L’enfant perdue, Elena Ferrante.

C’est aujourd’hui que le quatrième tome de la saga d’Elena Ferrante sort en français chez Gallimard ! Je l’ai lu l’été dernier en italien et je vous livre quelques réflexions nées de ma lecture. Vous pouvez lire cette chronique sans crainte, puisque je ne divulgue absolument rien de l’intrigue !

Pour rappel, Elena et Lila sont deux amies d’enfance, nées en 1944 dans un quartier populaire de Naples. Au début de « L’amie prodigieuse », le premier tome, Lila, âgée de soixante-six ans, a disparu. Nous sommes en 2010 et Elena commence à raconter l’amitié naissante entre les deux petites filles. Elle cherche une explication à la disparition de son amie et poursuit sa narration au cours des trois volumes suivants.

Dans « Le nouveau nom », puis « Celle qui fuit et celle qui reste », Elena parvient, grâce à sa brillante scolarité, à s’extraire de son milieu modeste et à intégrer la prestigieuse école normale de Pise. Elle devient écrivain, vit dans le nord de l’Italie puis épouse Pietro, un universitaire, et s’installe avec lui à Florence, où ils ont deux filles, Dede et Elsa. Quant à Lila, elle abandonne très vite l’école et, après un mariage raté avec Stefano, dont elle a un fils, elle travaille durement dans une fabrique de mortadelle où elle est exploitée, mais arrive à s’en sortir grâce à son caractère combatif. Elle s’installe ensuite avec Enzo et monte avec lui une entreprise informatique florissante et n’hésite pas à refuser de céder à la mafia contre sa protection.

Ce quatrième volume enfin traduit en français sous le titre de « L’enfant perdue » débute dans les années soixante-dix. Elena, qui vient de quitter Pietro, part à Montpellier avec Nino, son grand amour de toujours, pour participer à un colloque universitaire… je ne vous en dévoilerai pas davantage puisque le roman vient de paraître !

 

De ce dernier tome, j’ai retenu une citation qui me paraît emblématique :

« Solo nei romanzi brutti la gente pensa sempre la cosa giusta, dice sempre la cosa giusta, ogni effetto ha la sua causa, ci sono quelli simpatici e quelli antipatici, quelli buoni e quelli cattivi, tutto alla fine ti consola ». (Storia della bambina perduta, p. 429 edizione originale). 

« Ce n’est que dans les mauvais romans que les gens pensent toujours la bonne chose, disent toujours la bonne chose, chaque effet a sa cause, il y a les gentils et les désagréables, les bons et les méchants, tout cela finit par te réconforter ». (L’enfant perdue p.429 édition originale.)

 

Là se trouve la clé de toute la narration. Les personnages évoluent, ils ne sont jamais blancs ni noirs, et le lecteur évolue également au rythme de l’auteur :  avez-vous toujours aimé l’une des deux amies et détesté l’autre ? C’est possible, mais moi non. Au contraire, mes sentiments ont beaucoup évolué au fil de la narration ; c’est en tout cas ce que j’ai ressenti (vous me direz ce que vous en pensez).

Ainsi, Elena, qui me plaisait beaucoup au cours des deux premiers volumes, m’est-elle apparue comme davantage égoïste par la suite. Elle néglige souvent ses enfants, et les fait systématiquement passer après l’amour et après son travail. Inversement, Lila, qui j’avais d’abord perçue comme dure, jalouse, souvent centrée sur elle-même, m’est apparue sous un jour complètement différent dans ce quatrième tome. En réalité, chacune fait de son mieux, et selon les périodes de sa vie, y parvient plus ou moins bien. Le point commun étant qu’elles s’en sortent, sont fortes et indépendantes et que l’auteur ne porte jamais de jugement de valeur sur leurs erreurs.

Ainsi, l’amitié n’est ni décriée, ni sur-valorisée. Elle est centrale, tout simplement :

« Ogni rapporto intenso tra essere umani è pieno di tagliole e se si vuole che duri, bisogna imparare a schivarle ; »

« Chaque relation intense entre êtres humains est pleine de pièges et si vous voulez qu’elle dure, vous devez apprendre à les éviter ; « 

 

Au-delà du récit de l’amitié de Lila et Elena, toute l’histoire de l’Italie contemporaine défile dans ce quatrième tome, de l’enlèvement d’Aldo Moro à la période berlusconienne, en passant par l’opération « mains propres » du début des années quatre-vingt-dix, et par la faillite du communisme et du socialisme italiens. Chacun des personnages se trouve impliqué politiquement, d’une façon ou d’une autre.

