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Rendez-vous à Positano, Goliarda Sapienza

Ecrit en 1984, « Appuntamento a Positano » est resté inédit en Italie jusqu’en 2015. Sa traduction française vient d’être publiée aux éditions le Tripode. Dans « Rendez-vous à Positano », Goliarda Sapienza fait revivre sous nos yeux un Positano d’avant la construction de la route, conscient de vivre ses dernières années de tranquillité. Seuls quelques initiés, intellectuels et artistes, italiens et étrangers, séjournaient alors en villégiature à Positano, ce magnifique village étagé de la côte amalfitaine.

L’auteure évoque « la seule disette qui menace les riches, la faim d’amitié ». Et c’est précisément son amitié avec Erica qu’elle retrace dans ce récit en grande partie autobiographique qui se déroule dans les années cinquante et soixante. Goliarda travaillait dans le cinéma, lorsqu’elle rencontra Erica lors de vacances à Positano. Erica était une jeune héritière qui avait été confrontée à la dureté de la vie à la mort de ses parents. Leur amitié fut entière et solaire, malgré la différence d’âge entre les deux amies. Elle marqua fortement Goliarda qui avait déjà connu des problèmes psychologiques assez graves.

Outre les descriptions de la « Costiera » amalfitaine, Goliarda Sapienza parle du passé, de l’inévitable écoulement du temps et des changements que celui-ci induit en nous et qu’il provoque sur le monde. L’auteure se plaint du tourisme de masse naissant qui déjà, défigure Positano. L’atmosphère de l’époque est très bien rendue, et l’auteure parvient à faire naître les images de ce temps passé, de « l’argenté de la mer » ou des escaliers de Positano qui se transforment en autant de torrents lorsque l’orage s’abat sur le village.

Voilà une nouvelle occasion de faire connaissance avec cette intellectuelle qui est une auteure majeure de la littérature italienne contemporaine, mais qui n’a été malheureusement mise en avant que de façon posthume.

Rendez-vous à Positano, Goliarda Sapienza, traduit de l’italien par Nathalie Castagné, éditions Le Tripode,  avril 2017.
Livre lu dans le cadre du challenge Femmes de lettres chez George et du challenge Il viaggio chez Martine.
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Limonov, d’Emmanuel Carrère.

 

A45089_Limonov.inddLe blogoclub est consacré aujourd’hui à un écrivain français que je n’avais jamais lu, Emmanuel Carrère, et qui ne m’attirait guère jusqu’alors.  Première étape de la découverte : explorer sa biographie et surtout ses publications pour faire un choix. L’auteur a publié plusieurs romans mais, depuis les années 2000, il consacre surtout ses travaux à des récits qu’il écrit à la première personne, se mettant en scène dans la vie des autres. Il agit comme un enquêteur et d’ailleurs, il s’intéresse à des sujets bien réels, tels des faits divers qui l’ont intrigué.

J’ai donc procédé par élimination pour effectuer mon choix, tant la vie de l’imposteur Jean-Claude Romand, ou le tsunami de 2004 m’inspiraient peu. Il en allait de même pour son dernier ouvrage, « Le Royaume », consacré aux origines de la chrétienté et à son influence sur le monde actuel, mais ici plutôt parce que l’ouvrage me semblait ardu.  En revanche, parce que le récit a trait à la culture et l’histoire russes, mon choix s’est porté sur « Limonov », que Carrère a publié en 2011 et pour lequel il a reçu le prix Renaudot.

Emmanuel Carrère y raconte la vie d’Edouard Limonov, écrivain et dissident né à Moscou en 1943. L’homme a un itinéraire pour le moins rocambolesque qui l’a amené à fréquenter des milieux très divers. Petite frappe risquant de tomber dans la délinquance à Kharkov, il mène ensuite une vie de bohême à Moscou où il croise de nombreux poètes, avant d’émigrer avec son amie du moment à New York où il reçoit aussitôt l’aide de prestigieux émigrés russes. Les années quatre-vingt seront parisiennes pour Limonov qui sort enfin de la misère et de l’anonymat. Puis Limonov retrouvera son pays, quitté quatorze ans auparavant, et y rentrera après un détour par l’ex-Yougoslavie qui est alors en pleine guerre, afin d’y mener un combat politique.

