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Le jardin des Finzi-Contini, Giorgio Bassani

 

Alors que le narrateur rentre d’une excursion en voiture, la réflexion de la fille de ses amis, une enfant de neuf ans, le plonge dans des pensées douloureuses concernant la sépulture de la famille Finzi-Contini ; et l’emporte aussitôt dans un long récit nostalgique qui couvre une dizaine d’années, celles de l’adolescence, de la fin des années vingt au début de la guerre. Une jeunesse qui s’est déroulée dans les beaux quartiers de la ville de Ferrare.

Le fascisme, déjà bien installé en Italie, envahit alors progressivement tous les aspects de la vie quotidienne et conduira jusqu’à la promulgation des lois raciales par Mussolini en 1938. Au fur et à mesure que le danger grandit et menace les protagonistes qui appartiennent à la communauté juive de Ferrare, ceux-ci se renferment autour d’un petit cercle d’amis, dans le magnifique jardin de la propriété des Finzi-Contini.

Le narrateur est amoureux de Micol, la jeune fille de la famille. L’amourette d’enfance se transforme chez lui en un véritable amour que ne partage pas Micol. Obstiné, il continue à fréquenter la maison et devient ami avec Alberto, le frère de Micol puis avec Giampi Malnate, un ami d’Alberto.

« Le jardin des Finzi-Contini » est un très beau roman sur le passé et l’incertitude de l’avenir. C’est un texte qui a des accents modianesques par moments, proustiens également, mais dans ses thèmes uniquement car l’écriture est très différente. Elle est à la fois précise, évocatrice, et tout en retenue et en subtilité : les nombreux non-dits réduisent la période évoquée à un bonheur provisoire où l’on a l’impression que seules comptent les préoccupations sentimentales des personnages. Mais celles-ci ne sont détaillées que pour détourner l’attention de la menace qui plane douloureusement sur les Finzi-Contini et leurs amis.

« (…) pour moi, non moins que pour elle, ce qui comptait c’était, plus que la possession des choses, le souvenir qu’on avait d’elles, le souvenir en face duquel toute possession ne peut, en soi, apparaître que décevante, banale, insuffisante. Comme elle me comprenait ! Mon désir que le présent devînt tout de suite du passé, pour pouvoir l’aimer et le contempler à mon aise, était aussi le sien, exactement pareil. C’était là notre vice : d’avancer avec, toujours, la tête tournée en arrière. »

En effet, derrière la douceur, il y a la nostalgie du narrateur, derrière la sérénité apparente des belles journées d’été sur le court de tennis, il y a la cruauté d’un avenir que seul le narrateur connaît et dont lui seul a réchappé. Et ce qui frappe est, non pas l’insouciance, mais l’absence de réaction des protagonistes face au recul de leurs droits. Un trait de l’époque aussi et de la bonne société dans laquelle évoluent les personnages qui, pour intellectuels qu’ils soient, se taisent, sont aveuglés ou se résignent à abandonner progressivement leurs libertés. Nostalgique, beau, édifiant.

 

Coup de cœur 2020 !

 

Le jardin des Finzi-Contini, Giorgio Bassani, traduit de l’italien par Michel Arnaud, Folio n° 634, 1975, 373 p.

 

Olivier a lu « Dans le mur« de Giorgio Bassani, tiré du recueil « Le roman de Ferrare ». Vous pouvez lire sa chronique ici.

 

 

Participation au mois italien chez Martine et au challenge Objectif Pal chez Antigone.

 

Un mois italien très riche

le mois italien

Le mois italien organisé par Eimelle en octobre vient de se terminer et ce fut un grand succès. Les participants ont publié de nombreux billets et nous avons échangé sur des auteurs italiens de toutes sortes, mais pas seulement : chansons, poésie, films, reportages photos, cuisine et j’en oublie…

Certains billets concernant mes lectures italiennes ont été publiés uniquement sur mon blog Pages italiennes. Voici donc un récapitulatif des titres que j’ai chroniqués, avec leur lien :

 

Les livres :

Une fois, un jour, Erri de Luca

Histoire des lieux de légende, Umberto Eco.

-La concession du téléphone, Andrea Camilleri

-La fille du pape, Dario Fo.

-Je n’ai pas peur, Niccolo Ammaniti

-La fête du siècle, Niccolo Ammaniti.

-Roma enigma, Gilda Piersanti.

Nessuno sa di noi, Simona Sparaco (lu en VO)

-Plus haut que la mer, Francesca Melandri

Pinocchio, Carlo Collodi (lu en VO)

Caos calmo, Sandro Veronesi (lu en VO)

 

Les films :

Benvenuti al Sud.

La meglio gioventù.

Habemus papam.

 

Les promenades photographiques:

Lerici et le Golfe des poètes.

Torre del lago Puccini

Lucca

Le Cinque Terre.

 

Chez les autres participants, vous trouverez également des tas d’idées de lecture. Voici donc le lien vers le billet récapitulatif d’Eimelle. En ce qui me concerne, je retiendrai pour mes prochaines lectures italiennes :

  • Eva dort, de Francesca Melandri
  • Et je t’emmène, de Niccolo Ammaniti
  • Montedidio, de Erri de Luca

Tout cela bien sûr, lorsque j’aurai terminé la grande saga d’Elena Ferrante, dont je ne suis pour l’instant qu’au premier tome « L’amica geniale » (sur 4 tomes).

 

challenge italie

 

Un mois italien très riche, donc, mais comme l’a très bien dit Eimelle, pas de nostalgie, puisque le challenge Il viaggio se poursuit toute l’année sur son blog, avec comme nouveauté quelques rendez-vous particuliers, ou « focus ». Et l’on commence tout de suite avec Venise, au cours du mois de novembre. Vos lectures sur Venise peuvent d’ailleurs être jumelées avec le challenge vénitien que vous pouvez trouver ici.

 

Logo challenge vénitien

 

J’ai quant à moi renoncé à participer au mois québécois, malgré tout l’intérêt que je porte à la littérature du Québec, tout simplement par manque de temps. L’année prochaine, j’espère… En attendant, cap sur Venise, et sur d’autres littératures bien sûr. Au programme de ce mois de novembre, une monographie inédite de Stefan Zweig sur Verlaine, un récit de voyage  de Lausanne à Pékin en passant par Moscou, le dernier Astérix, un manga, « Cesare« , qui m’a été conseillé par Eve, une lecture commune avec Bianca sur « Le carrefour des écrasés«  de Claude Izner, de la littérature islandaise avec « D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds« , et un premier roman de l’irlandais David Lynch, « La déchirure de l’eau« .