On apprend beaucoup aussi sur la culture politique italienne, qui paraît proche de la nôtre mais qui peut être très différente ; c’est le cas du communisme à l’italienne, très différent du communisme français que nous avons connu dans les années soixante-dix et quatre-vingt. En Italie, les communistes étaient alors des intellectuels de haut niveau, engagés pour les travailleurs, mais restant toutefois entre eux :  la famille Airota en est un bon exemple. Ils n’accepteront jamais totalement Elena. Fille du peuple, c’est un peu une « nouvelle intellectuelle », elle ne peut rivaliser, puisqu’elle n’a pas hérité des codes intellectuels de cette classe supérieure d’une façon traditionnelle, c’est-à-dire par transmission directe.

Dans « L’enfant perdue », j’ai aussi beaucoup aimé la passion studieuse de Lila pour Naples, que j’ai vue comme un regret d’Elena pour ce qu’elle n’avait pas fait elle-même. Je me suis demandé longtemps, dans la dernière partie, comment Elena Ferrante allait mettre un terme à son récit. J’étais tellement prise dans l’histoire, habituée à vivre aux côtés des personnages, que j’aurais aimé qu’elle ne se termine jamais. Je me suis même demandée si Lila avait vraiment existé ou si elle n’était qu’une métaphore de ce que la vie d’Elena aurait pu être si elle n’avait pas étudié, si elle n’avait pas poursuivi ce destin intellectuel qui était le sien…

La saga d’Elena Ferrante est aussi une réflexion sur le livre et la littérature. Elena se penche sur ses propres écrits. Elle mesure la distance entre elle-même et le monde qui l’entoure et le doute l’assaille inévitablement : la littérature est-elle vraiment en mesure de raconter le monde ?

 

Coup de cœur pour toute la saga !

 

L’enfant perdue, Elena Ferrante, traduit de l’italien par Elsa Damien, Gallimard, Collection Du monde entier, Paris, janvier 2018, 560 p.

 

Livre lu en VO dans le cadre du challenge Il viaggio chez Martine, du challenge Leggere in italiano.

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Blogoclub : le rendez-vous du premier mars

Pour la prochaine session du Blogoclub, Amandine et moi vous proposons de découvrir ou re-découvrir l’auteur Michel Bussi. Politologue de formation, il a été professeur de géographie à l’unversité de Rouen. Il a commencé à publier en 2007 et a aussitôt remporté des prix littéraires régionaux. C’est surtout depuis 2010 que ses ouvrages, dont la plupart se déroulent en Normandie, remportent un grand succès à la fois critique et populaire. Ses deux romans « Nymphéas noirs » et « Un avion sans elle » ont également reçu de nombreux prix.

 

 

Auteur populaire, très prolifique, Bussi fait partie du paysage littéraire français : on ne peut pas ne pas remarquer ses romans qui sont toujours en bonne place en librairie ou en bibliothèque ! Une telle mise en avant provoque généralement sur moi un effet rebutant, mais cela faisait longtemps que je me disais qu’il fallait que je passe outre et que je prenne le temps de le découvrir. Ce sera chose faite le premier mars !

Je vous invite à faire de même si vous n’avez pas encore lu cet auteur. Dans l’autre cas, ses titres sont assez nombreux pour que vous en trouviez un que nous ne connaissez pas encore.

 

      

 

 

 

 

 

Alors, qui participe ?

Avez-vous des conseils à me donner pour le choix de mon roman ? « Nymphéas noirs » m’attire beaucoup, bien évidemment, pour Giverny et Monnet… mais je suis ouverte à toute suggestion…

A très bientôt !

Florence.

 

Histoire du lion Personne, Stéphane Audéguy

 

Ce roman fait partie de la sélection 2018 du prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points. Les quatre premiers romans que les jurés ont reçus sont :

Histoire du lion Personne, Stéphane Audéguy,

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud.

Eclipses japonaises, Eric Faye.

Derniers feux sur Sunset, Stewart O’Nan.

