Les quatre vérités, David Lodge

les quatre vérités David LodgeComme nous l’explique David Lodge dans sa postface aux « quatre vérités », le texte de cette « novella », qui est pour lui davantage une longue nouvelle qu’un roman court, est adapté d’une pièce de théâtre qui a été représentée à plusieurs reprises mais n’a jamais été publiée en tant que telle. Le thème choisi, pour ce premier volet qui devait faire partie d’un ensemble de pièces consacrées à la vie littéraire, est celui des interviews de personnalités qui, selon l’auteur, se sont beaucoup développées dans le journalisme à partir des années quatre-vingt.

La nouvelle s’ouvre sur un petit déjeuner calme du dimanche matin. Adrian et Eleanor, la cinquantaine, vivent une « semi-retraite » dans un coin peu pittoresque du Sussex, non loin de l’aéroport de Gatwick. Adrian a été romancier mais il n’écrit plus et il a choisi de vivre à la campagne. Son épouse Eleanor l’a suivi, abandonnant une vie sociale bien remplie à Londres et un travail épanouissant au Victoria et Albert Museum.

La découverte dans le journal du matin d’une interview de Samuel Sharp, réalisée par Fanny Tarant, journaliste sans pitié qui adore monter en épingle les défauts des autres, va bouleverser leur journée, et même leur petite vie bien tranquille. Samuel Sharp est le plus vieil ami d’Adrian. Il est devenu auteur à succès de scénarios de téléfilms et de feuilletons, dont certains sont réalisés à Hollywood. Et la belle Fanny Tarrant, fidèle à elle-même, « ne l’a pas loupé » dans son bloc-notes du dimanche matin !

Adrian et Eleanor ont à peine le temps de lire l’interview qu’ils voient débarquer Samuel, bien décidé à se venger de la journaliste. Pour cela, il lui faut convaincre Adrian de se laisser interviewer à son tour, ce qui n’est pas très difficile. En revanche, pour Adrian, mener à bien cette interview et la retourner contre Fanny Tarrant est loin d’être chose aisée…

David Lodge signe un texte brillant qui s’attaque aux méfaits des médias modernes. Il décrit un « monde régi par les médias », par « la culture du commérage », voire « la culture de la jalousie » dans lequel chacun des quatre personnages en prend pour son grade. Nous sommes en 1997, Internet ne domine pas encore les médias, mais le texte de Lodge qui met en opposition la création -littéraire notamment- et les exigences médiatiques, n’a pas perdu de sa saveur… jusqu’au rebondissement final, illustration parfaite du pouvoir des médias !

 

Les quatre vérités, David Lodge, traduit de l’anglais par Suzanne V. Mayoux, Rivages poche/bibliothèque étrangère, Paris, 2003, 168 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Cryssilda et Lou

750935377

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17 réflexions sur “Les quatre vérités, David Lodge

  1. Un Lodge court pour découvrir l’auteur, ça me paraît une bonne idée ! J’ai plusieurs de ses romans dans ma PAL mais n’arrive pas à m’y mettre, je ne sais pas pourquoi ! Merci pour cette découverte !

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  2. il y a un moment que je désire découvrir cet auteur, j’ai 3 ou 4 livres de lui en prévision dans ma PAL notamment « thérapies » mais pas encore mis en pratique…
    l’an dernier j’avais partagé un challenge « destination PAL » pour la vider un peu il va falloir que je recommence…

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