Le plus grand intérêt du récit a été pour moi le large panorama de l’intelligentsia russe qu’il nous offre puisque Limonov a croisé de grands écrivains et artistes russes. De même, Emmanuel Carrère y dessine en creux l’histoire de l’Union soviétique des années cinquante jusqu’à la Russie de Poutine. Quant à l’auteur lui-même, il est toujours présent en filigrane du récit et plus particulièrement dans les années quatre-vingt, époque où il a connu Edouard Limonov à Paris.

Le récit d’Emmanuel Carrère est très intéressant et très riche, même si la forme adoptée par l’auteur m’a laissée un peu sur ma faim : il semble, d’après Emmanuel Carrère, que ce ne soit pas une véritable biographie et pourtant on voit mal quelle est la part de la fiction dans ce récit. Une biographie romancée donc ? Soit. Limonov en tous cas, constitue un personnage romanesque en puissance. Un concentré d’âme russe, tant il est difficile à cerner, excessif et sincère. Un homme très déterminé qui a combattu toute sa vie pour différentes causes, qu’il s’agisse de la poésie, de la littérature, comme de l’action politique jusqu’au combat militaire !

Une belle découverte, d’un écrivain-aventurier que je ne connaissais pas, comme d’un auteur dont j’avais une image plutôt négative, je ne sais pas pourquoi… Je suis donc curieuse de découvrir les avis sur d’autres livres d’Emmanuel Carrère.

Limonov, Emmanuel Carrère, Folio n°5560, mars 2013, 489 p.

 

Livre lu dans le cadre du Blogoclub de Sylire.

blogoclub

L’amie prodigieuse : le choix des couvertures

Même si j’ai déjà lu et chroniqué les trois premiers tomes de la saga « L’amie prodigieuse », je suis contente que cette auteure ait été choisie pour le Blogoclub de Sylire, car c’est à nouveau l’occasion de parler d’une saga qui m’a énormément plu et de prendre connaissance des différents points de vue à son sujet. C’est donc un rendez-vous que je ne pouvais pas manquer ! Cela me rappelle aussi que je garde le quatrième tome que je possède en italien comme « lecture-cadeau » pour les vacances de Noël : un excellent moment à savourer et dont je me réjouis à l’avance, car selon la plupart des critiques, la saga tient ses promesses sur la longueur. En France, il ne reste plus longtemps à attendre avant de dévorer le tome 3 qui sortira en janvier prochain.

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En attendant, j’ai choisi de vous parler de « L’amie prodigieuse » sous un angle très différent de ce que que je fais habituellement : celui des couvertures des quatre romans. En effet, les couvertures de romans se veulent généralement  attrayantes. Mais l’effet recherché n’est pas toujours au rendez-vous; c’est ce qui m’est arrivé précisément avec le premier tome de « L’amie prodigieuse » en version italienne : en vacances en Italie, j’errais dans les rayons d’une grande librairie à la recherche du livre idéal. Je me suis adressée au libraire qui m’a aussitôt conseillé le premier tome de la saga d’Elena Ferrante. Devant la pile impressionnante qui oscillait sur le principal présentoir de la librairie, et surtout en découvrant la couverture, j’ai cherché un moyen de me dérober : j’ai sans doute bafouillé une excuse sans queue ni tête me permettant de ressortir sans ce roman qui ne pouvait être qu’à l’eau de rose : qu’en pensez-vous ?