 

C’est par l’«Histoire du lion Personne » que j’ai choisi de commencer cette aventure, un choix non réfléchi et dicté seulement par l’envie, la couverture, la quatrième de couverture…

Nous sommes au Sénégal, à la fin du dix-huitième siècle. Jeune orphelin sénégalais, Yacine a à peine treize ans et il a une grande expérience de la vie ; il sait déjà, notamment que « le gros des hommes ignore qu’il va mourir ; ceux qui le savent ne veulent pas, pour la plupart, le comprendre, et n’en tirent aucune conséquence pratique. Seule une poignée d’êtres vit sa vie, sa seule vie ; rien qu’une vie, mais toute entière ».

Déterminé, Yacine veut quitter son village qu’il déteste. Il entreprend le chemin vers Saint-Louis, sur les conseils du prêtre blanc du séminaire qui lui enseignait le « savoir des Blancs » et surtout les mathématiques pour lesquelles Yacine montre des dispositions particulières. Yacine emmène avec lui un lionceau qu’il vient de recueillir. Abandonné par sa mère, ou orphelin, l’animal est venu par surprise se blottir contre Yacine, compromettant ainsi ses chances de survie dans le monde sauvage parce que désormais porteur de l’odeur de l’homme.

Mais le destin en décide autrement pour Yacine : c’est le Directeur de la Compagnie Royale du Sénégal, Jean Gabriel Pelletan, qui va prendre soin du lion désormais dénommé Personne, ainsi que d’un chien, Hercule, qui deviendra le meilleur ami de Personne. Le joli conte que nous propose Stéphane Audéguy peut apparaître comme l’illustration du sort des déracinés : Personne et Hercule n’appartiennent à aucun monde, ils ne font plus partie du règne animal, ils ne seront jamais des hommes. Inadaptés et donc rejetés de tous. Pelletan se sent coupable d’avoir contribué à cette situation, par sensiblerie et par orgueil, pense-t-il, alors qu’il n’avait pour toute autre solution que de les condamner à une mort certaine.

Il ne reste qu’à envoyer les deux animaux à la Ménagerie Royale de Versailles et c’est un troisième homme providentiel qui entoure les deux bêtes de sa bienveillance. Mais les temps sont troubles : famine, froid, révolution, la France n’a que faire des animaux exotiques, même si quelques naturalistes défendent l’intérêt scientifique et essaient d’adoucir le sort des nouveaux arrivés.

Ce premier roman de la sélection au prix du meilleur roman Points met en lumière les mensonges et l’inhumanité des hommes, défauts également partagés sur terre, quel que soit le continent. C’est Adal, personnage secondaire, témoin de ce dix-huitième siècle finissant qui nous offre un regard équilibré sur les travers des hommes. Ajoutons à cela la très belle écriture classique et précise de l’auteur : ce n’est pas un coup de cœur, mais sans aucun doute une très belle lecture que je vous recommande !

 

Histoire du lion Personne, Stéphane Audéguy, Editions Points P4646, août 2017, 166 p.

 

 

 

Origine, Dan Brown

La recette de Dan Brown tient apparemment à peu de choses : un secret sur le point d’être révélé, des personnes prêtes à tout pour empêcher cette divulgation, un peu d’histoire, d’art, de philosophie et de sciences, le tout parfumé d’un bouquet d’ésotérisme, de forces occultes ou, en l’occurrence, de religion. Ajoutez à cela une course-poursuite-jeu de piste en compagnie d’une jeune femme, quelques voyages rapides et une fin à l’américaine où tout est bien qui finit bien !

Evidemment, il faut que la sauce prenne et pour cela, une bonne dose de talent de conteur est nécessaire : Dan Brown n’en manque pas, dans « Origine » comme dans les précédents opus, même si l’on commence à connaître les procédés de l’auteur et à s’en lasser… L’avantage de ce genre de thriller est qu’il suffit de se laisser porter ; c’est parfait si c’est ce que l’on recherche et c’était précisément le cas le week-end dernier, qui était particulièrement hivernal. Les aventures du professeur Langdon m’ont permis de me reposer en m’assignant au canapé pour plusieurs heures !

