Archive | juin 2016

Les naufragés de la Méduse, Jacques-Olivier Boudon

les naufragés de la méduseLa tragédie du naufrage de la Méduse fait partie de l’inconscient collectif français, grâce au célèbre tableau de Géricault qui compte parmi les œuvres vedettes du Musée du Louvre. Les corps enchevêtrés s’entassant sur le radeau, au moment où quelques survivants désespérés aperçoivent un navire au loin, ont marqué les esprits de façon durable. Il ne s’agit pourtant que d’un moment de ce drame qui dura presque deux mois, mais s’il impressionna tant, c’est à cause des récits relatant les scènes atroces qui s’y déroulèrent, à peine deux jours après le début de la dérive du radeau.

C’est il y a deux cents ans, le 2 juillet 1816, que la frégate la Méduse, s’échoua sur un banc de sable au large de la Mauritanie. Le but de cette mission était de « réinstaller la présence française au Sénégal ». Le bateau comptait à son bord près de quatre cents passagers, parmi lesquels le nouveau gouverneur du Sénégal, de futurs employés de l’administration coloniale, des troupes chargées d’assurer la présence militaire de la France sur place, les membres de l’équipage ainsi que des explorateurs et ouvriers qui devaient installer une colonie au Cap-Vert.

Dès le 3 juillet, on décida de construire un radeau, les chaloupes étant en nombre insuffisant. Le 5 juillet, l’évacuation eut lieu. Il règnait alors le désordre le plus total. Sur le radeau, s’entassèrent finalement près de cent cinquante personnes. Le radeau fut d’abord tiré par la chaloupe du colonel Schmaltz qui finit par larguer les amarres, abandonnant le radeau à son sort.

A bord du radeau, la situation dégénéra très vite. Les vivres et les boissons manquèrent rapidement, les passagers s’entretuèrent, les rescapés dévorant la chair des cadavres. On ne comptera que quinze survivants lorsque l’Argus retrouvera le radeau le 17 juillet ! Les passagers des chaloupes, bien que plus chanceux, ne s’en sortirent pas tous. Certains durent débarquer sur la côte saharienne avant de marcher vers le Sénégal, succombant à l’épuisement, la soif, la maladie. Enfin, le 20 août 1816, soit quarante-cinq jours après le naufrage, trois survivants furent retrouvés sur la frégate qu’ils n’avaient pas voulu quitter, estimant que leurs chances de s’en sortir étaient supérieures s’ils restaient à bord du navire échoué.

A côté du récit des événements, le livre de Jacques-Olivier Boudon évoque la crise politique provoquée en France par la nouvelle du naufrage. Le 14 septembre, le Journal des Débats publie le rapport qui décrit les scènes de violence et d’anthropophagie qui se sont déroulées sur le radeau. Le scandale est à son comble. Les récits bouleversants des rescapés libèrent les émotions refoulées par la population française qui vient de vivre, depuis la Révolution et au cours des guerres napoléoniennes, pas moins d’un quart de siècle de violences.

« Les naufragés de la Méduse » est l’ouvrage d’un historien. Il explore les identités des passagers, l’enquête et le procès qui suivirent, ainsi que le tabou du cannibalisme. Il s’intéresse également au tableau de Géricault, à sa réception par le public et à la naissance du mythe. Très complet, extrêmement bien documenté, il constitue sans aucun doute un ouvrage de référence sur le sujet qui, comme le rappelle l’auteur, reste brûlant d’actualité :

« Les réfugiés qui s’embarquent sur ces esquifs, au péril de leur vie, acceptent d’affronter les éléments, car ils gardent l’espoir d’aborder sur une terre plus hospitalière et restent confiants dans un avenir meilleur. C’est tout l’ambivalence du naufrage. Il est ce moment où s’effondre un ordre ancien, et où s’ouvre devant soi un abîme pouvant conduire à une issue fatale aussi bien qu’à une nouvelle vie, une rédemption. »

Un livre passionnant lu grâce à Babelio et aux éditions Belin que je remercie tout particulièrement.

Les naufragés de la Méduse, Jacques-Olivier Boudon, Belin, Paris, 2016, 335 p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge Histoire chez Lynnae.