 

l'amica geniale

L’amie prodigieuse, tome 1

 

Storia del nuovo cognomeLe nouveau nom, tome 2

On sait bien que la première de couverture remplit une fonction d’information au sens propre : titre, auteur… Elle doit également donner implicitement des renseignements sur le genre d’ouvrage dont il est question : au premier coup d’oeil, nous pouvons généralement deviner s’il s’agit d’un polar, de chick-lit, de littérature… La couverture doit aussi et surtout attirer notre attention, car la concurrence est rude sur les tables des libraires. Elle doit en même temps éveiller notre curiosité pour nous faire ressentir l’envie, voire la nécessité, d’acheter le livre. Un public cible est généralement visé en premier lieu et si l’illustration parvient à attirer d’autres types de lecteurs, c’est encore mieux.

En ce qui concerne les romans originaux de la saga d’Elena Ferrante, je ne dois pas être la seule à trouver les couvertures particulièrement « moches ». En recherchant quelques articles sur internet, je suis tout de suite tombée sur celui-ci : « Le copertine dei libri di Elena Ferrante sono brutte? » / « Les couvertures des livres d’Elena Ferrante sont-elles laides ? ». Ces mêmes couvertures ont été gardées par la maison d’édition américaine qui a publié les quatre romans qui ont remporté un énorme succès aux Etats-Unis, fait peu habituel d’ailleurs pour des livres italiens. Un choix apparemment assumé comme nous le révèle l’article que je cite ci-dessus : ainsi, la cofondatrice des éditions italiennes E/O, Sandra Ozzola, a expliqué : « les couvertures sont volontairement kitsch et donnent une idée de la vulgarité qui est un des éléments centraux de la saga » (sic). Elle précise que l’auteure, Elena Ferrante, n’a pas été impliquée dans le processus créatif des couvertures, mais qu’elle a toujours approuvé le travail de la maison d’édition. Sandra Ozzola ajoute : « les livres de Ferrante sont un mélange de littérature populaire et de littérature intellectuelle, nous voulions que cette idée apparaisse aussi sur les couvertures ». Elle ajoute enfin qu’il lui « semble étrange que les lecteurs n’aient pas saisi l’évidente ironie qui transparaît dans ce choix ».

 

En France, « L’amie prodigieuse » est publiée par Gallimard, puis en édition de poche, chez Folio, ce qui est a priori un gage de bon goût. En effet, les couvertures donnent une toute autre impression, comme l’ont constaté les lecteurs francophones. Jugez plutôt :

 

lamie-prodigieuse-gallimard

Le nouveau nom ferrante

 

Et  pour terminer, voici quelques-unes des couvertures dans d’autres langues. Lesquelles préférez-vous ?

 

my-brilliant-friendVersion américaine

 

la-amica-estupenda  Version espagnole

 

lamica-genial-catalanVersion catalane

de-geniale-vrindin-elena-ferranteVersion néerlandaise

meine-geniale-freundinVersion allemande

 

min-fantastika-vaninnaVersion suédoise

 

Mon avis sur L’amie prodigieuse ici.

Les avis des autres participants chez Sylire ICI.

 

Livre lu dans le cadre du Blogoclub de Sylire et du challenge Il viaggio chez Eimelle.

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Titus n’aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai

Titus n'aimait pas BéréniceAujourd’hui comme de tous temps, Titus aime Bérénice et pourtant il la quitte. Il l’abandonne parce qu’il ne peut quitter Roma qui est son épouse et la mère de ses enfants, même s’il ne l’aime plus. Ce soir de 2015, Bérénice est dévastée lorsqu’elle apprend l’abandon de Titus. Après le choc, elle entre en convalescence, accepte l’empathie de ses proches, partage des confidences. Au cours de ces confessions, une voix lui murmure un vers de Racine. Elle se raccroche à celui-ci comme à tant d’autres alexandrins du grand auteur. Ardente, la langue du tragédien s’insinue en elle. Elle veut comprendre comment Racine a pu écrire de tels vers, et ce qui l’a amené à une connaissance si profonde des sentiments amoureux. Elle veut comprendre pourquoi Titus l’a quittée. Ne l’aimait-il pas ?