Cette fois, c’est à Bilbao que l’on retrouve ce cher professeur Langdon, invité par l’un de ses anciens étudiants qui a brillamment réussi en tant que futurologue (?!) : Edmond Kirsch est sur le point de révéler à des invités triés sur le volet, mais aussi en direct via les réseaux sociaux, la découverte scientifique révolutionnaire qu’il a faite en menant des recherches sur les deux grandes questions existentialistes encore sans réponse : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Le problème est que cette découverte risque de bouleverser les adeptes des religions. Edmond Kirsch avait d’ailleurs pris soin de rencontrer trois représentants des grandes religions afin, disait-il, de connaître et évaluer leur réaction. Ils ne sont donc que quatre au monde à être au courant…

La cérémonie est réglée comme du papier à musique car Edmond ne laisse jamais rien au hasard. Ainsi, les trois religieux pensent que le secret ne sera divulgué que trois semaines plus tard. Qui donc pourrait empêcher la révélation au monde ? C’est après plus de cinq cents pages que vous le saurez, après avoir visité le musée Guggenheim de Bilbao, la Sagrada Familia et différents quartiers de Barcelone, et être passé par le Palais Royal de Madrid et l’Escorial, entre autres.

Les aventures de Robert Langdon amènent finalement le lecteur à entrevoir une découverte scientifique qui n’a rien de « révolutionnaire » à mon avis : je vous conseille donc de ne pas vous attendre à quelque chose d’exceptionnel. En revanche, la lecture devient enrichissante si l’on mène quelques recherches, ne serait-ce qu’en s’intéressant aux lieux visités par le tandem Robert Langdon-Ambra Vidal et par quelques personnages secondaires, ou aux théories scientifiques évoquées, ainsi qu’à l’église palmarienne, qui existe vraiment et qui possède en effet son propre pape.

Vous pouvez d’ailleurs consulter le site « Guide Origine », qui se veut le guide illustré du dernier livre de Dan Brown, et a été crée par deux fans de l’auteur. Photos des lieux, d’œuvres d’art, morceaux de musique cités… de quoi prolonger intelligemment le divertissement !

Origine, Dan Brown, traduit de l’anglais par Dominique Defert et Carole Delporte, JC Lattès, Paris, octobre 2017, 566 p.  

 

Lu dans le cadre du Challenge Polars et thrillers chez Sharon et du Challenge 1% de la rentrée littéraire (14 ème participation).

 

 

 

Bientôt le premier Grand Prix des Blogueurs Littéraires !

C’est une idée qui paraît évidente après coup, mais que personne n’avait encore eue, celle qu’Agathe The Book a lancée il y a quelques jours :  créer un prix littéraire des blogueurs, afin de récompenser un roman de littérature française publié pendant l’année en cours. Bref, une idée géniale !

Les blogueurs littéraires, qu’Agathe considère comme des « lecteurs engagés », sont invités à voter pour « DEUX romans français de l’année qu’ils ont le plus aimé, le roman qui les a marqué, celui qu’ils ont adoré partager ». Sont exclus du vote pour cette année les polars et les romans jeunesse ou young adult, ainsi que les éditions de poche. Mais rien n’empêche d’imaginer que ce prix pourrait se développer à l’avenir et s’ouvrir à d’autres catégories…

Quoi qu’il en soit, le 20 décembre prochain, le roman qui aura été nommé le plus de fois remportera le Grand Prix des Blogueurs Littéraires, sous contrôle d’un huissier de justice, et deviendra ainsi officiellement le premier roman préféré de la Toile !

Une précision importante : le terme « blogueur » est pris au sens large, puisque selon le règlement, il s’agit de « TOUS les blogueurs, ayant un blog actif, un compte Babelio, un compte Booktube, ou bien un compte Instagram ou Facebook OUVERT dans lesquels ils chroniquent, partagent, et interagissent avec d’autres blogueurs ».

Vous trouverez tous les renseignements nécessaires sur le blog d’Agathe ici.

Je vais bien évidemment participer, peut-être in extremis, car j’ai encore un ou deux romans de la rentrée littéraire 2017 à lire et j’aimerais pouvoir les prendre en compte dans mon vote. Pour le moment, j’ai déjà retenu dans ma « présélection » personnelle trois romans. Heureusement, il me reste encore quelques jours pour affiner mon choix.

 

J’invite tous les blogueurs qui ne l’auraient pas encore fait à voter. En effet, plus nous serons nombreux à voter, plus le Grand Prix des blogueurs littéraires sera influent !