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Passé imparfait, de Julian Fellowes

passé imparfaitBien qu’il n’ait pas revu son ami depuis quarante ans, Damian Baxter lui écrit pour lui demander une faveur. Il est vrai que les deux anciens étudiants de Cambridge furent jadis inséparables. Le narrateur, issu d’une riche famille aristocratique, aida alors le jeune Damian à se faire adopter par la haute société londonienne dont il ne faisait pas partie, en lui présentant des jeunes filles et en lui donnant accès à la « Saison », la fameuse période de bals et autres événements mondains. C’est donc grâce au narrateur que Damian put briller sous le feu des projecteurs…jusqu’à ce malheureux épisode des vacances au Portugal dans les années 1970, dont on ne sait rien, sinon qu’il marqua définitivement la fin de cette amitié qui se transforma ensuite en haine.

Damian Baxter est aujourd’hui un riche chef d’entreprise. Côté sentimental en revanche, ce fut moins brillant : Damian est seul et sans enfant, ce qui lui pose un problème. Gravement malade, il se sait condamné. C’est pourquoi il demande au narrateur de l’aider à réaliser sa dernière volonté. Il vient de relire une lettre anonyme reçue en 1990, dans laquelle une femme l’accusait d’avoir fait de sa vie un mensonge perpétuel, puisqu’elle avait toujours caché que Damian était le vrai père de son enfant.

Aussitôt, l’idée lui apparaît : cet enfant, qui doit avoir aujourd’hui une petite quarantaine d’années, est son seul héritier. Il demande au narrateur de le retrouver car lui n’en n’a plus la force. D’abord réticent, le narrateur se voit moralement contraint d’accepter. Il se lance donc sur les traces des jeunes filles avec lesquelles Damian a eu une relation à l’époque. Et nous voilà partis avec le narrateur à la rencontre de Lucy, Dagmar, Serena, Johanna, Terry et Candida…

Le narrateur nous entraîne dans une enquête qui l’amène à explorer son passé et celui de toute une jeunesse dorée, marmaille encore pleine de certitudes d’une classe désormais déclinante, la « so chic » gentry ! Julian Fellowes n’a pas son pareil pour évoquer une classe sociale qu’il connaît bien, mais dont il nous livre une critique juste, sans éprouver de nostalgie pour ce passé révolu, ni encenser pour autant les années de libération qui ont suivi, ni la période actuelle. Il souligne, dans chaque période, ce qu’il y a de mieux, et en met également en évidence les travers. L’auteur évoque également les réactions que nous avons face au temps qui passe, la façon dont nous nous adaptons ou non, et la grande violence que représentent finalement ces changements pour chacun d’entre nous.

« Passé imparfait » est un roman très prenant qui nous montre comment les choses se sont transformées en quelques décennies pour l’aristocratie incapable de s’adapter au choc des sixties, mais également pour les femmes de cette classe sociale, qui étaient jusqu’alors freinées par des conventions d’un autre âge. Une tout autre époque que celle qui a inspiré à Julian Fellowes le scénario de « Downton Abbey », mais aussi passionnante !

Passé imparfait, Julian Fellowes, traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz, Editions 10/18 n° 4930, mai 2015, 646 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Cryssilda et Lou

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Le dragon du Muveran, un excellent polar helvétique !

Le dragon du MuveranAlors que je passais par Lausanne, -une ville à laquelle on pense peu pour les citytrips mais qui en vaut largement la peine-, je n’ai pu m’empêcher d’entrer dans la grande librairie Payot où j’ai acheté un polar local très en vogue, « Le dragon du Muveran », premier roman de Marc Voltenauer. Je n’ai pas été déçue, puisque j’ai lu d’une traite cette sombre histoire qui se déroule dans le cadre enchanteur des Alpes vaudoises! Voilà qui change des polars nordiques, quoique…

Gryon est en effet un paisible village de montagne où se côtoient des paysans enracinés dans ces alpages depuis des générations et des propriétaires de résidences secondaires parfois originaires de l’autre bout du monde. Parmi les habitants de Gryon, il y a aussi des personnes qui travaillent en ville, dans la vallée, à Monthey ou à Bex, voire à Lausanne, comme Andreas Auer, inspecteur de police tombé sous le charme de ce coin tranquille où il est installé depuis peu, avec son compagnon, Mickaël, un journaliste indépendant.