Nathalie Azoulai utilise ce joli prétexte pour écrire une biographie de Jean Racine, sous un angle qui privilégie l’étude du sentiment amoureux dans l’œuvre du grand tragédien. Comme l’auteure l’annonce, deux lieux qui apparaîtront tour à tour en filigranes de la vie de Racine ont profondément marqué sa vie et son œuvre : Versailles, endroit fastueux où le poète côtoya le Roi et la démesure, et Port-Royal où le jeune Racine fut éduqué selon les principes jansénistes, dans le dénuement et la réclusion. C’est en effet à l’abbaye de Port-Royal qu’il apprit de ses maîtres, et grâce à l’étude des auteurs latins et grecs, qu’un travail acharné vient à bout de tout. Un principe qu’il appliqua dès ses premiers vers.

A quatorze ans, Racine quitta Port Royal pour le collège de Beauvais auquel il ne s’habitua pas malgré une discipline relâchée. Il poursuivit son étude avec rigueur et fit l’expérience magnifique de l’alexandrin. Pour lui, la langue était aussi beauté, la langue était aussi musique. De retour à Port-Royal, il fut l’élève des trois maîtres les plus renommés de France et continua avec eux son apprentissage classique. Mais il découvrit aussi les livres interdits et cacha des romans grâce auxquels il entrevit puis déchiffra l’amour et la passion.

Racine s’installa ensuite à Paris où il mena une vie très éloignée du calme de l’abbaye de Port–Royal. Il commença à écrire et à faire représenter ses pièces, il fréquenta de grandes comédiennes, Mademoiselle Du Parc puis Marie Desmares, avec lesquelles il eut une longue liaison, et qui, de par leur jeu, influencèrent son écriture. La vie de Racine prit ensuite un tournant : il se maria, eut plusieurs enfants et devint historiographe du Roi. Il composa ensuite des pièces plus sages, destinées à être jouées par les pensionnaires Saint-Cyr, institution créée par Mme de Maintenon.

Tout au long de cette promenade biographique, Nathalie Azoulai nous présente un auteur talentueux, acharné et volontaire, poignant, et cependant loin d’être parfait : Jean, comme l’auteure l’appelle, se montre partagé entre sa foi et l’amour des mondanités, il jalouse Corneille et Molière, il est infidèle, il courtise le roi, il renie son art pour les pensionnaires de Saint-Cyr… mais il parle si bien d’amour ! Est-ce en raison de la dureté de l’éducation janséniste, de la lecture des anciens, de sa vie sentimentale, de sa finesse psychologique, de la fréquentation de romans alors interdits…? Un peu de tout cela sans doute…

Racine est en effet très doué pour écrire l’échec de l’amour partagé et il le fait dans une langue concise, belle et pure. Nathalie Azoulai souligne l’importance que la langue revêt pour Racine et revient à plusieurs reprises sur la façon dont il compose ses vers :

« C’est ce qu’il aime dans la langue française et que les autres n’ont pas, ce lit de voyelles rocailleuses que les hiatus révèlent dans les vers comme l’été dans le fond des rivières. Marie est encore meilleure que Du Parc parce qu’elle pousse les portes d’un autre monde, où l’on marche dans ses rêves, où l’on parle sous hypnose. Il s’amuse parfois en lui disant qu’elle est sous alexandrins. Il aime cette espèce de froideur qui la gagne et la fait entrer dans une mer gelée sans trembler. Il comprend en la regardant que s’il compose des vers, c’est certes pour être le plus grand poète de France, mais aussi pour capter cela, le son d’une conscience qui s’exprime à haute voix. Pleine, libre, parfois glaçante. »

Le charme particulier de « Titus n’aimait pas Bérénice » vient du fait qu’il ne s’agit pas d’une biographie factuelle, précise, historique, même si elle est très bien documentée et témoigne d’une grande connaissance de Racine et de son œuvre. Le terme qui n’est venu à l’esprit pour qualifier ce roman est celui de « promenade biographique ». Un moment hors du temps, pourtant si actuel par ses propos sur l’amour et la passion, et la difficulté de la création artistique. Il y a bien sûr également la qualité d’écriture de Nathalie Azoulai. Dans une langue travaillée, sensible et juste, l’auteure nous livre sa vision de Racine et des classiques et en démontre toute la modernité, jusqu’à donner envie aux lecteurs de se plonger dans les tragédies de Racine, et en premier lieu dans « Bérénice ».

