain Henri Pick, qui tenait une pizzeria dans la petite commune bretonne. Il ne reste plus qu’à convaincre sa veuve, et accessoirement sa fille Joséphine, qui n’avaient jamais entendu parler de ce roman ni des qualités littéraires de leur mari et père, d’accepter sa publication.

Le roman remporte un grand succès et plus encore, l’histoire qui entoure sa découverte et sa publication soulève l’enthousiasme général. Henri Pick avait-il vraiment présenté ce roman à des éditeurs ? A-t-il été refusé ou l’auteur l’a-t-il gardé secret parce qu’il ne voulait pas le publier ? Autant de questions qui animent le petit monde littéraire et notamment, Jean-Michel Rouche, journaliste et critique littéraire autrefois très apprécié mais désormais sur le déclin…

J’ai sorti ce roman de ma Pal parce que je voulais absolument le lire avant d’aller voir le film, motivée par la distribution, Fabrice Lucchini et Camille Cottin. Je ne sais pas ce qui m’avait retenue de le lire avant, mais je n’ai aucun regret de ne pas l’avoir fait plus tôt : autant le dire tout de suite, j’ai été assez déçue. Je m’attendais à mieux pour un roman paru dans la prestigieuse « blanche » de chez Gallimard. Certes, le sujet est intéressant et l’on se demande d’ailleurs comment personne n’y avait pensé plus tôt : au XIX ème siècle, il y avait en en matière de peinture un salon des refusés qui fut organisé en marge du salon officiel, pourquoi les manuscrits n’auraient-ils pas droit à une seconde chance ?

D’autre part, le roman est prenant et il se lit d’une traite et j’ai aimé la fin, qui m’a surprise. A part cela, il y a quelque chose d’assez démonstratif ou distancié qui ne m’a pas plu dans l’écriture. Et puis surtout, ces notes explicatives de bas de page, sans intérêt, et qui ne m’ont pas fait rire lorsque j’essayais de les prendre au deuxième (ou troisième ?) degré ! Même chose pour les jeux de mots …

J’avais lu « La délicatesse » il y a très longtemps et n’en ai pas gardé un souvenir impérissable : je ne me souviens que des acteurs dans le film éponyme. Peut-être en sera-t-il de même pour « Le mystère Henri Pick » ? Je le saurai après avoir vu le film mais je me pose déjà la question : Foenkinos serait-il meilleur scénariste que romancier ?

 

Le mystère Henri Pick, David Foenkinos, Folio n° 6403, novembre 2017, 323 p. 

 

Challenge Objectif Pal chez Antigone