Mais une fois n’est pas coutume, le village est secoué par un événement dramatique, puisqu’un crime atroce vient d’être commis. Erica, pasteure protestante du village, se rend au temple, en ce dimanche matin radieux de septembre 2012. Elle découvre un cadavre allongé sur la table de communion, installé dans la pose du Christ crucifié, nu, les jambes croisées. Un énorme couteau est planté dans le cœur du malheureux, les orbites sont privées de leurs yeux. Pour seul indice, un morceau de papier attaché par un petit lien au couteau porte une inscription qui reproduit un verset biblique.

L’enquête démarre doucement, le verset étant difficile à interpréter. Andreas est aidé par Karine, une collègue de Lausanne qui se demande si elle a bien fait de sacrifier sa vie personnelle pour son métier et par Mickaël, son compagnon, un as des recherches en tous genres qui se retrouve à fouiller les archives communales. Ce dernier envisageait justement d’écrire un polar ayant pour cadre le romantique village de Gryon, mais il n’imaginait pas un instant que la réalité puisse le devancer ! Il sera d’autant plus utile dans cette enquête qu’il est diplômé de théologie, et que le meurtrier prendra un malin plaisir à semer des versets bibliques sur son passage…

Pour son premier roman, Marc Voltenauer nous offre un « page-turner » qui n’a rien à envier aux plus sombres polars scandinaves, notamment pour ce qui est des meurtres sordides qui y sont perpétrés. L’auteur, qui est helvético-suédois, est d’ailleurs un fan de polars scandinaves. Mais on est loin de l’ambiance glauque de certains d’entre eux. A Gryon, la qualité de la vie n’est pas un vain mot, la lumière de septembre baigne le pays de sa douceur automnale, et pourtant… ! Ce décalage entre l’apparence et la réalité fait le charme du « Dragon du Muveran », qui nous promène sans arrêt entre la noirceur de l’âme humaine et la beauté à la fois éclatante et sereine du paysage.

Certes, « Le dragon de Muveran » comporte quelques coïncidences un peu trop flagrantes, mais à côté de cela, il y a de nombreux points positifs : le suspense maintenu jusqu’au bout, l’écriture fluide, les retours en arrière dans les années 60 et 70, où l’on apprend à connaître « celui qui n’était pas un meurtrier » sans découvrir de qui il s’agit, ainsi que la présence permanente du meurtrier qui observe le déroulement de l’enquête et les réactions des villageois.

Les personnages sont attachants, et notamment l’enquêteur principal, Andreas, un flic intelligent qui aime profiter de la vie mais sans excès. Avec son compagnon Mickaël, ils  se détendent en dégustant un verre ou de bons petits plats sur leur terrasse, face à un paysage somptueux. Par moments, on s’y croirait… L’auteur restitue à merveille l’atmosphère de ces villages de montagne, où l’on a l’impression d’être au paradis, mais où la trop grande beauté des lieux ne fait que cacher l’obscurité dans laquelle errent parfois les sentiments humains…

Voilà donc un polar que je vous recommande. Il est seulement disponible en Suisse pour le moment mais sera bientôt diffusé en France, en Belgique et au Canada. A ne pas rater !

 

Le dragon du Muveran, Marc Voltenauer, Editions Plaisir de lire, Collection Frisson, Lausanne, octobre 2015, 663 p.

 

Livre lu dans le cadre du challenge Polars et Thrillers chez Sharon

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Prière d’achever, de John Connolly

prière d'acheverM.Berger est un modeste fonctionnaire anglais, célibataire et sans âge, qui mène une vie solitaire en apparence très ennuyeuse, ce qui pourtant ne lui pèse pas le moins du monde. L’heure quotidienne qu’il consacre à la lecture, attablé au pub local ou assis le long de la voie ferrée en été, suffit en effet pleinement à son bonheur.

