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Elle, par bonheur, et toujours nue, Guy Goffette

Elle par bonheur et toujours nueLa littérature et la peinture sont unies par des liens très étroits. Elles ont souvent subi les mêmes influences et se sont également interrogées l’une sur l’autre, que ce soit de façon théorique ou au travers de la fiction, en prenant pour personnage l’artiste peintre ou encore son modèle. C’est précisément la relation entre le peintre et son modèle, souvent complexe, qui est au centre du très beau livre de Guy Goffette, « Elle, par bonheur, et toujours nue ».

L’auteur y raconte la rencontre entre le peintre Pierre Bonnard et celle qui deviendra son modèle, puis sa compagne et enfin sa femme, Marthe. Il nous livre ainsi une biographie du peintre, non linéaire, en procédant par petites touches, par chapitres courts réunis dans des parties thématiques. Guy Goffette évoque aussi le mouvement des Nabis auquel appartenait Pierre Bonnard…

« Elle, par bonheur, et toujours nue » n’est pas un livre que l’on peut résumer. Il est composé de textes poétiques d’une grande beauté, qui prennent la forme d’une biographie fictive pour nous parler de la création artistique et pour célébrer Marthe, et au travers du modèle qu’elle est, pour célébrer la Femme et l’Amour, tout simplement. Une très belle lecture !

 

Elle, par bonheur, et toujours nue, Guy Goffette, Folio N°3671, mars 2006, 156 p.

 

Les avis des autres participants à la lecture commune Guy Goffette :

-Verlaine d’ardoise et de pluie, et L’autre Verlaine, chez Mina. Verlaine, d’ardoise et de pluie, de Nadège chez Anne.

-Elle, par bonheur, et toujours nue, chez La petite marchande de prose

-Une enfance lingère, chez Martine et chez Thé et livres, de Nadège chez Anne,

-Un été autour du cou, chez Ellettres.

-Geronimo a mal au dos, de Nadège chez Anne.

 

 

Livre lu dans le cadre du mois belge chez Anne et Mina, LC Guy Goffette.

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Paul Verlaine, un inédit en français de Stefan Zweig

Paul Verlaine de Stefan ZweigAprès avoir lu la magnifique biographie que Stefan Zweig a dédié a Marie-Antoinette, j’ai découvert que les éditions « Le Castor Astral » venaient de publier un inédit du grand auteur autrichien ! Il s’agit d’une monographie sur Paul Verlaine qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, n‘avait encore jamais été traduite en français.

Zweig s’est toujours beaucoup intéressé à la poésie et très jeune, il a traduit en langue allemande des vers de Rimbaud et Baudelaire. En 1902, à la demande de son éditeur allemand, il supervise et préface une anthologie des meilleures traductions de Verlaine. Zweig y signe également les traductions de trois poèmes de Verlaine. Cette anthologie est un succès en Allemagne et contribue à faire connaître dans ce pays le grand poète français.

Au cours de ces années, Zweig rassemble beaucoup d’éléments biographiques sur Verlaine, allant même jusqu’à boire de l’absinthe dans le café parisien où Verlaine avait ses habitudes ! Alors, lorsque son éditeur allemand lui commande un livre sur l’œuvre et la vie de Verlaine, Zweig s’attelle aussitôt à la tâche et la monographie sera publiée début 1905.

Le texte que Zweig nous propose ici nous montre Verlaine comme un poète faible, écrasé par le poids d’un destin auquel il est incapable de faire face. Zweig voit en Verlaine un homme aussi dénué de résistance que sa poésie est, au contraire, empreinte de grandeur et de force, et au total, de sublime !

« Ainsi a-t-il produit une poésie des origines, pure expression de l’humanité, simplicité de la plainte, humilité, balbutiement, colère et reproche, sonorités primitives sous une forme sublime, les pleurs silencieux de l’enfant battu, l’appel craintif de l’égaré, le tendre cri de l’oiseau solitaire dans la lumière déclinante du soir » (p26).

Zweig insiste également sur la sincérité du grand poète français, un sentiment si exacerbé qu’il confine à l’impudeur. Zweig interprète ce trait de caractère comme le fruit de la « personnalité féminine, fragile et on ne peut plus négative » de Verlaine (p45).