Le roman de Nathalie Azoulai méritait bien le Prix Médicis 2015, et en ce qui me concerne, figurera parmi mes coups de cœur de cette année !

Coup de cœur !

Titus n’aimait pas Bérénice, Nathalie Azoulai, POL, Paris, août 2015, 316p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge « Femmes de lettres » chez George.

dames de lettres

 

Prière d’achever, de John Connolly

prière d'acheverM.Berger est un modeste fonctionnaire anglais, célibataire et sans âge, qui mène une vie solitaire en apparence très ennuyeuse, ce qui pourtant ne lui pèse pas le moins du monde. L’heure quotidienne qu’il consacre à la lecture, attablé au pub local ou assis le long de la voie ferrée en été, suffit en effet pleinement à son bonheur.

C’est d’ailleurs lors d’une promenade près de cette voie de chemin de fer que M. Berger assiste à une scène qui le bouleverse : il aperçoit en effet une jeune femme vêtue de noir et portant un petit sac rouge, et la voit nettement se jeter sous l’express. Arrivé sur les lieux, l’homme ne trouve aucune trace du suicide. Il appelle la police qui passe les lieux au peigne fin puis contacte le conducteur du train qui n’a rien vu et dont la locomotive ne porte aucune trace de l’accident. Il faut bien se rendre à l’évidence, comme le lui suggère la police : Monsieur Berger a dû se tromper…

Mais Monsieur Berger est bouleversé et ne trouve pas le sommeil. Le lendemain, il cherche d’où lui vient cette impression familière. Le suicide auquel il a assisté la veille lui rappelle une scène de roman, mais laquelle précisément ? Le petit sac rouge est un élément important, il le sent, et il décide d’orienter ses recherches parmi les nombreux livres en attente de rangement, depuis qu’il s’est installé dans le petit cottage que lui a laissé sa mère.

Monsieur Berger extirpe instinctivement d’une pile un exemplaire d’ « Anna Karénine » dont il relit le chapitre 31 : aucun doute, l’extrait qu’il découvre est le compte-rendu parfait de la scène à laquelle il a assisté la veille. Monsieur Berger a vécu, en direct, la scène du suicide de l’héroïne de Tolstoï !

John Connolly nous emmène dans un délicieux roman qui ravira les amoureux des livres et de la littérature. Il y met une touche de roman policier, un brin de fantastique, même s’il considère, comme il le précise dans l’interview annexée au roman, que « Prière d’achever » est loin d’être une histoire fantastique.

« C’est une histoire sur les livres et les lecteurs, qui me permet d’assouvir la fascination que j’ai toujours eue dans mon travail pour l’idée que les livres sont des objets changeants, et non pas fixes. Qu’ils trouvent leur sens dans les expériences personnelles que chaque lecteur apporte avec lui. Pour ses propres raisons, M. Berger lit Anna Karénine d’une certaine manière : c’est ce qui le pousse à agir comme il le fait dans l’histoire. Un autre lecteur se serait peut-être contenté de la fin du roman, mais ce n’est pas le cas de M. Berger, notamment parce qu’il a personnellement rencontré Anna. »

Et j’ajouterai, parce que M Berger, qui communique peu avec ses semblables, est un grand lecteur qui se sent proche des personnages et qui vit sa vie avec eux, tout simplement parce que les livres font partie intégrante de sa vie, parce qu’ils sont même toute sa vie.

Un court roman qui a obtenu le Prix Edgar Allan Poe 2014, et que je vous recommande tout particulièrement !