C’est d’ailleurs lors d’une promenade près de cette voie de chemin de fer que M. Berger assiste à une scène qui le bouleverse : il aperçoit en effet une jeune femme vêtue de noir et portant un petit sac rouge, et la voit nettement se jeter sous l’express. Arrivé sur les lieux, l’homme ne trouve aucune trace du suicide. Il appelle la police qui passe les lieux au peigne fin puis contacte le conducteur du train qui n’a rien vu et dont la locomotive ne porte aucune trace de l’accident. Il faut bien se rendre à l’évidence, comme le lui suggère la police : Monsieur Berger a dû se tromper…

Mais Monsieur Berger est bouleversé et ne trouve pas le sommeil. Le lendemain, il cherche d’où lui vient cette impression familière. Le suicide auquel il a assisté la veille lui rappelle une scène de roman, mais laquelle précisément ? Le petit sac rouge est un élément important, il le sent, et il décide d’orienter ses recherches parmi les nombreux livres en attente de rangement, depuis qu’il s’est installé dans le petit cottage que lui a laissé sa mère.

Monsieur Berger extirpe instinctivement d’une pile un exemplaire d’ « Anna Karénine » dont il relit le chapitre 31 : aucun doute, l’extrait qu’il découvre est le compte-rendu parfait de la scène à laquelle il a assisté la veille. Monsieur Berger a vécu, en direct, la scène du suicide de l’héroïne de Tolstoï !

John Connolly nous emmène dans un délicieux roman qui ravira les amoureux des livres et de la littérature. Il y met une touche de roman policier, un brin de fantastique, même s’il considère, comme il le précise dans l’interview annexée au roman, que « Prière d’achever » est loin d’être une histoire fantastique.

« C’est une histoire sur les livres et les lecteurs, qui me permet d’assouvir la fascination que j’ai toujours eue dans mon travail pour l’idée que les livres sont des objets changeants, et non pas fixes. Qu’ils trouvent leur sens dans les expériences personnelles que chaque lecteur apporte avec lui. Pour ses propres raisons, M. Berger lit Anna Karénine d’une certaine manière : c’est ce qui le pousse à agir comme il le fait dans l’histoire. Un autre lecteur se serait peut-être contenté de la fin du roman, mais ce n’est pas le cas de M. Berger, notamment parce qu’il a personnellement rencontré Anna. »

Et j’ajouterai, parce que M Berger, qui communique peu avec ses semblables, est un grand lecteur qui se sent proche des personnages et qui vit sa vie avec eux, tout simplement parce que les livres font partie intégrante de sa vie, parce qu’ils sont même toute sa vie.

Un court roman qui a obtenu le Prix Edgar Allan Poe 2014, et que je vous recommande tout particulièrement !

 

Prière d’achever, John Connolly, traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre Brévignon, Editions Ombres noires, 158p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Lou et Cryssilda

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Les quatre vérités, David Lodge

les quatre vérités David LodgeComme nous l’explique David Lodge dans sa postface aux « quatre vérités », le texte de cette « novella », qui est pour lui davantage une longue nouvelle qu’un roman court, est adapté d’une pièce de théâtre qui a été représentée à plusieurs reprises mais n’a jamais été publiée en tant que telle. Le thème choisi, pour ce premier volet qui devait faire partie d’un ensemble de pièces consacrées à la vie littéraire, est celui des interviews de personnalités qui, selon l’auteur, se sont beaucoup développées dans le journalisme à partir des années quatre-vingt.

La nouvelle s’ouvre sur un petit déjeuner calme du dimanche matin. Adrian et Eleanor, la cinquantaine, vivent une « semi-retraite » dans un coin peu pittoresque du Sussex, non loin de l’aéroport de Gatwick. Adrian a été romancier mais il n’écrit plus et il a choisi de vivre à la campagne. Son épouse Eleanor l’a suivi, abandonnant une vie sociale bien remplie à Londres et un travail épanouissant au Victoria et Albert Museum.

La découverte dans le journal du matin d’une interview de Samuel Sharp, réalisée par Fanny Tarant, journaliste sans pitié qui adore monter en épingle les défauts des autres, va bouleverser leur journée, et même leur petite vie bien tranquille. Samuel Sharp est le plus vieil ami d’Adrian. Il est devenu auteur à succès de scénarios de téléfilms et de feuilletons, dont certains sont réalisés à Hollywood. Et la belle Fanny Tarrant, fidèle à elle-même, « ne l’a pas loupé » dans son bloc-notes du dimanche matin !