En reconnaissant les faiblesses de Verlaine, Stefan Zweig fait de lui un antihéros dénué de grandeur et de courage. Mais il lui attribue la plus belle des qualités, qui consiste à posséder « le symbole de l’humanité la plus pure, une magnifique force poétique dans un réceptacle fragile » (p98).

On ressent dans le texte de Zweig tout l’amour et l’admiration qu’il portait à Verlaine, et aussi toute la fougue de la jeunesse. Il est vrai qu’il s’agit là du tout premier essai biographique que Zweig a écrit, à l’âge de vingt-trois ans seulement.

Le recueil présente en outre une biographie de Verlaine rédigée par Zweig en 1922 pour servir d’introduction à l’édition allemande des  « Œuvres complètes » de Verlaine. Le tout est complété par un article sur Rimbaud, et se conclut par trois poèmes écrits par Stefan Zweig lui-même.

Un ouvrage indispensable à tout lecteur amoureux de Zweig ou de Verlaine !

 

Paul Verlaine, Stefan Zweig, traduit de l’allemand par Corinna Gepner, Edition Le Castor Astral, collection « Les Inattendus », Paris, avril 2015, 160 p.

 

 

Livre lu dans le cadre du challenge Un classique par mois.

Challenge un classique par mois

Je remercie tout particulièrement les éditions Le Castor Astral de m’avoir envoyé cet ouvrage.

André Dussollier au festival Kermezzo(o)

kermezzooPour sa première édition, le festival Kermezzo(o) s’est installé autour du bassin du Parc du Cinquantenaire à Bruxelles, pour trois semaines, du 11 avril au 2 mai. Dans un décor chamarré évoquant les arts du cirque, ce tout nouveau festival propose des spectacles de danse, musique, théâtre, cabaret, magie, et bien d’autres encore, réunissant des artistes de différentes nationalités autour du leitmotiv « Comedy is everywhere ».

Au sein de cette riche programmation, j’ai choisi bien sûr une lecture d’André Dussollier, dans laquelle le comédien nous propose quelques savoureux morceaux de littérature française. Un spectacle auquel j’ai pu assister grâce à mon adorable voisine, qui m’a offert deux places pour le spectacle de mercredi 21 avril !

dussollier

Précisons tout d’abord qu’il s’agit davantage d’un spectacle solo (pour ne pas utiliser les termes anglais, qui de toute façon ne correspondent pas à l’esprit de cette représentation) que d’une lecture : André Dussollier joue et interprète de magnifique textes, plus qu’il ne les lit (seulement pour le Crapaud » de Victor Hugo et l’un ou l’autre aphorisme).

Ainsi, le comédien a ouvert le spectacle par un poème galant que l’on doit à un libertin du XVIIème siècle, l’Abbé de Lattaignant, « Le mot et la chose ». Entrée très friande qui nous rappelait que la littérature, ce sont aussi les jeux de mots et qu’en effet, la comédie est partout ! André Dussollier nous a ensuite régalés de textes d’Alphonse Allais, d’Alfred de Vigny, de Jean-Michel Ribes, de Victor Hugo, de Raymond Queneau et de Roland Dubillard. J’ai particulièrement apprécié « L’autoportrait du descendeur » et autres exercices de style à la Queneau, que l’on doit aux membres de l’Oulipo, calqués sur le même principe : l’autoportrait du séducteur et surtout, celui du fonctionnaire, particulièrement drôle. Les textes de Roland Dubillard sont également pleins d’humour et donc particulièrement jubilatoires.

Un grand bravo à André Dussollier pour ce choix de textes qui illustre à merveille la richesse de la langue française. La « bibliothèque d’André » est à la fois savoureuse et éclectique. Et que dire de son talent d’interprète : il nous a captés, ravis et éblouis. J’étais déjà conquise par ses rôles au cinéma, que ce soit dans les films de Resnais, dans ceux de Pascal Thomas avec Catherine Frot ou plus récemment, dans « Diplomatie », aux côtés de Niels Arestrup, et j’ai découvert hier sur scène un immense comédien !

Plus d’informations sur le festival Kermezzo(o): http://www.kermezzoo.be/

Evénement culturel, dans le cadre du mois belge d’Anne et Mina

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