 

Prière d’achever, John Connolly, traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre Brévignon, Editions Ombres noires, 158p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda

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Avril, le mois belge, avec Anne et Mina

 

Pour la troisième année consécutive, Anne, du blog Des mots et des notes, et Mina, du blog Mon Salon littéraire, nous convient à participer au mois belge. L’occasion de découvrir ou approfondir une littérature d’une grande richesse qui n’est pas assez  souvent mise à l’honneur. Le patrimoine culturel de la Belgique sera également mis en valeur, puisque les billets culturels seront acceptés.

 

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Anne et Mina nous ont concocté quelques rendez-vous :

  • Mardi 5 : un recueil de nouvelles ou une nouvelle.
  • Vendredi 8 : un classique (publié avant 1960).
  • Mardi 12 : un livre jeunesse.
  • Vendredi 15 : une bande dessinée.
  • Mardi 19 : lecture commune autour de Guy Goffette.
  • Vendredi 22 : un auteur flamand.
  • Mardi 26 : un roman policier

En ce qui me concerne, j’ai choisi cette année de me fixer un thème en particulier : pour la plupart, mes lectures auront en commun le fait d’évoquer un autre art, la peinture.  On connaît les rapports étroits qu’entretiennent la littérature et la peinture et c’est le cas bien sûr pour la littérature belge.

 

J’ai donc choisi de lire :

 

 

Excusez les fautes du copiste grégoire polet

 

 

La plage d'Ostende

 

 

Elle par bonheur et toujours nue

 

 

La vierge de bruges

 

 

Hubert

 

 

Il y aura également, en dehors de ce thème, un classique de Marie Gevers, La comtesse des digues,

La contesse des digues

 

et un billet sur un auteur et éditeur belge que j’aime beaucoup, Francis Dannemark.

 

La véritable vie amoureuse de mes amies...

 

 

A très bientôt donc pour le mois belge !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le piéton de Rome, Dominique Fernandez

PR_FERNANDEZ.inddJ’ai découvert Dominique Fernandez par le magnifique roman biographique qu’il a consacré au Caravage, « La course à l’abîme ». Auteur très prolifique, Dominique Fernandez a également publié de nombreux essais et récits de voyage, dont beaucoup sont consacrés à l’Italie. « Le piéton de Rome » fait partie de ces derniers et reprend l’album intitulé tout simplement « Rome » que l’auteur avait publié en 2005, en l’enrichissant de souvenirs personnels. « Le piéton de Rome » est donc un « portrait-souvenir » à l’écriture élégante, dans lequel l’auteur nous livre sa vision de la capitale italienne qu’il arpente régulièrement depuis plusieurs décennies.

 

« ROMA est l’exacte inverse d’AMOR. Rome est à la fois un lieu où l’on aime et un objet d’amour. Personne ne peut ne pas aimer Rome ».

 

Animé par une passion inébranlable, l’auteur nous transmet son amour pour Rome tout au long de chapitres consacrés à la Rome antique, au Tibre, aux collines, villas et jardins, au Vatican… J’ai été particulièrement intéressé par son évocation de la société littéraire romaine et des déjeuners d’écrivains, bien sûr ! Dominique Fernandez y dresse un tableau haut en couleurs de la Rome des écrivains de la fin des années cinquante, période de la dolce vita qui fut très productive pour la littérature italienne : on croise ainsi Alberto Moravia, Pier Paolo Pasolini, Giorgio Bassani, et bien d’autres encore…

Pour le reste, qui constitue la majeure partie du livre, « Le piéton de Rome » est à lire sur place, pour préparer ou prolonger une visite historique et culturelle de la ville éternelle. Mieux qu’un guide, un ensemble de promenades érudites, comme l’itinéraire Caravage ou l’itinéraire Bernin, pour flâner intelligemment !

 

Le piéton de Rome, Dominique Fernandez, Editions Philippe Rey, Paris, Photos de Ferrante Ferranti, Paris, 2015, 229p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge « Il viaggio » chez Eimelle et du challenge « Un giro a Roma » chez Taralli e Zaletti.

Challenge romantique

un giro a Roma