Adrian et Eleanor ont à peine le temps de lire l’interview qu’ils voient débarquer Samuel, bien décidé à se venger de la journaliste. Pour cela, il lui faut convaincre Adrian de se laisser interviewer à son tour, ce qui n’est pas très difficile. En revanche, pour Adrian, mener à bien cette interview et la retourner contre Fanny Tarrant est loin d’être chose aisée…

David Lodge signe un texte brillant qui s’attaque aux méfaits des médias modernes. Il décrit un « monde régi par les médias », par « la culture du commérage », voire « la culture de la jalousie » dans lequel chacun des quatre personnages en prend pour son grade. Nous sommes en 1997, Internet ne domine pas encore les médias, mais le texte de Lodge qui met en opposition la création -littéraire notamment- et les exigences médiatiques, n’a pas perdu de sa saveur… jusqu’au rebondissement final, illustration parfaite du pouvoir des médias !

 

Les quatre vérités, David Lodge, traduit de l’anglais par Suzanne V. Mayoux, Rivages poche/bibliothèque étrangère, Paris, 2003, 168 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais chez Cryssilda et Lou

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Black-out, de John Lawton

black-out LawtonLe lieutenant Frederick Troy est inspecteur à Scotland Yard. Sous les ordres du commissaire Onions et aidé de l’agent Jack Wildeve, il doit résoudre une énigme peu courante : un chien a apporté à des enfants qui jouaient dans les décombres d’un quartier de Londres, une étrange et sordide proie : un avant-bras et une main, encore emballés dans la manche de veste de son malheureux propriétaire ! Pour en savoir plus, Troy utilise des méthodes pragmatiques mais parfois douteuses : il lance les enfants à la recherche d’indices.

Je vous passe les détails car, de la première partie, je n’ai que peu de souvenirs, tant ma lecture fut laborieuse et détachée. Je n’arrivais pas du tout à entrer dans l’histoire, ni à me concentrer plus que le temps de quelques pages. C’est finalement lorsque Troy se retrouve avec trois cadavres sur les bras que l’enquête démarre tout à coup : enfin, l’intrigue prend son envol et l’on se retrouve dans un vrai roman d’espionnage comportant tous les ingrédients du genre : des espions infiltrés, des américains -ils préparent le jour J-, deux très jolies complices (espionnes, criminelles ?) et donc un peu de sexe, des passages à tabac et de nombreux rebondissements.

J’ai donc pris goût à l’intrigue, malgré, sur la fin, la présence de quelques éléments redondants, voire excessifs, notamment lorsque le héros est blessé une nouvelle fois, et fidèle à lui-même, échappe aux médecins pour continuer son enquête, alors qu’il se trouve dans un état … proche de l’agonie !

Le grand point positif de ce roman est le contexte historique : nous sommes à Londres pendant la seconde guerre mondiale et nous découvrons les souffrances des habitants qui, après avoir supporté les énormes dégâts causés par le Blitz, se sont engagés dans une guerre longue, sans jamais perdre espoir : le titre « Black-out » fait référence au couvre-feu et à la nécessité pour les londoniens, une fois la nuit venue, de cacher toute source de lumière pour rendre plus difficiles les bombardements par les avions allemands. D’où les rideaux occultants dits « de black-out », installés aux fenêtres et aux portes des pubs, magasins ou habitations qui ont eu la chance de rester debout.

En fait, je crois que mon problème est venu du fait que les personnages ne sont pas présentés au début et que j’ai eu beaucoup de mal à les situer. Il y a bien une liste des personnages, mais aucune description. C’est finalement déjà loin dans le roman que l’on parvient à faire connaissance avec eux. De même, il est beaucoup question des différents quartiers de Londres, une ville que je connais peu, et c’est sans doute pour cela que j’ai eu beaucoup de mal à suivre les premiers chapitres.

Bref, si je n’avais pas dû lire ce roman pour le blogoclub, je crois que j’aurais abandonné après quelques dizaines de pages. Heureusement, j’ai poursuivi et découvert quelque chose de très intéressant. Donc, je n’exclus pas de lire éventuellement le second de la série, principalement pour le contexte historique international dans lequel l’auteur semble aimer situer ses romans.

 

Black-out, John Lawton, traduit de l’anglais par Anne-Marie Carrière, 10/18, collection Grands Détectives, 2015, 464 p.

 

Livre lu dans le cadre du mois anglais et du Blogoclub de Sylire.

Vous pouvez découvrir les avis des autres participants ici:

-Sylire, Titine, Anne,

blogoclub

mois anglais 3

 

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