Et j’invite bien sûr tous les lecteurs, blogueurs ou non, à suivre les résultats de ce prix !

 

Un Noël en Sicile, Anne Perry.

Dans la série des « Petits crimes de Noël » d’Anne Perry, les éditions 10/18 publient un texte inédit qui se déroule en Sicile, ou plus exactement dans l’île de Stromboli. C’est cette île volcanique de la Méditerranée que James Latterly a choisie pour effectuer un séjour de trois semaines qui devrait lui permettre de faire le point et retrouver un sens à la vie. Le londonien est seul, depuis le décès de sa femme, et il espère que le ciel bleu, les magnifiques paysages de l’île et des marches quotidiennes lui changeront les idées.

James s’installe dans une pension avenante, où l’hôte Stefano l’accueille avec beaucoup de gentillesse. Malheureusement, les autres pensionnaires ne sont pas tous du même acabit ! A part une jeune orpheline pétillante et son tuteur, un homme aimable mais âgé et malade, il y a également un auteur à succès arrogant, un colonel guindé, et des époux très mal assortis dont les disputes minent l’ambiance de la petite pension. : des personnages stéréotypés dignes du Cluedo !

L’ennui guette James, mais le volcan se réveille, tandis que les tensions s’exacerbent entre les pensionnaires. On comprend bien vite qui sera la victime. Quant au meurtrier, si ce n’est pas l’une des personnes qui avait un mobile évident, il n’y a quand même guère de surprise. Quant à la fin, avec la fuite sous les bombes de lave, elle est digne d’un film catastrophe !

Anne Perry a toujours beaucoup d’imagination et tous les ingrédients sont présents, mais on regrette le traitement rapide de l’intrigue, avec quelques redites et approximations. L’auteur nous avait habitués à mieux. Le roman est toutefois divertissant, à condition de décider de se laisser aller. A réserver à un jour de grande fatigue, ou entre deux lectures plus exigeantes…

Un Noël en Sicile, Anne Perry, traduit de l’anglais par Pascale Haas, Editions 10/18, collection Grands Détectives, n°5255, novembre 2017, 148 p.

 

Challenge Polars et thrillers chez Sharon

Transsibérien, Dominique Fernandez.

Restons encore un peu en Sibérie, le week-end hivernal s’y prête bien, même si le voyage que nous propose Dominique Fernandez se déroule en juin et juillet.

Pour moi le Transsibérien est un mythe. Il représente « Le Voyage » parce qu’il réunit tous les éléments qui, dans un voyage, me font rêver : l’éloignement, les grands espaces, la découverte, le dépaysement , la curiosité attisée et surtout, surtout, la durée.

A elle seule, la durée permet de prendre conscience des distances, de la vastitude de notre planète (vastitude, un mot qui s’applique si bien à ces contrées décrites par l’auteur et où les bouleaux défilent pendant des heures, des jours…). La durée, qui est si peu recherchée de nos jours et qui pour moi est pour beaucoup dans l’attirance que j’éprouve pour ce voyage ferroviaire au long cours.

Le Transsibérien, c’est aussi l’histoire et la géographie entremêlées : celle de la Grande Russie et de tous ses excès,  celle de ces prisonniers politiques qui ont participé à la construction de cette voie qui a relié la partie européenne de la Russie à l’Asie. Moscou, Vladivostok, tout un programme, et ces noms familiers lus dans tant de récits historiques : Nijni-Novgorod, Irkoutsk, villes mythiques elles aussi…

Dominique Fernandez a fait partie en 2010 d’un groupe d’écrivains invités à faire le voyage. L’ouvrage qu’il nous en a livré est riche de références littéraires, historiques, géographiques, culturelles et sociales, ainsi que de rencontres, certes provoquées parce qu’organisées, mais toujours intéressantes grâce à son interprétation personnelle. Le livre est illustré de photographies de Ferrante Ferranti, lui aussi du voyage, et qui figurent également dans l’édition de poche. Un récit foisonnant !

Transsibérien, Dominique Fernandez, photographies de Ferrante Ferranti, Bernard Grasset, Paris, janvier 2012, 300p.

Transsibérien, Dominique Fernandez, photographies de Ferrante Ferranti, Le livre de poche, Paris, février 2013, 320p.

 

Lu dans le cadre du challenge Objectif PAL 2017.